Le chemin le moins fréquenté

Oltome - Le chemin le moins fréquenté

Le chemin le moins fréquenté

Scott PECK

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A propos du livre

Le chemin le moins fréquenté par « La vie est difficile ».  Pas mal comme début…  Scott Peck nous parle des deux fondements les plus nécessaires à la réussite d’une vie qui a du sens :  l’amour et la discipline.  Un excellent livre pour réapprendre à s’éduquer et à éduquer.

Biographie de l'auteur
Oltome - Scott Peck
Scott Peck, né le 22 mai 1936 et est décédé le 25 septembre 2005.  Il est psychiatre et  auteur américain. Il a obtenu son baccalauréat à l'Université de Harvard, à Cambridge, Massachusetts, et a reçu son diplôme de médecine de l'Université Case Western Reserve à Cleveland, en Ohio. Il a servi dans l'armée américaine et est passé au grade de lieutenant-colonel.  Il a occupé des postes administratifs dans le gouvernement au cours de sa carrière en tant que psychiatre.  Il est l'auteur du livre "Le Chemin le moins fréquenté", guide sur l'éducation et la maturité, écrit en 1976. Il a ensuite abouti à son prolongement, "Au-delà du chemin le moins fréquenté".
Synthèse & résumé

I. La discipline

                                                     

La vie n’est plus difficile à partir du moment ou l’on admet qu’elle l’est.  Mieux vaut donc appréhender la douleur qui est inévitable de manière constructive.

 

1.  Retarder la satisfaction :

Il faut d’abord se débarrasser des douleurs et problèmes pour mieux apprécier les joies qui suivront. Cela s’appelle l’autodiscipline, que l’on pourrait également appeler auto-affection.  Elle est inculquée à nos enfants via l’amour, la valeur que nous leur accordons, la force de notre exemple. Les problèmes ne disparaissent pas d’eux-mêmes, il faut les affronter en prenant le temps.  Plus on attend pour les résoudre, plus ce sera difficile.

 

2. La responsabilité :

Les névrosés assument trop de responsabilités, ils se culpabilisent. « Je devrais… ».  Les troublés de caractère n’assument pas leurs responsabilités.  C’est la faute des autres.  « Je ne pourrais pas… »

Tout au long de notre vie, nous devons sans cesse évaluer les limites de notre responsabilité.  Un obstacle à la prise de responsabilité est la peur de la liberté : nous essayons d’éviter la souffrance engendrée par la prise en  charge de nos problèmes.

 

3. Se consacrer à la vérité

Nous naissons avec une carte à corriger en permanence.  A un stade de la vie,        notre carte peut être périmée, ne plus être adaptée.  Plutôt que de s’acharner à manipuler le monde pour le mettre en concordance avec notre réalité, il faut changer notre carte.  Il y va de notre santé mentale.  Il faut alors accepter les défis pour se remettre en question et réactualiser sa carte.  Les gens honnêtes vivent ouvertement, et par le courage nécessaire à cette vie d’ouverture, ils se libèrent de la peur.

 

4. L’équilibre :

L’exercice de la discipline demande souplesse et bon sens. Notre bon sens doit modérer nos émotions, ce qui implique le renoncement.  La perte de l’équilibre est encore plus douloureuse que le renoncement.

La dépression est le sentiment de renoncer à quelque chose d’aimé.  Le « comme avant » ne peut plus fonctionner, il faut renoncer à son « moi » d’avant pour trouver la joie la plus durable et la plus solide.  La dépression est une preuve de bonne santé.  Le renoncement implique la renaissance.

 

 

 

II. L’amour

 

L’amour est un choix, une décision, une  volonté de se dépasser dans le but de nourrir sa propre évolution spirituelle ou celle de quelqu’un d’autre.

L’AMOUR N’EST PAS :

 

1. Tomber amoureux :

Tomber amoureux est temporaire.  C’est un effondrement du moi nous permettant de fondre notre identité avec celle d’un autre pour favoriser la survie de l’espèce.  Lorsque la réalité réapparait, les frontières du moi se remettent en place. Les amoureux redeviennent des individus séparés.

2. Le mythe de l’amour romantique :

La passion donne l’illusion que cela durera toujours.  Des millions de gens gaspillent une énergie folle à essayer de faire concorder la réalité de la vie avec l’irréalité du mythe de l’amour romantique.

3. Les frontières du moi :

Plus on aime, plus la distinction entre le moi et le monde d’estompe.  L’être ou l’objet aimé s’incorpore au moi, en fait partie.

 

4. La dépendance :

La seule façon de s’assurer l’amour, c’est d’en être digne, ce que vous ne serez pas tant que votre but sera d’être aimé passivement.  La dépendance passive prend sa source dans le manque d’amour, de vide intérieur et qui fait voir l’autre comme la seule source de bonheur.  Les dépendants passifs dépensent plus d’énergie à se faire aimer qu’à tenter d’aimer l’autre.  Ils ne peuvent rendre l’autre heureux et sont indifférents à l’évolution spirituelle.  Un bon mariage ne peut exister qu’entre deux personnes fortes et indépendantes.

 

5. Le sacrifice de soi :

Le masochiste voit sa soumission au mauvais traitement comme de l’amour, alors qu’en fait c’est une nécessité dans leur recherche permanente de revanche, en général motivée par la haine qu’il refuse d’avouer.

L’amour c’est donner avec discernement.  C’est diriger judicieusement.

 

6. L’amour n’est pas un sentiment :

L’amour est une décision, une volonté, qui implique sagesse et engagement.  L’acte d’amour demande de réagir contre la paresse par le travail, ou contre la peur par le courage.  Il est volontaire et non émotionnel.  L’amour : c’est ce qu’on fait.

 

L’AMOUR EST :

1. Un travail d’attention :

Ecouter est la forme d’attention la plus grande qui soit.  C’est un phénomène à double sens par lequel le receveur donne et le donneur reçoit.

 

2. Le risque :

De la perte : décès, départ,…

De l’indépendance : l’amour est un élargissement du moi, il demande de franchir le grand fossé, de passer de l’enfance à l’âge adulte.

De l’engagement : inhérent à toute relation d’amour véritable, il demande profondeur, dépassement de ses peurs d’abandon et de rejet.

De  la confrontation : celui qui aime vraiment travaille pour acquérir la sagesse.  L’amour nous oblige à jouer à Dieu en toute conscience.

3. Discipliner ses sentiments :

Les sentiments sont nos esclaves et l’art de la discipline est de savoir diriger ses esclaves.  L’amour nécessite une grande dose énergie et notre énergie est limitée.

 

4. Individualité :

La distinction entre nous-même et l’autre est toujours accueillie, maintenue et encouragée.  Les individus narcissiques sont incapables d’appréhender leurs enfants, mari ou femme comme des êtres indépendants sur le plan émotionnel et ne peuvent être en communion avec eux.  Chacun doit suivre son propre destin.  C’est la capacité des partenaires à être indépendants qui enrichit l’union.

 

 

III. Evolution et religion

                                                     

« Trouvez toujours la religion de vos patients, même s’ils vous disent qu’ils n’en n’ont pas ».  Les parents sont des figures divines pour les yeux d’un enfant et leur façon d’agir nous apparaît comme étant celle de l’univers. Selon leur comportement à notre égard nous croirons en un Dieu d’amour, un Dieu-monstre. Notre religion ou vision du monde est déterminée par notre enfance.  Chacun a sa propre vision du monde et c’est pourquoi nous nous chamaillons pour la défendre.   Toutes les guerres sont des guerres saintes.

Nous devons nous rebeller contre la religion de nos parents et la rejeter car elle est plus étroite que celle dont nous sommes capable si nous tirons parti de notre expérience personnelle.  Nous nous devons d’avoir une religion personnelle.

Tout comme il est nécessaire que notre vison ne soit pas limitée par des œillères scientifiques, il est aussi nécessaire que notre bon sens ne soit pas aveuglé par l’éblouissante beauté du royaume spirituel.

 

IV. La grâce

Il existe une force dont nous ne comprenons pas vraiment le mécanisme, qui agit sur les gens pour les protéger et pour entretenir leur santé mentale même dans les pires conditions.  En étant pleinement conscient de la présence de la Grâce, vous pourrez en profiter pleinement.

Pourquoi Dieu veut que nous évoluions ? Pour devenir lui-même. 

Le seul obstacle est la paresse.

 

ANNEXE : Oreste et les Furies.

La maladie existe bien avant les symptômes.  Et plutôt que la maladie elle-même, ils sont le début de la guérison. Qu’ils ne soient pas voulus montre qu’ils sont une manifestation de la grâce, un don de Dieu, un message de l’inconscient, pour inciter à l’introspection et au changement vers la guérison. « Bienheureux les pauvres d’esprit car le Royaume des Cieux leur appartient ».

« La scène se passe à Argos où, comme l’expose Electre dans le prologue, Oreste est resté après son parricide. Atrée, un homme qui avait tout fait pour se prouver qu’il était plus puissant que les dieux, fut punit par ceux-ci en maudissant toute la descendance. Il en résulta que la mère d’Oreste, Clytemnestre assassina son mari, Agamemnon, le père d’Oreste.  Ce crime fit descendre la malédiction sur Oreste car selon le code d’honneur grec, un fils était obligé de venger le meurtre de son père.  Mais le péché le plus rave qu’un Grec pouvait commettre était le matricide.  Oreste était torturé par ce dilemme. Finalement, il fit ce qu’il devait faire et assassina sa mère.  Pour ce crime, les dieux punirent Oreste en lui envoyant les Furies, trois abominables harpies, que lui seul pouvait voir et entendre et qui le tourmentaient jour et nuit. Tourmenté par de terribles accès de folie, il ne reprend conscience que pour pleurer son malheur. Voilà tout juste six jours que le malheureux, terrassé par son mal, s’abstient de toute nourriture.  C’est le jour que le peuple d’Argos a choisi pour faire juger le parricide par un vote public. Oreste s’attend à une condamnation à mort.  Apollon dit que c’était lui qui avait imaginé le scénario et mis Oreste dans la situation où il devait tuer sa mère.  

Oreste n’était donc par responsable.   A ce moment, Oreste réagit et contredit son défenseur par cette affirmation : « C’est moi qui a tué ma mère, pas Apollon ! ».  Les dieux étaient ébahis.  Jamais un membre de la maison d’Atrée n’avait assumé ainsi une totale responsabilité de ses actes au lieu d’incriminer les dieux.  Le jugement fut rendu en faveur d’Oreste : ils levèrent la malédiction sur la famille et transformèrent les Furies en Euménides, des esprits bienveillants qui par leur sages conseils, permirent à Oreste de savoir toujours se sortir d’affaire. »

La signification de ce mythe est claire. Les Euménides, « les Bienveillantes » sont appelées les porteuses de la grâce ou les protectrices. Les Furies hallucinatoires que seul Oreste pouvait percevoir étaient ses symptômes, l’enfer intérieur de sa maladie mentale.  La transformation des Furies en Euménides est l’évolution de la maladie mentale en bonne fortune.   Cette évolution se produisit parce que Oreste était prêt à assume la responsabilité de sa maladie mentale.  Alors qu’il cherchait à se débarrasser de Furies, il ne les considérait pas comme une injuste punition et ne s’estimait non plus une victime de la société. Puisqu’elles étaient le résultat de la malédiction d’origine sur la maison d’Atrée, les Furies symbolisaient aussi que maladie mentale est une affaire de famille, créée par les parents, les grands-parents.  Oreste ne blâma ni sa famille, ni les Dieux.  Il accepta sa condition comme le résultat de ses propres actes et entreprit l’effort de s’en sortir.  Ce fut un effort de longue haleine, tout comme la thérapie.  Mais cela l’amena à la guérison.  Ce qui l’avait fait souffrir mille tortures lui amena la sagesse. 

Ceux qui comme Oreste, ont réussi à faire face à leur maladie mentale, accepté la responsabilité et opéré en eux les changements nécessaires pour la surmonter seront guéris et libérés des malédictions de leur enfance et de leurs ancêtres mais ils auront aussi l’impression de vivre dans un monde différent.  Les symptômes ont disparus et aussi pour les générations à venir.  Il y a beaucoup d’appelés, peu d’élus !