Vivre une vie philosophique

Vivre une vie philosophique
Michel Onfray Michel ONFRAY

Michel Onfray est philosophe, essayiste et écrivain français né à Argentan, le 1 janvier 1959.  Son père était

Biographie

Synthèse

« J’aime un philosophe dans la mesure où il est capable de donner un exemple. » Friedrich Nietzche

Henri David Thoreau est né le 12 juillet 1817 et meut à l’âge de 44 ans d’une tuberculose. Il repose au petit cimetière de Concord, en Nouvelle-Angleterre, dans l’état du Massachussetts, village de deux mille âmes qu’il n’a pratiquement jamais quitté. C’est là il est né, a vécu, écrit, médité. Un lieu idyllique pour imprégner l’âme de l’enfant qu’il ne veut cesser d’être.

« Celui qui dépend de lui seul pour ses plaisirs – qui trouve tout ce qu’il veut en lui – est réellement indépendant ; car faire appel aux maîtres pour atteindre le but recherché par tout le monde, c’est vivre dans un état de confiance et de dépendance perpétuelles. » Etre à soi-même sa propre loi, ne dépendre de rien ni de personne est le projet existentiel d’Henri David Thoreau.

Il propose un double mouvement : refuser les fausses valeurs de la civilisation (mode, argent, honneur, pouvoir succès, mondanités) et vouloir les vraies valeurs de la nature (justice, simplicité, vérité, sublime, imagination, vie). Il veut le contact avec la nature, l’expérimentation de la présence au monde, la démarche sensuelle et sensorielle : regarder, contempler, observer, écouter, humer respirer, gouter, toucher… Il ne boit ni thé, ni café, ni alcool, na pas d’attache affective pour pouvoir disposer d’un corps très affuté afin de ressentir la moindre vibration du monde. Thoreau propose de mener une vie sphérique : la vie qu’on obtient en faisant coïncider notre axe avec l’axe céleste. Il veut faire de sa vie une œuvre d’art.

Il fait de la marche une ascèse radicale qui n’a rien à voir avec la santé, le loisir ou la détente : marcher, c’est marcher vers son destin, ce qui suppose le dépouillement total afin de se retrouver seul face à soi-même pour se construire avec ce matériau purifié par la marche. « Si vous êtes prêt à quitte père et mère, frères et soeurs, femme, enfants, et ami pour n plus jamais les revoir, si vous avez effacé vos dettes, rédigé votre testament et réglé toutes vos affaires, si enfin vous êtes un homme libre, alors vous êtes prêt pour marcher. » Il n’y chez lui pas de nature sans lecture et pas de lecture sans nature. Les livres comptent pour rien quand ils nous éloignent de la nature. Quand aux livres qui nous ramènent vers la nature il faut les méditer afin de faire de la lecture une activité en symbiose avec la marche.

Walden, est le lac éponyme du livre par lequel Thoreau est devenu célèbre dans le monde entier publié en 1854. C’est le philosophe Emerson qui a prêté le terrain sur lequel Thoreau a construit sa cabane de 13,5 m2 au bord du lac où il vécu de façon irrégulière. La légende du lac Walden est celle-ci : « Au commencement était un pow-wow, rassemblement festif et sacré qui permettait aux communautés de se retrouver. La cérémonie avait lieu au plus près du ciel sur une haute colline. Leur langage était si profane que la colline s’est mise à trembler et qu’elle s’est effondrée sur elle-même avant de disparaître. Une seule femme en réchappa, une squaw, nommée Walden qui donna son nom au lac. »

Walden est un grand livre de philosophie par lequel Thoreau montre comment on peut faire pour trouver sa voie, à charge pour chacun d’inventer son chemin. Thoreau énonce des principes de vie comme s’ils avaient étés enseignés par Socrate, Diogène, Epicure ou Sénèque. Il emprunte le principe de Socrate « Connais toi toi même » et revendique contre la science suffisante et prétentieuse le « Je sais que je ne sais rien ».

Ses grands principes :
Explore-toi toi-même
Vivre la vie qu’on a imaginé
Aime ta vie
Simplifiez, simplifiez
Fais toi un corps parfait
Vivez libres et sans liens

« Faire en sorte que votre existence soit un contre-frottement qui arrêt le mouvement de la machine » recommande Henry David Thoreau dans son livre la Désobéissance civile. Pour lui, mener une vie philosophique, c’est mener une vie simple : pas de travail au-delà de ce qui est nécessaire, pas de famille, pas de patrie, pas de liens, pas d’obligations morales, pars d’emploi du temps… Les humains ont oublié leur nature au profit d’une culture qui les a éloignés de l’essentiel.

Etre le frottement qui arrête la machine suppose une force d’inertie : vivre dans les bois et un force de résistance : désobéir pour réaliser ce qui nous semble juste. C’est un appel à la responsabilité et à la volonté de chacun : ne plus vouloir dans les faits ce qu’on prétend ne pas vouloir dans les mots. La révolution est affaire de volonté ici et maintenant, pas d’idéal demain. Thoreau a été mis en prison en 1846 pour avoir refuser de payer ses impôts qui servaient à entretenir le régime esclavagiste auquel il s’opposait. Mais on fait pas le monde a soit seul, chacun doit faire sa part. Si chacun agit ainsi, une révolution pacifique aurait été accomplie et l’Etat ne pourra pas emprisonner tout le monde. Pour lui, le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins… voir pas du tout.

Pour lui, rater sa mort c’est rater sa vie. La réussir, c’est réussir tout. Thoreau meurt bien car il a bien vécu.   Henri David Thoreau fut un grand homme. Un grand homme, c’est celui qui mène seul son chemin. En lui parle l’âme du monde.

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