Le paradoxe du poisson rouge

Le paradoxe du poisson rouge

Le paradoxe du poisson rouge

Hesna CAILLIAU

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A propos du livre

« Le paradoxe du poisson rouge », un livre tout en douceur ! Oltome recommande… on y apprend énormément et on adhère immédiatement.  Un ouvrage intelligent qui illustre parfaitement que nous avons tous à gagner à mieux nous connaître les uns les autres.  Hesna Cailliau nous ouvre à la culture et la sagesse chinoise à travers les 8 vertus du poisson rouge : ne se fixer à aucun port, ne viser aucun but, vivre dans l’instant présent, ignorer la ligne droite, se mouvoir avec aisance dans l’incertitude, vivre en réseau, rester calme et serein, remonter à la source.

Biographie de l'auteur
Hesna Cailliau
Hesna Cailliau est née en France d’un père turc musulman et d’une mère danoise protestante et mariée à un français catholique. Diplômée de science Po et de sociologie, Hesna Cailliez est aussi conférencière et experte auprès de chefs d’entreprise sur les différentes cultures. Elle a pu constater dans sa vie combien les religions aident à comprendre les mentalités. Ses nombreux voyages en Asie, Moyen Orient, Extrême Orient et Occident lui font dire : « On ne connaît l’âme d’un peuple qu’à travers ses qualités. » Son témoignage est important pour nous permettre d'appréhender le monde actuel et futur avec espérance, confiance et optimisme. Elle est l’auteure de "L'esprit des religions" : connaître les religions pour mieux comprendre les hommes (Editions Milan 2003) et « Le paradoxe du poisson rouge : une voie chinoise pour réussir » (Edition Saint Simon 2015).
Synthèse & résumé

La carpe Koï est un poisson rouge sacré en Chine, symbole de joie de vivre, elle ressemble à un petit dragon dont les chinois prétendent être les ancêtres et dont la couleur rouge est capable de faire fuir les mauvais esprits. Il s’agit avec ce livre de réveiller le Chinois en nous et d’échanger avec eux plus que nos marchandises mais aussi nos valeurs et sagesses. Avec le poisson rouge, apprenons à pénétrer ce monde étrange et ses 8 vertus pour suivre la voie pour vivre la réalité « comme un poisson dans l’eau ».

Les Chinois sont les héritiers de grandes traditions millénaires qui ont en commun de se fonder sur la constatation que les choses sont tissées ensemble et ne cessent d’interagir les unes avec les autres. La pensée complexe ne sépare et n’oppose pas mais elle recherche les liens que l’apparence oppose. Pour elle, l’homme fait partie intégrante de la nature et comme l’a proclamé le Bouddha, tous les êtres minéraux, végétaux, animaux et humains sont égaux. Alors qu’à l’inverse, la Bible a désacralisé la nature.

Une voie chinoise pour réussir sa vie

 

I. NE SE FIXER A AUCUN PORT

« Etre sans idée préconçue pour rester ouvert à tous les possibles » Confucius

La pensée occidentale est fondée sur l’exclusion : ou l’un ou l’autre. La pensée chinoise ne voit aucune contradiction à être à la fois taoïste, confucéen et bouddhiste. Ce qui pour les Occidentaux s’oppose, sont pour les Chinois les deux versants d’une même montagne. En Occident on se pose la question « Est-ce que ma vie va s’arranger ? ». En Chine, on se pose la question « Que dois-je faire pour que ma vie s’arrange ? ». La principale cause de souffrance en Occident est le déni de la réalité. On en dit le plus possible pour aller au plus près et en Chine on en dit le moins possible pour aller au-delà. Plus on parle, plus on s’éloigne de la réalité. L’observation est privilégiée pour mieux penser et mieux s’adapter à la réalité. En Chine, il n’y a pas de philosophes mais des sages. Il convient de cesser de raisonner pour commencer à résonner.

« Celui qui ne parle pas perçoit, celui qui parle ne perçoit pas ». Lao Tseu.

« Il faut deux ans pour apprendre à parler et toute une vie pour apprendre à se taire » Proverbe populaire.

« Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit .» dit l’adage.

« Il ne faut pas se laisser prendre dans le filet des mots qui emprisonne la pensée. » Tchouang-Tseu

 

II. NE VISER AUCUN BUT PRECIS

« Le chemin se trace en marchant. » Lao-tseu

La Bible nous a transmis une vision du temps comme une flèche tendue vers un but. Dans les écritures chinoises, le temps apparaît comme une spirale. Pour l’occident, la fixation sur un but est source de tension et ce qui ne permet pas de prise de distance. En Chine, l’opportunisme est une vertu puisqu’il consiste à répondre à l’exigence du moment. Rien n’est donné une fois pour toutes. On verra au fur et à mesure des opportunités qui se présentent. Absence de visée ne signifie pas absence de vision… on procède par petites touches infimes et subtiles. Cette façon d’agir permet de jouer sur deux registres : le leur et le nôtre.

« Plus on voit fleurir lois et règlements, plus on récolte voleurs et brigands ». Lao-Tseu.

« Un pays est sur le déclin lorsqu’il multiplie les lois » Lao Tseu

« A chaque vent, un nouveau cap. » Proverbe romain

 

III. VIVRE DANS L’INSTANT PRESENT

« Le passé est dépassé, le futur aléatoire, la seule réalité est ici et maintenant. » Bouddha

Le Chinois est totalement présent à ce qui est et à ce qu’il fait. Seul le futur immédiat lui importe. Sa langue sans conjugaison favorise cet état d’esprit. Les « coïncidences », selon les Taoïstes, nous exhortent à sortir de nos schémas habituels de pensée pour nous mettre sur la bonne voie. « Qui voit l’invisible est capable de l’impossible. » En Chine, il faut en finir avec le passé, la vie continue et se transforme et c’est à cette transformation qu’il faut se consacrer. La volonté de tourner la page donne aux Asiatiques une forte capacité de résilience et de pardonner à ses ennemis.

« Le futur est dans le présent à l’état de germe. Celui qui est attentif au germe plus qu’au terme ne connaîtra pas d’échec » Lao-Tseu

« Change et ton destin changera ». Proverbe Bouddhiste

« Personne ne naît sous une mauvaise étoile, il n’y a que des gens qui ne savent pas lire le ciel » Dalaï-Lama

« Le sot est celui qui ne sait pas que les faits qui lui surviennent sont des signes et qui n’essaie pas de les lire ». Proverbe Taoïste

 

IV. IGNORER LA LIGNE DROITE

« L’arbre tordu vivra sa vie, l’arbre droit finit en planches. » Dicton populaire

L’art du détour et de l’esquive est le meilleur moyen de vaincre un obstacle et de le contourner. Chinois rejettent l’affrontement direct et sont profondément pacifiques. Les penseurs occidentaux n’arrêtent pas de se battre. Les Chinois développent au plus haut point l’art du compromis. Ils cherchent à dissoudre les problèmes plutôt que de les résoudre. La culture chinoise abhorre l’individualisme et fait l’éloge de l’harmonie sociale. Le mot liberté n’existe pas en chinois !

« La Voie est d’œuvrer sans batailler. »

« Un détail qui cloche, c’est une cloche qui sonne. »

« Gagnez sans faire la guerre. Laissez toujours une porte de sortie à votre adversaire. » Sun-Tseu

 

V. SE MOUVOIR AVEC AISANCE DANS L’INCERTITUDE

« C’est au moment où l’on a des certitudes que l’on perd la guerre. » Sun-tseu

Rien ne dure, tout se transforme et change à chaque instant. L’instabilité est la loi de la vie. La vérité se décline au pluriel. Pour la sagesse chinoise, dès que l’on s’attache à une vérité, on s’éloigne de la vérité. Comme le constate Bouddha : « La source de tous nos problèmes est que nous donnons une valeur absolue à ce qui est relatif. » Les croyances nous font tomber dans une vision manichéenne du monde, dans la dualité bien/mal. La sagesse chinoise préfère parler en terme positif / négatif, en sachant que le positif n’est jamais tout à fait positif, et le négatif tout à fait négatif. Alors que l’Occidental vit mal l’échec, le Chinois prend la vie plus à la légère.   Même le déclin décline ! Le Ying et le Yang n’est pas un rapport de forces mais une respiration douce de l’un dans l’autre qui permet à l’un de devenir par l’autre.   La raison est une bonne servante mais une mauvaise maîtresse. Renouer avec nos contes et légendes nous permettrait de retrouver un peu de notre âme d’enfant.

« On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. » Héraclite

… et le Bouddha rajouterait : « Ce n’est ni la même eau ni le même baigneur »

« Une âme habituée est une âme morte » Gaston Bachelard

« Il n’y a pas d’échec, il n’y a que des enseignements. » Confucius

« Apprends à écrire tes blessures dans le sable et tes joies dans la pierre. » La-Tseu

 

VI. VIVRE EN RESEAU

« La croyance en une personne sujet libre, autonome et séparée est une illusion à détruire. » Bouddha.

En Chine, la vertu d’humanité ne s’acquiert que dans la relation. Les Chinois ne se sentent exister que dans la relation, la communauté. Entraide, civisme, dignité, maîtrise de soi, discrétion, sont des valeurs importantes pour les asiatiques. L’éducation vise à cultiver la modestie et à renforcer les liens de dépendance. Les Chinois riches n’éveillent pas la jalousie et n’étalent pas leurs talents. Dans la justice, c’est moins l’individu qui est jugé que le niveau de désordre occasionné dans la société. La principale source de mal-être en Chine n’est pas la culpabilité mais la honte. La passion, source de ravage, n’existe pas dans le vocabulaire chinois. Un Chinois s’excuse mais n’argumente pas. Sans relation, rien ne peut se faire en Chine. Simple pièce d’un puzzle, l’individu n’a de valeur que s’il est relié à un réseau. Pour lui, l’individualisme est mortifère.

« L’idéal quand on est un coq est de se faire passer pour une poule. » Lao-tseu

« Le meilleur souverain est ignoré du peuple. » Lao-tseu

« Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse. » Confucius

 

VII. RESTER CALME ET SEREIN

« Si tu es serein, tu peux surfer sur la vague. Si tu as peur, elle t’engloutira » Esprit Zen

La carpe koï invite le Chinois à rester zen en toutes circonstances ! « Un combat est toujours gagné avant d’être livré. Un esprit inquiet est vaincu par un esprit serein. ». Les émotions sont les vampires du chi : plus l’esprit est calme, plus il voit large et profond et peut vivre en harmonie avec les autres. » Thich Nhat Hanh appelle à transformer notre mer de feu en lac de fraîcheur. La quiétude est le fruit d’un contrôle de soi mais pas d’un détachement. La méditation est une sorte de jeûne de la pensée qui permet de retrouver l’énergie car c’est fatigant de penser, de voir la réalité telle qu’elle est et de mieux exploiter son potentiel. Les taoïstes surnomment la pensée « la folle du logis », les bouddhistes, « le singe fou ». Pour la sagesse chinoise, ce n’est pas la chair qui est faible mais le mental. La joie se trouve au fond de chacun sous la brume épaisse des désirs artificiels et des peurs imaginaires.

« Si tu as un problème et que tu n’as pas la solution à ce problème, c’est toi le problème. »

« Paisible est celui qui a quitté la foire aux émotions. » dit l’adage

« Je suis heureux parce que je vis sans pourquoi » Maitre Eckhart

« C’est dans le merveilleux que se trouve la vérité. » Planton

 

VIII. REMONTER A LA SOURCE

« L’homme n’est pas seulement fils de la Terre, il est aussi fils du Ciel » Confucius 

La carpe koï remonte lentement et avec persévérance les rivières, torrents, cascades jusqu’à la Source où selon la légende elle s’envolerait vers le ciel pour se transformer en dragon ailé. Il ne faut pas se couper avec ses traditions et nous devons donner aux enfants des racines et des ailes. Ne négligeons pas notre origine céleste, et restons en contact avec notre esprit divin. Corps, âme, esprit forment une trinité. L’esprit est le bien le plus précieux de l’homme, il est le souffle de l’âme. Sans ce souffle, l’homme s’essouffle… Respiration, inspiration, aspiration. L’esprit prend en compte les aspirations profondes et universelles de l’être humain, que l’on soit Chinois ou Européens, nous partageons les mêmes aspirations :

Réaliser notre vocation profonde : « Il y a beaucoup d’appelés, peu d’élus. »

Vivre avec légèreté et simplicité : « Les anges volent parce qu’ils se prennent à la légère. »

Vivre en harmonie avec les autres : on s’accomplit avec les autres, non contre.

« Il n’y a personne au monde dont une part de lui ne soit mon ami. » Antoine de Saint Exupéry

« L’homme extérieur va à sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle chaque jour. » Paul de Tarse

 

CONCLUSION

L’heure est désormais à la symbiose des cultures. La réunion des contraires est salutaire à plusieurs titres : elle conduit à considérer les cultures comme complémentaires, à prendre conscience de la coresponsabilité de chacun et développe le sentiment écologique par la prise de conscience que la Terre est un organisme vivant.

« Nous ne voyageons par pour voir mais pour nous voir aux lumières d’ailleurs. Jean de La Croix

« Le troisième millénaire sera spirituel ou ne sera pas. » André Malraux

« Considérer comme identiques les contraires, voilà la grandeur. Plus on veut les séparer, plus ils s’exacerbent et deviennent nocifs, engendrant dans l’homme, dans la société et dans le monde le chaos » Lao-tseu