Léonard de Vinci – La biographie

Léonard de Vinci - Oltome

Léonard de Vinci – La biographie

Walter ISAACSON

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A propos du livre

J’ai eu envie de lire la biographie de Léonard de Vinci parce qu’elle était écrite par l’auteur de la biographie de Steve Job, Walter Isaacson.  Cette biographie de Léonard de Vinci est magistrale.  Se basant sur les propres carnets de 7000 pages de Léonard de Vinci, cette biographie est magnifiquement bien documentée, elle nous fait découvrir l’histoire de Léonard de Vinci, l’homme le plus incomparablement singulier et curieux de l’histoire. Un génie qui mérite indiscutablement ce titre et d’une grande humanité.  Sa créativité, sa capacité d’appliquer l’imagination à l’intellectuel, de faire des bonds inespérés pour relier le visible à l’invisible, et sa curiosité le pousse à figurer parmi la poignées des personnages qui ont tenté de savoir tout ce qu’il y a à savoir su tout ce qui peut être su.  Léonard incarne la quintessence de la pensée universelle, un homme qui cherche à comprendre toute la création y compris la place que nous y occupons.  « Soyez curieux, inlassablement curieux ! » Léonard veut savoir pourquoi les gens baillent, comment la valve aortique se ferme, les bords des ombres, les mâchoires d’un crocodile…  « Émerveillez-vous comme un enfant ».  Observez, commencez par les détails, imaginez des choses invisibles, creusez chaque sujet, respectez les faits, adoptez une pensée visuelle, ne vous contentez pas de ce que vous savez faire, collaborez, faites des listes, notez sur papier, restez ouverts au mystère. »  Absolument passionnant !

Biographie de l'auteur
Walter Isaacson est né le 20 mai 1952 à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, aux Etats-Unis. Il est auteur et biographe américain. Il est PDG de CNN depuis 2001, président directeur d’Aspen Institute depuis 2003, et directeur de rédaction du Time magazine. Il est membre du conseil United Airlines, de l’université Tulane, de l’université d’Harvard, de la fondation Bloomberg et de la société American Historians.   Il a écrit les biographies de Henry Kissinger, Benjamin Franklin, Albert Einstein et en octobre 2011, il a été autorisé à écrire celle du fondateur d'Apple, Steve Jobs, devenue un best-seller international.
Synthèse & résumé

« Léonard m’a appris que le désir de s’émerveiller du monde qui s’offre chaque jour à nos yeux peut enrichir le moindre de nos instants. »

Léonard de Vinci est autant artiste que scientifique et ingénieur.  Il étudie l’anatomie, les fossiles, les oiseaux, le cœur, les machines volantes, l’optique, la botanique, la géologie, la mécanique des fluides, les armes.  Léonard de Vinci ne dissociait jamais l’optique artistique de l’optique scientifique et c’est sa capacité à les associer qui en a fait le génie le plus créatif de l’histoire…  C’est après avoir détaché la peau du visage de cadavres et tracé les muscles moteurs responsables du mouvement des lèvres qu’il peint le sourire le plus célèbre du monde.

Le point de départ de ce livre sont les 7200 pages de notes inscrits dans des carnets datant de plus de 500 ans… Chaque centimètre carré de chaque page est rempli.  Ces carnets constituent la plus grande compilation de curiosité jamais créée par un homme, le plus incomparablement singulier et curieux de l’histoire.

 

Chapitre I – Enfance.  Vinci 1452-1464

 

Léonard naît hors mariage en 1452 à Vinci, une petite ville de Toscane à 30 kilomètres de Florence. S’il avait été enfant légitime, il serait devenu notaire comme tous les fils ainés de sa famille depuis 5 générations.  Leonardo est le fils de Piero et de Caterina, une jeune paysanne célibataire.  Jusqu’à ses 24 ans, Léonard restera le fils unique de Piero qui vit essentiellement à Florence pour y exercer son notariat.  Léonard sera élevé par son grand-père paternel et son oncle adoré Francesco.

À l’époque, les naissances hors mariage ne connaissaient pas l’opprobre du public. Le pape Alexandre VI, élu du vivant de Léonard, avait de nombreuses maîtresses et autant d’enfants illégitimes dont César Borgia qui deviendra cardinal, général des armées papales, employeur de Léonard et sujet du Prince de Machiavel.  Le statut illégitime de Léonard lui donne un autre avantage : il n’est pas envoyé dans une école latine classique mais dans une école qui lui aura permis d’être principalement autodidacte et de pouvoir développer son impressionnante capacité d’observer les merveilles de la nature.

Léonard de Vinci nait dans un contexte parfait ! L’Italie entre dans une période de 40 années de paix. Florence est le futur berceau de la Renaissance artistique et humaniste.  Les inaugurateurs d’une ère d’exploration, Christophe Colomb et Amerigo Vespucci, naissent à la même époque.

Léonard est décrit comme un homme à la beauté et à la grâce saisissantes, gracieux et bien proportionné et dont la conversation était charmante.  Un amoureux de la nature reconnu pour sa bonté et sa douceur envers les hommes et les animaux.  Un marginal, homosexuel, végétarien, gaucher qui a pu s’épanouir à Florence parce qu’elle embrassait ce type de personnalité qui aimait à penser autrement.

 

Chapitre II – Apprenti

 

En 1464,  Léonard à douze ans.  Sa belle-mère meurt en couche, et  son grand père, Antonio, chef de la famille de Vinci, décède également. Piero décide alors de faire venir son fils à Florence pour qu’il y apprenne un métier. Un bouleversement pour Léonard. On peut lire dans ses carnets: « Quittes ta famille et tes amis, traverse monts et vallées pour rejoindre la campagne.  Tant que tu es seul tu es ton propre maître ». La passion que vouaient son grand-père et son oncle à la vie tranquille de la campagne restera ancrée à jamais dans l’imaginaire de Léonard sans qu’il puisse jamais s’y adonner.  Léonard ne cesse de peindre et de sculpter. Piero ne voit donc aucune raison de se lancer dans une procédure de reconnaissance de Léonard pour qu’il fasse une carrière de notaire qui l’ennuierait certainement.

Au XVe siècle, il n’existe aucun environnement plus propice à créativité qu’à Florence : artisans, producteurs de soie, tisserands, marchands, orfèvres, joailliers, banquiers, peintres…   Florence gouverne des châteaux, possède une université et compte 400 000 habitants. Le taux d’alphabétisation y est le plus élevé d’Europe.  Florence est dirigée la famille Médicis, une famille de banquiers prodigieusement riche qui dominera la politique la culture florentine pendant tout le XVe siècle.  Après sa reprise par Côme de Médicis, la banque devient la plus importante d’Europe. Son fils Pierre lui succède et 5 ans plus tard c’est son propre fils qui arrive au pouvoir, Laurent de Médicis surnommé à juste titre Laurent le magnifique. Laurent de Médicis contribuera à faire de Florence l’épicentre de l’art et de l’éducation durant les premières années de carrière de Léonard.

Léonard a 14 ans lorsque son père lui trouve une place d’apprenti chez Andréa del Verrocchio, artiste et ingénieur à la tête des meilleurs ateliers de Florence.  Léonard était d’une beauté indescriptible. Il pose le pour le David de Verrocchio. Verrocchio enseigne à Léonard qu’il existe une harmonie dans les proportions et que les mathématiques sont en coup de pinceau de la nature. Léonard acquiert des connaissances énormes dans le domaine de la géométrie et de la perspective.  L’un des exercices imposés par Verrocchio consiste à dessiner les études de drapés. Les études de drapés encouragent Léonard à développer son génie artistique, le clair-obscur  : la capacité d’utiliser l’ombre et la lumière de manière à renforcer l’illusion de volume d’objets représentés en deux dimensions.  Une technique que l’on retrouve à merveille dans l’œuvre de la Joconde : les contours adoucis et voiles mettent notre imagination à contribution.  Lorsque les traits sont moins accentuées, les regards et les sourires se drapent d’une aura de mystère.

À Florence, c’est aussi la fête ! Les commandes liées aux fêtes et aux spectacles des Médicis constituent une quantité de travail considérable.  Pour Léonard, c’est un vrai plaisir. Il commence à se faire un nom en concevant des costumes, des décors de théâtre, des éléments de machinerie, des effets spéciaux, des chars de procession, des bannières,… certaines de ses créations volantes étaient probablement destinées à amuser le public.

En peinture, Léonard se fait également remarquer. Avec le célèbre tableau « Le baptême du Christ », Verrocchio passe carrément de maître à collaborateur de Léonard.

Il à 20 ans lorsqu’il pent l’Annonciation, peinture annonciatrice de son génie !

 

Chapitre III – Seul 

 

En 1476, Léonard à 24 ans.  Il est sentimentalement et physiquement attiré par les hommes.  Au contraire de Michel-Ange, il semble très bien vivre son homosexualité.  L’homosexualité n’est pas rare dans la communauté artistique Florence ou dans le cercle de Verrocchio.  Si les carnets de Léonard montre une fascination bien plus forte pour le corps masculin que pour le corps féminin, cela ne l’empêche pas de peindre avec brio des figures féminines. À cette époque, son père s’est remarié et fonde une nouvelle famille qui lui donnera six enfants.

En mai 1477, Léonard ouvre son propre atelier et reçoit sa première commande : « L’adoration des mages ».   Une de ses nombreuses peintures inachevées, considérée comme la plus influente de l’histoire de l’art.  Une combinaison remarquable d’optique et d’art créatif qui montrent la manière dont Léonard construisait ses œuvres sur des bases scientifiques.  Léonard dépeint les réactions de chacun des personnages découvrant le Christ et transforme l’épiphanie en un tourbillon dans lequel chaque personnage est balayé par les émotions de l’autre. Les gestes représentés doivent dénoter l’état mental de la figure, les mouvements de son l’esprit.  Les recherches de Léonard sur la manière dont le cerveau et les nerfs transforment les émotions et mouvements tourne à l’obsession.

Mais Léonard préfère la conception à l’exécution.  Plus distrait par le futur que concentré sur le présent,  la réputation de Léonard en matière d’abandon de projets n’est plus à faire.  Cependant, Léonard conserve ces œuvres « abandonnées » durant des années pour les perfectionner et leur apporter des améliorations.  Il sait qu’il en a toujours plus à apprendre…  Avec son refus de terminer « L’adoration des mages », Léonard se retrouve réduit à emprunter de l’argent pour s’acheter de la peinture et du vin.  À la cour, il se retrouve remplacé par Botticelli qui devient le peintre favori des Médicis.   Léonard part à Milan.

 

Chapitre IV – Milan   

 

Milan est 4 fois plus grande que Florence.  C’est une cité-Etat dirigée par des figures militaires autoproclamées ducs héréditaires : les Visconti puis les Sforza.  François Sforza s’est emparé du pouvoir en 1450 après la dissolution de la dynastie Visconti. Son fils Ludovic cherche à installer  son pouvoir et son prestige en attirant des artistes et des érudits de premier plan. Comme Milan ne regorge pas de maîtres dans tous les arts, le terrain n’en est que plus fertile pour Léonard. Léonard rédige une lettre de candidature dans laquelle il mentionne sa capacité à créer les instruments de musique et son expertise militaire et mécanique. Parmi les armes imaginées mais jamais construites on trouve une arbalète géante, un canon à vapeur qui est l’ancêtre de la mitrailleuse. Si Ludovic Sforza avait appliqué une partie des plans de Léonard le cours de l’histoire en aurait été changée.  Léonard était bien trop en avance sur son temps pour être crédible.

 

Chapitre V – Les carnets de Léonard   

 

Léonard prend l’habitude de tout noter dans ses carnets. Il remplit des passages sur l’eau, le vol, l’art, l’anatomie, les chevaux, la mécanique, la géologie,… qui dénotent l’enthousiasme d’un l’explorateur curieux et insatiable. Les 7200 pages de notes représentent le quart de ce que Léonard a écrit  et qui équivalent à une proportion bien supérieure à tout ce que Steve Job a produit, email compris.

 

Chapitre VI – Amuseur de la cour   

 

Léonard de Vinci fait son entrée à la cour de Sforza comme créateur de divertissement : scénographie, costume, décors, musique, mécanisme, chorégraphie,… Léonard de Vinci improvise des compositions musicales pour la cour avec des instruments qu’il fabriquait lui-même et surpassait tous les musiciens de la cour.  Amuser la cour des Sforza lui permet de créer les meilleurs instruments de musique atteignant des objectifs musicaux fondamentaux.

Léonard s’amuse de tout. Ses dessins, les grotesques, devaient faire rire ceux qui les regardaient comme s’ils avaient participé à la soirée durant laquelle Léonard avec diverti son public.  Ils démontrent comment les capacités d’observation de Léonard alimentent son imagination.  Léonard amuse la cour avec des divertissements littéraires lus déclamés : fables, histoires drôles, devinette,… Il écrit plus de 50 fables dans ses carnets durant les 17 années de son séjour milanais.

 

Chapitre VII – Vie privée   

 

Léonard se fait une réputation à Milan non seulement pour ses talents, mais aussi pour son charme et sa gentillesse. Des dizaines d’intellectuels de premier plan de Florence et de Milan font référence à Léonard en termes élogieux et cordiaux. Sa générosité légendaire est également reconnue. C’est son amour pour les animaux qui l’a poussé à devenir végétarien.

Parmi les jeunes compagnons de Léonard, le plus important et de loin est un polisson  surnommé Salaï.

 

Chapitre VIII – Homme de Vitruve   

 

À 1487, les autorités milanaises lancent un appel à projets pour la construction d’une tour, Tiburio, au sommet de la cathédrale de Milan. Pour Léonard, c’est une chance de se forger une réputation d’architecte.  Le projet de Tiburio permet à Léonard de travailler avec les meilleurs : Donato Bramante et Francesco di Giorgio. L’objectif de leur travail et d’harmoniser les proportions humaines à celles des bâtiments religieux.  Cet effort culmine dans un célèbre dessin de Léonard, « L’homme de Vitruve », symbole de l’harmonie entre l’homme et l’univers de l’association de l’humain et du divin, de la relation entre le microcosme que constitue l’homme et le macrocosme que constitue la terre.  Léonard écrit dans ses carnets : « les anciens appellent l’homme petit monde, ce qui est assurément bien formulé car le corps est analogue au monde ».  La conviction que les proportions du corps humain sont analogues à celles d’un temple bien conçu, et à celles du monde, devient définitoire pour Léonard.

L’homme de Vitruve de Léonard incarne un moment de l’Histoire où l’art et la science s’associent pour permettre aux esprits mortels de sonder les questions intemporelles sur leur identité et sur leur place dans le grand ordre universel.  Il symbolise  aussi un humanisme idéal qui célèbre la dignité, la valeur et la rationalité de l’humain comme individu.  Dans ce cercle et ce carré, c’est notre essence que nous percevons à travers celle de Léonard, en  terrestre et cosmique.

 

Chapitre IX – Le monument Sforza

 

En 1489, on demande à Léonard de créer un monument, un cheval de bronze à la gloire immortelle et un hommage éternel à l’illustre maison des Sforza. Léonard de Vinci, est ainsi ingénieur et peintre à la cour, une place officielle à la cour dont il a toujours rêvé.   Il obtient des chambres pour lui-même et pour ses assistants ainsi qu’un atelier, dans l’ancien château des Sforza, en centre-ville.  L’objectif initial du monument et de célébrer le duc François sur sa monture. Léonard se soucie bien plus du cheval de son cavalier… Léonard s’éparpille.  Le moule du cheval est enfin réalisé que les français envahissent Milan en 1499.  Ainsi, le cheval de Léonard finit par rejoindre les autres chefs-d’œuvre potentiels et rêves avortés du maître…

 

Chapitre X – Scientifique   

 

Léonard est né à l’époque idéale. En 1452, Gutenberg commence à vendre des bibles tirées de sa nouvelle presse.   Des maisons d’édition florissaient partout en Italie.  En 1471, Venise est  le centre de l’édition européenne : 100 maisons d’éditions ont produits déjà plus de 2 millions de volume.  Léonard devient ainsi le premier grand penseur européen a avoir accumulé des connaissances pointues dans plusieurs domaines sans avoir suivi d’études de latin ou de grec.  Un siècle avant Galilée, Léonard est un des premiers penseurs qui s’efforce de faire dialoguer expérience et théorie.  Cette capacité fait de lui un des premiers exemples dans la manière dont l’observation fine, la curiosité insatiable, l’expérimentation, la remise en question des dogmes et l’habilité à découvrir des correspondances entre les peuvent faire grandement progresser les connaissances.  C’est cette approche qui donne naissance à la révolution scientifique.

 

Chapitre XI – Oiseaux et vols   

 

Des 1490 environ, Léonard étudie, avec son application habituelle, le vol des oiseaux et la possibilité de créer des machines permettant à l’homme de voler. Léonard comprend avant d’autres scientifiques, que l’oiseau tient en l’air parce que ses ailes frappent l’air sous , mais aussi parce qu’elles le propulsent vers l’avant, entraînant ainsi une diminution de la pression de l’air passant sur la surface bombée.  Pour lui : « un oiseau est un instrument qui fonctionne selon la loi mathématique, instrument que l’homme est capable de reproduire ».  500 ans plus tard, l’aptitude aux vols d’un des modèles de Léonard de Vinci sera prouvée.

 

Chapitre XII – Les machines   

 

Léonard met au point des engins de levage, des roues à spirale permettant d’égaliser la puissance d’un ressort, une machine à aiguiser les aiguilles, une machine à mouvement perpétuel, des hélices…  À force de travailler sur des machines, Léonard a développé une vision mécaniste du monde annonciatrice de celle de Newton.   Léonard est en passe d’ouvrir la porte à une nouvelle ère scientifique européenne.

 

Chapitre XIII  – Mathématiques   

 

Léonard prend progressivement conscience de l’importance des mathématiques : «  Il n’est point de certitude scientifique là où les mathématiques ne peuvent pas être appliquée. » Cependant son aisance à manipuler les formes ne trouve pas son égal dans le domaine mathématique. Cette carence l’empêche de recourir aux équations, véritables coups de pinceau permettant de représenter les motifs récurrents de la nature. Il est en train de comprendre les transformations je me trick par le dessin plutôt qu’en s’appuyant sur l’équation. Cela n’empêchera pas Léonard de Vinci de parvenir à la quadrature du cercle. Il produit 169 formules de quadrature du cercle.  Si les calculs de Léonard sont sans intérêt pour les mathématiques,  ils ont contribué à la capacité de Léonard à percevoir et à représenter, comme encore un autre artiste avant lui, le mouvement des ailes de l’oiseau, de l’eau, ou d’un enfant Jésus se tortillant sur les genoux de sa mère.

 

Chapitre XIV  – La nature de l’homme   

 

Léonard note dans ses carnets : « le peintre se doit d’être bon anatomiste afin de pouvoir représenter les partis nues du corps humain et de connaître l’anatomie des tendons, des nerfs, des os et des muscles. »  Léonard s’intéressent également à comment les émotions se manifestent physiquement.  Ainsi, il s’intéresse au fonctionnement du système nerveux et au traitement des informations visuelles.

Dans le domaine de la dentisterie pour prendre un exemple, il a produit tant de choses mémorables qu’il aurait pu rentrer dans les annales comment pionnier de la dentisterie.  On perçoit dans les mesures rapportées et surtout dans leur accumulation l’énormité de l’exploit descriptif et l’obsession de Léonard. C’est éblouissant et étourdissant. Il ne se contente pas de mesurer l’ensemble des parties du corps, il consigne également ce qui se produit lorsque chacune se meut.  Léonard s’est lancé dans la tâche la plus prenante qui soit, rien de moins que saisir dans le détail la pleine mesure de l’homme et sa place dans le cosmos. La mesure universelle de l’être humain est la quête qui définit sa vie.

 

Chapitre XV  –  Vierge aux rochers   

 

Le dessin de la vierge aux rochers est un exemple extrêmement raffiné du travail de Léonard. La vierge au rocher vous fixe de l’œil droit tandis que son œil gauche regarde déjà ailleurs. Passez à plusieurs reprises devant le dessin : ses yeux vous suivent et ne perdent pas une miette du spectateur qui les scrute.

 

Chapitre XVI  – Les portraits milanais   

 

Portrait d’un musicien, La Dame à l’hermine, La Belle ferronnière, La Belle Milanaise, autant de tableaux attestant du génie de Léonard à mettre en avant les émotions humaines avec une technique quasi scientifique.

 

Chapitre XVII  – La science de l’art   

 

Pour Léonard, l’œil, « fenêtres de l’âme », est la principale voie par ou notre intellect peut apprécier pleinement et magnifiquement l’œuvre infinie de la nature. Pour Léonard la poésie et moins noble que la peinture puisqu’il lui faut de nombreux mots pour transmettre ce qu’une simple image est capable d’exprimer. Fantaisie et réalité contiennent l’essence du talent de Léonard de Vinci : la capacité de représenter, en associant l’observation à l’imagination, la nature et une infinité de choses que la nature ne peut créer.  Le pouvoir d’observation de Léonard est particulièrement aigu lorsqu’il s’agit de discerner les effets de la lumière et les ombres. Léonard écrira de manière quasiment obsessionnel sur l’ombre. L’analyse de nature façonne son art, qui façonnent son tour son analyse de la nature.  Un artiste doit représenter la forme et le volume des objets en recourant à la lumière et aux ombres. Les traits n’existent pas dans les tableaux de Léonard de Vinci : en effet, un point, comme une ligne est un concept mathématique qui n’a ni dimension ni existence physique dans le monde réel.

 

Chapitre XVIII  – La cène   

 

Si l’on regarde le tableau de la scène, l’image transmet les vibrations de ce que Léonard à compris, à savoir qu’aucun moment n’est distinct, indépendant, figé, de la même manière qu’aucune frontière dans la nature n’est nettement définie. Chaque moment fait partie de ceux qui vient de se passer et de ce qui est sur le point d’arriver.   Léonard n’est seulement doué pour représenter le mouvement s’inscrivant dans un moment précis,  il a aussi le don de transmettre les mouvements de l’âme. La scène est l’exemple le plus grandiose et le plus vivant de l’histoire de l’art.

Léonard termine sa peinture en 1498 et le duc de Sforza le récompense en lui offrant un vignoble. Vingt ans après son exécution, la peinture commence à s’écailler et il semble évident que l’expérimentation technique de Léonard de Vinci est un échec.  La peinture à tellement souffert  que les moines se sentent libres de percer une porte dans le mur au pied de la fresque coupant les pieds de Jésus.  L’état actuel de la peinture maintes fois restaurée ajoute un voile de mystère à ceux qui entourent déjà la vie et l’œuvre de Léonard.

 

Chapitre XIX  – Bouleversements personnels

 

Après la mort de sa mère, Catarina, et l’achèvement de la cène, la vie de Léonard bascule dans l’instabilité à la fin des années 1490.   En 1429 Louis XII, fraîchement couronné Roi de France, envoie ses troupes sur Milan et le Duc de Sforza quitte la ville.  Léonard retourne à Florence.

 

Chapitre XX  – Retour à Florence   

 

Léonard fait de Florence son lieu de résidence principale entre les années 1500 et 1506. Il s’agira de la période la plus productive de sa vie. Il entame son travail sur deux de ses peintures les plus remarquables : La Joconde et La Vierge à l’enfant. Il trouvera du travail en tant qu’ingénieur en proposant ses conseils pour la construction de bâtiments et servira les intérêts militaires de César Borgia. Léonard a 50 ans, et le fait d’habiter là où sa famille et lui-même ont une notoriété certaine, lui permet de vivre confortablement et d’être un personnage hors norme. Il met un point d’honneur à être différent : il porte des robes de taffetas, une cape rose  et s’habille vraiment comme cela quand il sort se promener. Il est taillé sur mesure pour une Florence qui s’est rebellée contre le Bucher des vanités et qui se montre prête à embrasser les esprits flamboyants, excentriques, artistiques et libres. Léonard s’assure que son compagnon Salaï, âgé de 24 ans s’habille avec un panache similaire,  habituellement aussi en rose et en vieux rose. Ces vêtements comprennent une cape à la mode française ayant appartenu autrefois à César Borgia, vicieux notoire, et donnée par la suite à Léonard qui l’offrira ensuite à  Salaï.  César Borgia a été pendant une brève période une figure paternelle pour Léonard.

Il est rassurant de découvrir que Léonard dépense autant pour s’instruire pour se vêtir !

 

Chapitre XXI  – Sainte Anne   

 

La vierge à l’enfant combinent la plupart des éléments du génie artistique de Léonard : des mouvements physiques répondant aux émotions ressenties, des représentations brillantes de la danse de la lumière, un délicat ce maton, un paysage conforme à la réalité j’ai au logique une perspective porte par la couleur. Ce chef-d’œuvre a été désigné par le Louvre comme l’ultime chef-d’œuvre de Léonard de Vinci.

 

Chapitre XXII  – Peintures perdues et retrouvées    

 

Comme la plupart des peintres de son époque, Léonard ne signe pas ses œuvres. Il a 55 ans lorsqu’il adopte Francesco Melzi qui deviendra son fils de substitution et son héritier.

SALVATOR MUNDI

En 2011, un tableau de Léonard fraîchement redécouvert crée la stupéfaction dans le monde. Un tableau intitulé « Salvator Mundi », sauveur du monde, est venu s’ajouter à la liste des œuvres autographes de Léonard. L’œuvre figure Jésus faisant le signe de la bénédiction de la main droite et tenant un orbe en cristal massif dans la main gauche. L’aura mystique et les lignes estompées grâce à la technique du sfumato créent un mystère psychologique et un sourire ambigu.  Jésus vous fixe-t-il ou faites regarde-t-il au loin ? Déplacez votre regard d’un bord à l’autre de la peinture est posez-vous à nouveau la question.

 

Chapitre XXIII  – César Borgia 

 

Ludovic Sforza, patron de Léonard à Milan, est réputé pour son caractère impitoyable. Il est soupçonné d’avoir empoisonné son neveu afin de s’emparer du titre ducal.   Pourtant comparé César Borgia, Ludovic est un enfant de cœur.  Quel que soit l’acte odieux considéré, Borgia en est le maître absolu : meurtre, perfidie, inceste, débauche, cruauté gratuite, trahison, corruption… tyran brutal et sociopathe, il a faim de pouvoir et soif de sang.  César Borgia est le fils du Cardinal Rodrigo Borgia, le pape Alexandre VI, le pape le plus libertin de la Renaissance.  Il est le premier pape à reconnaitre ouvertement ses 10 enfants illégitimes, dont César et Lucrèce.  Il  fait de César  l’évêque de Pampelune à ses 15 ans et le nomme cardinal 3 ans plus tard, sans même qu’il ne soit entré dans les ordres.  César devient la première personne de l’histoire à démissionner du cardinalat et fait poignarder son frère de manière à la remplacer en tant que commandant des forces pontificales.  Il soutient le roi Louis XII lors de son invasion de Milan.  Et le lendemain de leur arrivés, Louis et César admire la Cène  et rencontre Léonard.

De retour à Florence, Borgia s’entoure d’un jeune écrivain-diplomate extrêmement doué : Nicolas Machiavel.   Machiavel à un sourire tout droit sorti d’une œuvre de Léonard, semblant toujours cacher un secret.  Machiavel est connu pour sa capacité d’écrire des rapports lucides fondés sur sa connaissance des rapports de force, la tactique et des motivations personnelles. Par l’intermédiaire de Machiavel, Borgia engage  l’artiste ingénieur le plus célèbre de la ville, Léonard de Vinci.  Léonard endosse le rôle d’un homme d’action. Les trois plus fascinants personnages de la Renaissance entament un voyage en Italie de plus de trois mois.  Léonard en tire de multiples leçons sur l’architecture intérieure de châteaux et forteresses, sur la fabrication de charrette à bras, de ponts robustes, de barrages, de douves,… Il développe son art de guerre en établissant des cartes exactes, détaillées et faciles à lire.

En 1502, César Borgia se rend coupable d’actes de brutalité donc les coutumiers et qui révoltent Florence. Machiavel est rappeler à Florence et Léonard qui le service de Borgia. « Sauvez moi des conflits et des combats, folie les plus bestiales » écrit Léonard.  Pour quelle raison Léonard dont la moralité personnelle l’a conduit à être végétarien a pu accepter de travailler avec le meurtrier de plus brutal de son époque ? Leonard avait sans doute voulu saisir sa chance de vivre ses fantasmes militaires : il la saisi avant de comprendre que les rêves peuvent tourner au cauchemar.

 

Chapitre XXIV  – Léonard hydraulicien

 

Dans la lettre qu’il adresse à Ludovic Sforza pour obtenir un emploi à la cour, Léonard se vante de pouvoir conduire l’eau d’un endroit à l’autre. En mars 1493, Christophe Colomb revient des Amériques, un évènement qui s’annonce comme l’entrée dans une nouvelle ère dans l’exploration du globe et réveille l’urgent désir de Florence d’avoir un accès à la mer : Léonard de Vinci reçoit comme mission de détourner l’Arno. Un projet titanesque qui ne sera jamais réalisé mais qui démontre la capacité de Léonard à concevoir des projets qui repoussent les possibilités techniques.  À cette époque, comme ses machines volantes, ces projets sont trop fantaisistes pour être mis en œuvre.

 

Chapitre XXV  – Michel-Ange et les batailles perdues   

 

En 1503, on commande à Léonard, « La bataille d’Anghiari », la commande la plus importante de sa vie, et qui comme bon nombre ne sera jamais terminée.  L’importance de cette commande pousse Léonard à se mesurer à un jeune rival : Michel-Ange, le nouvel artiste en vogue à Florence.  Léonard à 51ans, Michel-Ange à 28 ans.  Selon les témoignages de l’époque, Michel-Ange, personnage névrotique, négligé et irascible méprise Léonard, beau, avenant, éloquent et bien mis.  Tous les deux sont homosexuels : Michel-Ange en souffre, Léonard n’éprouve aucun tourment.  Michel-Ange mène une vie d’ascète, Léonard mène une existence raffinée et élégante.  Léonard et Michel-Ange sont deux sommités : la pape convoque Michel-Ange, les milanais et les florentins se disputent Léonard. 

 

Chapitre XXVI  – Retour à Milan   

 

En 1506, Léonard quitte Florence pour se réinstaller à Milan tout simplement parce qu’il souhaite y aller.  Il n’a plus envie de rivaliser avec Michel-Ange, un artiste plus jeune « qui peint comme un sculpteur ».  En 1507, Léonard a 55 ans et n’a pas d’héritier.  Il adopte Francesco Melzi et devient pour lui une sorte de tuteur légal, parrain, père adoptif, enseignant et employeur.  Léonard l’aime et le forme comme il le ferait avec son propre fils.  Il vit avec Melzi et son fidèle Salaï dans une maison paroissiale qui lui a été accordée par Louis XII.

Florence est le centre artistique de la Renaissance italienne, mais Milan et la ville voisine Pavie se sont diversifiées sur le plan intellectuel.  Charles d’Amboise, le gouverneur royal français s’emploie à créer un coure composée de peintre, amuseurs, scientifiques, mathématiciens, ingénieurs, et organise des festivités éblouissantes.

 

Chapitre XXVII  – Anatomie   

 

Léonard est aussi habile avec une plume qu’avec un scalpel.  Il dessine chaque os et chaque muscle comme il s’agissait des pièces d’une machine qu’il démonte et dont il tente de comprendre les rouages. Un exploit tant scientifique qu’artistique ! Léonard pratique de nombreuses dissections : il estime que c’est une façon d’apprécier l’œuvre de Dieu.  Léonard a l’art d’établir une analogie entre le corps humain avec des machines, ou l’écoulement des fleuves, les mouvements de l’air, les ramifications des plantes. La complexité acquiert comme par magie une élégance qu’aucun dessin anatomique ne pourra égaler, ni à son époque, ni à la nôtre.

Léonard à un intérêt tout particulier pour la façon dont le cerveau du système nerveux humain traduit une émotion en mouvement corporel.

Léonard était un des premiers à véritablement comprendre ce qu’est le cœur.  En 1960, des spécialistes réalisent que Léonard avait raison sur le fonctionnement du cœur… 450 plus tard ! Un célèbre chirurgien du cœur déclare : « De toutes les surprises stupéfiantes laissées par Léonard à la postérité, il semblerait que ce soit la plus extraordinaire ! »

Les études anatomiques de Léonard culminent avec ses représentations du fœtus dans l’utérus qui touchent au sublime comme le ferait plutôt une œuvre d’art avec une beauté spirituelle aussi déconcertante qu’enrichissante. Elle est décrite selon un célèbre critique d’art « comme la plus belle œuvre du monde » ! Léonard reprend également ses études de botaniques.  Il écrit que : « toutes les graines possèdent un cordon ombilical qui est rompu que lorsque la graine et mur. » Léonard veut accumuler des connaissances pour lui-même et pour son propre plaisir, plutôt que de se faire un nom en tant que savant ou de faire progresser l’humanité. Il ne semble pas songer ou comprendre que la valeur de la recherche découle de sa diffusion. Le travail prodigieux anatomique de Léonard n’aura qu’une influence minime.  Le qu’il n’ait jamais rien publié à certes appauvri son impact sur l’histoire science, mais il ne retire rien à son génie.

 

Chapitre XXVIII  – Le monde et ses eaux   

 

« L’homme est à l’image du monde» écrit-il.

« Les anciens appelaient l’homme « petit monde », ce qui est assurément bien formulé. En effet, si l’homme est composé de terre, d’eau, d’air et de feu, le corps de la terre est de même; si l’homme a en lui des os qui le soutiennent et une armature de chair, le monde à les roches qui supporte la terre ; si l’homme en lui le lac du sang, où croit et décroît le poumon dans la respiration, le corps de la terre à son océan qui, lui aussi, croit et décroit toutes les six heures avec la respiration du monde ; si dudit lac de sang dérivent les veines, qui vont se ramifiant dans le corps humain, de même l’océan remplit le corps de la terre d’infinies veines d’eau. »

L’analogie permet à Léonard de regarder la terre de manière novatrice. Plutôt que de supposer qu’elle est restée figée depuis sa création, Léonard se rend compte qu’elle est mue depuis toujours par de puissantes forces qui on fait changer et évoluer au cours des siècles. Quand nous regardons de l’eau couler dans un verre ou dans une rivière, nous avons tendance à ne pas nous émerveiller comme Léonard devant les nombres sortes de mouvements et tourbillons qu’elle produit.  C’est ça le génie de Léonard, cette association de curiosité scientifique etde virtuosité artistique.   Ses recherches sur le mouvement de l’eau l’amène à comprendre le concept des vagues et son aptitude aux analogies le pousse à considérer que les émotions se propagent elles aussi sous forme d’ondes.

Cette capacité d’abandonner des idées préconçues est la clé de sa créativité. L’évolution de la pensée de Léonard sur l’analogie entre microcosme et macrocosme trouve son origine dans une interrogation : « Pourquoi l’eau qui devrait en théorie avoir tendance à se déposer sur une surface de la terre, jaillit des sources et coule dans les rivières au sommet des montagnes ? » L’eau qui sourd dans le montagne est le sang qui la maintient envie… un processus similaire chez les plantes et les animaux.  L’eau rôde en un mouvement perpétuel, des plus basses profondeurs marines aux plus hautes cimes montagneuses sans obéir à la loi de pesanteur des corps…. Quelle force pousse les eaux à s’élever jusqu’à devenir des sources de montagnes ? Il en est exactement de même pour le sang dans notre corps.

« L’eau est comme le sang que la chaleur naturelle maintient dans les veines des parties supérieures de l’homme.  À sa mort, le sens refroidi et se retrouve ramener aux parties basses. De même, quand le soleil chauffe la tête de l’homme, l’afflux de sang y est tel que l’excès des humeurs surchargent les veines et provoque des maux de tête. Ainsi les sources qui se ramifient dans le corps de la terre ; la chaleur naturelle éparse par tout le corps qui les renferme maintient l’eau dans les sources et l’élève aux hautes cimes des monts par un conduit souterrain dans le corps de la montagne. »

Léonard est un pionnier de la paléoichnologie, science des fossiles, qui verra le jour 300 ans plus tard.

Léonard se penche sur un question si banale que nous cessons de nous la poser dès l’âge de huit ans : Pourquoi le ciel et bleu ? Lui, il se pose la question jusqu’au moment où il obtient la réponse.

 

Chapitre XXIX  – Rome   

 

En 1512, les Français perdent leur influence sur Milan qu’ils occupent depuis 13 ans.  Léonard erre, en quête d’un nouveau mécène, en emportant ses tableaux non achevés qu’il perfectionne au fil du temps.  Un nouveau protecteur des art fait son apparition à Rome, le pape Jean X,  Léon de Médicis, fils de Laurent de Médicis.  Léonard est un lieu où il n’a jamais vécu.  Il reçoit des appartements dans le Jardin du Belvédère.  Léonard à 60 ans.  Il ne retrouve pas son désir de peindre.  Sa mauvaise humeur et son  absence de production artistique concourent à l’éloigner de l’orbite des Médicis… Léonard part une fois de plus.  Le pape offre un nouveau protecteur à Léonard en France, François Ier.

 

Chapitre XXX  – Montrer la voie 

 

Léonard développe un goût de plus en plus prononcé pour le grand mystère spirituel qu’est notre place dans le cosmos.  Comme le remarque Kenneth Clark,  « pour Léonard, le mystère c’est une ombre, un sourire, et un doigt levé dans les ténèbres ».

 

Chapitre XXXI  – La Joconde 

 

L’apogée ! Léonard commence à travailler sur cette œuvre en 1503 à Florence, après avoir quitté son poste après de César Borgia.  Francesco del Gicondo, riche fournisseur de soie des Médicis est amoureux de sa belle épouse, Lisa, qui va fêter ses 24 ans et qui lui a déjà donné deux fils.  Le portrait de la Joconde se mue en une double quête : la représentation de la complexité des émotions humaines rendue de façon marquante par le mystère du sourire suggéré, et l’évocation des liens entre notre nature et l’univers qui nous entoure.  Deux paysages s’entrelacent, celui de l’âme de Mona Lisa et celui de l’âme de la Nature.  Selon Kenneth Clark : « Sa curiosité insatiable et c’est bon hein c’est sans un sujet à l’autre sont entrés en harmonie dans une seule et même œuvre. », « La science, les compétences picturales, l’obsession pour la nature, la clairvoyance psychologique sont toutes présentes et si parfaitement équilibrée que nous en sommes à peine conscient au premier abord. »  Léonard utilise des glacis comportant une très faible proportion de pigment mélangé à de l’huile.  Il l’applique par touches si délicates qu’elles en sont imperceptible et superpose au fil du temps jusqu’à 30 fines couches. Les touches ont été intentionnellement appliquée de manière régulière afin de donner au grain de la peau un aspect plus réaliste.  Les courbes du paysage autour de l’image de Lisa sont l’expression ultime de la totale adhésion de Léonard à l’analogie entre le macrocosme du monde et le microcosme du corps humain. Le paysage montre la vie, la respiration et les pulsations de la terre : ses rivières sont des veines, ses chemins, des tendons et ses rochers, des os.  La terre est plus qu’une toile de fond pour Lisa. Elle s’écoule en elle et devient une part de son être.

Le sourire de Lisa est plus divin qu’humain. Ce sourire revêt une forme de mystère. Lorsque nous le fixons, il s’efface.  À peine déplaçons nous le regard que son sourire semble changer. Le mystère s’épaissit. À l’époque où Léonard perfectionne sourire de Lisa, il passe ses nuits à la morgue à retirer la peau des cadavres et exposer muscles et nerfs. L’anatomie du visage le fascine, il veut savoir comment fonctionne le sourire.  Il a réussi à créer un sourire qui se dérobe à celui qui veut trop le voir.  Moins nous cherchons son sourire, plus il s’épanouit.  Avec la Joconde, Léonard démontre que nous ne pouvons jamais réellement cerner les vraies émotions à partir des manifestations externes.  Elle sont toujours nimbées d’un voile.  Le sourire de la Mona Lisa contient une sagesse immuable et millénaire. Son portrait est une expression profonde de nos liens humains, tant vers notre moi intérieur que vers notre univers.  Chose miraculeuse, et semble consciente temps de nous que d’elle-même. Ce qui la fait paraître vivante, ce qui fait d’elle le plus animé des portraits jamais peint. C’est aussi ce que la rend unique et la place parmi les créations inégalées de L’Humanité.  La Joconde nous répond d’un sourire.

Léonard ne livrera jamais le tableau au marchand.  Il l’emporte avec lui à Florence, à Milan, à Rome, en France jusqu’à sa mort, 16 ans après avoir posé la première couche.

 

Chapitre XXXII  – France 

 

François Ier, fils de Louis XII, arrache le contrôle de Milan aux Sforza en 1499.  Léonard quitte Rome en 1516 pour rejoindre François Ier qui sera son dernier mécène et le plus fidèle et le plus généreux de tous.   Léonard à 64 ans et paraît plus âgé.   François Ier est homme bon et civilisé, amoureux de la renaissance italienne. Il est complètement épris de Léonard.  Il lui offre une belle rémunération et un foyer confortable.  Léonard décède le 2 mai 1519 à l’âge de 66 ans, dans les bras du roi.  L’emplacement de sa dépouille reste un mystère.

 

CONCLUSION

 

Léonard est un génie qui mérite indiscutablement ce titre.  Un génie d’une grande humanité.  Sa créativité, sa capacité d’appliquer l’imagination à l’intellectuel, de faire des bonds inespérés pour relier le visible à l’invisible, et sa curiosité le pousse à figurer parmi la poignées des personnages qui ont tenté de savoir tout ce qu’il y a à savoir su tout ce qui peut être su.  Léonard incarne la quintessence de la pensée universelle, un homme qui cherche à comprendre toute la création y compris la place que nous y occupons.  « Soyez curieux, inlassablement curieux ! » Léonard veut savoir pourquoi les gens baillent, comment la valve aortique se ferme, les bords des ombres, les mâchoires d’un crocodile…  « Émerveillez-vous comme un enfant ».  Observez, commencez par les détails, imaginez des choses invisibles, creusez chaque sujet, respectez les faits, adoptez une pensée visuelle, ne vous contentez pas de ce que vous savez faire, collaborez, faites des listes, notez sur papier, restez ouverts au mystère.

 

Décris la langue du pivert 

La langue d’un pivert peut atteindre une longueur plus de trois fois supérieure à celle du son bec. Lorsque que l’oiseau ne l’utilise pas, elle se rétracte à l’intérieur de sa tête grâce à une structure en partie cartilagineuse qui se prolonge au-delà de sa mandibule, s’enroule autour de son crâne et vient s’ancrer au niveau de ses deux fosses nasales.  Si cette langue allongée permet pivert de débusquer et d’extirper des insectes et autres larves présents sous l’écorce des arbres, elle contribue aussi à protéger son cerveau. En effet, lorsque l’oiseau martèle un arbre de son bec, sa tête subit à chaque choc une décélération 10 fois supérieure à celle qui suffiraient à tuer un être humain. Néanmoins, l’étrange ensemble formé par sa langue et la structure qui la prolonge agit comme un amortisseur et protège le cerveau de l’oiseau de tout traumatisme.

Léonard de Vinci

« Ces connaissances peuvent vous sembler futiles ;  elles ne sont pas vraiment utiles dans la vie de tous les jours et ne l’auraient pas été non plus pour Léonard. Mais j’ai pensé qu’après avoir lu ce livre, Léonard qui jadis inscrivit « Décris la langue du pivert » dans l’une de ses éclectiques étrangement inspirantes liste de tâches à accomplir, vous aimeriez peut-être en savoir plus sur la langue pivert. Par simple curiosité. Pas pure curiosité. » Walter Isaacson