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Le Mahâbhârata

Oltome - Le Mahabharata résumé synthèse avis

Le Mahâbhârata

Jean-Claude CARRIERE

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A propos du livre

Quel livre ! Si vous aimez les épopées, il ne faut pas passer à côté du Mahâbhârata, pilier de la culture indienne.  La version de Jean-Claude Carrière est facile et très agréable à lire.  L’histoire commence par la quête du poète Vyasa qui recherche quelqu’un qui sache mettre par écrit le grand poème qu’il a composé, le Mahâbhârata… Maha veut dire grand et Bharata, les ancêtres.  Cette gigantesque épopée, la plus grande du monde, nous raconte  la lutte cosmique que se livrèrent les ancêtres de Bharata, les Kauravas et les Pandavas, impliquant avec eux, les mondes des démons et des dieux de la mythologie indienne.  C’est le dieu Ganesh en personne qui se propose d’écrire cette épopée avec la défense qu’il s’est arrachée à cette fin.

Le Mahâbhârata est un des plus grands poèmes de l’histoire de l’humanité́, qui comme le Râmâyana, empreint l’âme culturelle indienne au quotidien depuis 3 millénaires.

Biographie de l'auteur
Oltome - Jean-Claude Carrière
Jean-Claude Carrière est écrivain, scénariste, parolier, metteur en scène et acteur français né en 1931 et décédé en 2021 à Paris.  Jean-Claude Carrière a grandit dans l'Hérault au sein d’une famille de viticulteurs avant que celle-ci ne s’installe en banlieue parisienne.  Elève au Lycée Lakanal, il entre ensuite à l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud pour y suivre des études de Lettres et d’Histoire. A 26 ans, il commence une carrière de romancier puis se tourne vers le cinéma.  En 1964, il travaille avec le réalisateur Luis Bunuel à l’adaptation du roman Le Journal d'une femme de chambre.   Le début d’une collaboration qui durera près de 20 ans, jusqu’à la mort du réalisateur.  Il a travaillé également aux côtés de Jacques Deray sur les scénarios de "La Piscine" et de "Borsalino".  Avec  Volker Schlöndorff ("Le Tambour"), Jean-Luc Godard ("Sauve qui peut la vie") et Milos Forman ("Valmont"). On lui doit aussi de nombreuses adaptations au théâtre où il travaille notamment avec Peter Brook ("Le Mahâbhârata"). Egalement romancier, il est l’auteur entre autres de La controverse de Valladolid (1992) et a publié aussi des entretiens autour de la spiritualité et de la métaphysique comme La force du bouddhisme (1994), Conversations sur l’invisible (1996) ou les Entretiens sur la fin des temps (1998).
Synthèse & résumé

Résumé du « Mahâbhârata » de Jean-Claude Carrière

 

L’histoire commence par la quête du poète Vyasa qui recherche quelqu’un qui sache mettre par écrit le grand poème qu’il a composé, le Mahâbhârata… Maha veut dire grand et Bharata, les ancêtres.  Cette gigantesque épopée, la plus grande du monde, nous raconte  la lutte cosmique que se livrèrent les ancêtres de Bharata, les Kauravas et les Pandavas, impliquant avec eux, les mondes des démons et des dieux de la mythologie indienne.  C’est le dieu Ganesh en personne qui se propose d’écrire le  Mahâbhârata avec la défense qu’il s’est arrachée à cette fin.  La Mahâbhârata est un des plus grands poèmes de l’histoire de l’humanité́, qui comme le Râmâyana, empreint l’âme culturelle indienne au quotidien depuis 3 millénaires.

Trois dieux gouvernent l’univers de la mythologie indienne : Brahma, le créateur,
Shiva, le destructeur, et Vishnu, l’équilibre qui fait durer les jours et descend sur terre pour interrompre le chaos.

Historiquement…

Le roi  Vasu, le roi des pêcheur, est à la chasse et cherche à rejoindre sa femme Jirika, la fille de la rivière et du rocher, pleine de désir pour son bien-aimé roi. Empêché de la rejoindre, le roi arrache une feuille à un arbre pour recueillir son sperme et donne la feuille à un faucon pour qu’il l’apporte à sa femme.  Mais en chemin, la feuille tombe dans le Gange et une poissonne avale la feuille… la poissonne est pêchée dix mois plus tard avec des jumeaux dans son ventre : un mâle qui deviendra roi, et une fille, Satyavati qui restera avec son père Vasu.

Satyavati est magnifique mais elle sent terriblement le poisson.  Un jour elle fait l’amour avec un ascète et de cet amour naitra l’un des plus importants personnages du Mahâbhârata, Vyasa, le conteur de l’épopée.

La déesse Ganga a avec le roi Shantanu, un enfant qui s’appelle Bhishma, que Ganga renverra sur terre lorsqu’il sera adolescent.  Un jour, Shantanu, s’éprend de Satyavati.  Le père de la petite Satyavaty refuse la main de sa fille au roi Shantanu sauf si l’héritier du trône accepte de renoncer au trône et de renoncer à tout espoir de paternité.    Bhishma, le jeune homme parfait et vertueux se sacrifie pour le bonheur de son père.

Lorsque Shantanu meure, il n’a pas d’héritier.  Il a eu deux fils avec Satyavaty mais tout deux sont décédés sans voir eu d’enfants leurs épouses.   Bhishma va chercher son demi-frère, Vyasa, pour qu’il féconde les deux épouses de ses frères défunts.  Vyasa est lait et puant… les accouplements sont laborieux.  La première reine ferme les yeux en s’accouplant avec Vyasa et donnera naissance à un fils aveugle, le roi Drisharastra.  La seconde reine veuve pâlit en s’accouplant à Vyasa et son fils sera pâle, il se nommera Pandu.  C’est ainsi que Vyasa est le concepteur des héros du Mahâbhârata.

Bhishma et Amba

Bhishma, sage parmi les sages, ayant fait  vœu d’abjurer à jamais l’amour des femmes laissait le trône à son frère aveugle, Dhritharashtra.  Un jour, une femme, Amba, que son mari venait d’abandonner, vint voir Bhishma et le supplia de la prendre pour femme.  Bhishma qui voulait respecter sa promesse, refusa.  Amba s’en vexa terriblement et le vœu de tuer Bhisma.

Karna

L’affrontement entre les cousins Pandava et Kaurava commença avec une femme, Kunti. Alors qu’elle était encore jeune, un ermite lui donna une formule magique qui lui permettait d’évoquer le dieu qu’elle voulait afin de s’unir avec lui.  Kunti évoqua le Soleil qui lui donna un fils. Kunti prit peur et cacha l’enfant dans un panier qu’elle abandonna au gré́ du fleuve. Plus tard, un cocher recueillit et éleva l’enfant, qu’il nomma Karna.

 

LES PANDAVA

Pandu, ses deux épouses, Kunti et Madri, et ses 5 enfants

Kunti épousa ensuite le roi Pandu, héritier de la dynastie venue en droite ligne du roi Bharata, et membre, comme toute la famille royale, de la caste des guerriers.

Pandu prit une deuxième épouse, Madri.  Pandu qui aimait beaucoup chasser tua par accident une femme dont le mari lui adressa une terrible malédiction : dès qu’il s’unirait avec l’une de ses femmes, il mourrait au moment du plaisir. Incapable d’engendrer un successeur, Pandu décida de renoncer au trône, qu’il transmit à son frère aveugle, Dhritharashtra.  Pandu s’exila ensuite loin du monde avec ses deux épouses sur les  plus hauts sommets de l’Himalaya.

Kunti, désireuse de permettre à Pandu d’avoir des enfants, se souvint du mantra dont elle avait le secret. Kunti convoqua Dharma, l’ordre cosmique pour concevoir Ydhishthira le vertueux.  Kunti évoqua ensuite le Vent, qui lui donna pour enfant Bhima.  Et en troisième, Kunti évoqua Indra, le roi des dieux, qui lui donna pour fils Arjuna, le guerrier parfait.

Alors, Madri, la seconde femme de Pandu, demanda à Kunti de lui prêter son mantra, pour qu’elle puisse elle aussi avoir des enfant. Madri évoqua à son tour un dieu qui lui donna deux jumeaux, Nakula et Sahadeva, unis comme patience et sagesse.

Les 5 fils de Pandu, Yudhishthira, Bhima, Arjuna, Nakula et Sahadeva, sont les cinq Pandava, les personnages principaux du Mahabharata.

LES KAURAVA  Kaurava : Dhritharashtra et Gandhari

Pendant ce temps, Dhritharashtra, le roi aveugle, le frère de Pandu, prit pour épouse Gandhari.  En le prenant pour époux, elle noua sur ses yeux un voile et fit vœu de ne jamais l’enlever : « Ainsi, je ne pourrai jamais reprocher à mon époux son infortune.» Gandhari devint enceinte.  Deux ans passèrent sans que l’enfant ne vienne au monde. Lorsque Gandhari apprit par sa servante que Kunti venait de mettre au monde Yudhishthira, elle décida d’accélérer son accouchement en ordonnant à sa servante de lui frapper le ventre avec une barre de fer.  Gandhari accoucha d’une boule de chair inerte, froide et dure comme du métal que Gandhari ordonna à sa servante d’aller jeter dans un puits. Sur le chemin du puits, un sage lui conseilla de découper la boule en cent morceaux, de placer les cent morceaux dans cent jarres de les arroser d’eau fraîche. Ainsi, de ces cent morceaux naquirent cent fils. Le premier né de ces 100 fils fut Duryodhana.

Quand Bhishma, le sage, entendit les cris de Duryodhana, il sut que c’était de mauvaise augure : Duryodhana venait pour détruire.  Il conseilla à Dhritharashtra de sacrifier Duryodhana pour préserver son peuple, mais Dhritharashtra ne pouvait pas sacrifier son propre fils et le laissa vivre.

Les 100 fils de Dhritharashtra et Gandhari, avec à leur tête Duryodhana, furent appelés les Kaurava. Un autre de ses frères s’appelle Dushassana.

Jeunesse des Pandava et des Kaurava et Drona, leur maître

À la mort de Pandu, Bhishma éleva les cinq Pandava, revenus au palais avec les cent Kaurava.  Dès l’enfance, Pandava et Kaurava se détestèrent.  Un jour, un excellent maître, Drona, prit en charge l’éducation des Pandava et des Kaurava

La venue de Karna – Karna défie Arjuna

Pandava et Kaurava ne cessaient de rivaliser.  C’est Arjuna qui se montre supérieur à tous les autres.  Un jour Karna, le tout premier fils de Kunti qu’elle avait eu avec le soleil, se présenta au palais et se vanta d’être plus fort qu’Arjuna qu’il surpassa effectivement au tir à l’arc.  Il s’attira ainsi sa jalousie.  Duryodhana, ravi de découvrir un rival à Arjuna, offrit aussitôt son amitié́ à Karna et lui le fit roi du pays d’Anga, en échange de son amitié́ fidèle.

L’épouse des Pandava : Draupadi  

Un jour, Arjuna, le meilleur des archers, part à l’aventure et rentre au palais rayonnant de joie.  Il dit à sa mère : « Devine ce que j’ai gagné́ ! – Je l’ignore, répondit Kunti, mais quoi que tu ais gagné,  tu dois le partager avec tes frères. »  C’est ainsi que cette femme, la belle Draupadi, devint l’épouse des cinq fères Pandava.

 

Krishna – les causes de la guerre

La guerre vint car les Pandava et les Kaurava avaient oublié́ la loi secrète de Dharma, qui maintenait l’ordre du monde. Dès lors, le chaos menaçait.  Seul, le sage Krishna pouvait sauver Dharma. Il résidait au palais de Dhritharashtra. Il fallait donner au peuple un roi calme et juste.  Le titre de roi revenait de droit à Yudisthira, l’aîné des Pandava. Mais Yudisthira ne pouvait revendiquer ce titre sans provoquer la colère de son oncle Dhritharashtra et de ses cousins les Kaurava.

Un parent des Kaurava, Shakuni (oncle de Duryodhana), conseilla à Duryodhana de défier Yudisthira à une partie de dés, et il se proposa de jouer à la place de Duryodhana parce qu’il saurait tricher et dérober le royaume de  Yudisthira.  Yudisthira était sage mais n’avit qu’un seul défaut, c’est un joueur.  Il  accepta le défi.  Avant la partie, Krishna avertit Bhishma de ne pas intervenir, quoi qu’il arrive. La préservation de Dharma en dépendait car la guerre qui allait déchirer Pandava et Kaurava serait paradoxalement inévitable pour préserver l’ordre cosmique. Shakuni gagna tout, absolument tout, jusqu’aux vêtements que les Pandava portaient sur le dos et Draupadi.

Les Kaurava vinrent trouver Draupadi pour lui annoncer qu’elle leur appartenait, puisque Yudisthira avait tout perdu au jeu. Les Pandava ne purent rien faire.  Draupadi n’était plus la femme des Pandava. Les Kaurava clamèrent qu’elle devait se choisir un nouvel époux parmi eux.  Draupadi adressa une malédiction aux Kaurava, à Shakuni et à Karna. Elle les voua à une mort terrible et fit vœu de garder les cheveux déliés jusqu’à la mort de Dushassana, pour pouvoir les laver dans son sang. Elle prédit à Duryodhana que la mort le frapperait à la cuisse.

L’exil

Dhritharashtra s’apprêtait à laisser partir les Pandava, mais Duryodhana le persuada que s’il faisait ainsi, les Pandava allaient aussitôt se jeter dans la guerre pour venger l’humiliation de Draupadi. Il convainquit Dhritharashtra de rappeler les Pandava pour jouer une dernière partie de dés.  L’enjeu fut fixé ainsi : les perdants perdraient le royaume et tous leurs biens, et partiraient douze ans en exil, vêtus de haillons, plus une treizième année dans un lieu inconnu, cachés, déguisés ; s’ils étaient découverts pendant cette treizième année, ils devraient partir pour douze nouvelles années d’exil ; sinon, l’exil se terminerait et ils retrouveraient leur royaume. Yudisthira joua donc le dernier coup contre Shakuni.  Shakuni gagna. Les Pandava contraints à l’exil partirent avec  Draupadi.  Tandis que les Kaurava règnent au palais, les Pandava restent en exil dans le désert, sauf Arjuna, qui partit en voyage.

Bhima et Hidimbi – leur fils, Ghatotkatcha

Un jour, des démons, deux Rakshashi, un frère et une sœur, aperçoivent Bhima et projettent de le tuer pour le manger. La sœur, nommée Hidimbi, approche Bhima, mais elle en tombe amoureuse et décide de le sauver.  Elle prend la forme d’une belle jeune femme et lui demande de l’épouser.  Bhima commence par refuser, parce qu’il est déjà̀ marié à Draupadi ; mais lorsqu’elle aperçoit Draupadi dormant à coté́ des quatre autres Pandava, elle lui réplique que si sa femme a quatre autres maris, il ne peut pas refuser de la prendre comme seconde femme. Hidimbi emporte Bhima dans les airs et lui donne un fils, Ghatotkatcha. Elle repart alors dans le monde des démons pour l’élever. Mais Ghatotkatcha promet à Bhima que si un jour il a besoin de lui, il viendra aussitôt.

Pendant ce temps, Arjuna est parti vers le Nord, dans les montagnes, pour rencontrer le dieu Shiva, le destructeur, et lui demander des armes capables de vaincre les Kaurava.  Un jour, il vient de tuer un sanglier d’une flèche et s’apprête à le charger sur ses épaules lorsqu’un homme arrive et prétend avoir tué́ le sanglier. Arjuna refuse de céder et les deux hommes combattent, mais Arjuna totalement dominé, se rend compte qu’il a lutté́ contre Shiva en personne. Le dieu est content de lui et se déclare prêt à lui accorder une faveur.  Arjuna demande à Shiva son arme la plus terrible, Pashupata, l’arme absolue, une arme capable de détruire le monde. Le dieu la lui accorde.

Mais les Kaurava ont espionné Arjuna à distance par magie. Duryodhana ordonne alors à Karna, leur meilleur guerrier, d’acquérir à son tour la maîtrise de Pashupata.   Karna part vivre auprès d’un ermite dans le désert et reste à son service sans prononcer un seul mot.  Lorsque le sage lui demande quelle est la récompense désirée, Karna demande le secret de Pashupata.  Le sage apprend à Karna une formule qu’il a quelques secondes pour retenir par cœur, et qui, prononcée, appellera une créature du ciel qui lui apportera Pashupata. Le sage qui a été dupé par Karna, le chasse et lui prédit que lorsque Karna aura besoin de la formule, elle s’échappera de sa mémoire et qu’il devra mourir.

Nature divine de Krishna

Le temps d’exil des Pandava se termine.  De retour au palais, les Pandava réclament la totaltié de leur royaume.  Arjuna va trouver Krishna (un des avatars de Vishnu) pour qu’il soit leur « amabassadeur » au nom des Pandava.  Celui-ci va trouver Dhritharashtra au nom des Pandava, et réclame le royaume qui leur appartient de droit. Mais Duryodhana refuse. Krishna déclare alors que la guerre aura lieu. Les généraux en chef sont désignés : Bhishma du côté des Kaurava et Karna du côté des Pandava.  Krishna annonce qu’il sera le cocher des Pandava en prévenant qu’il ne se battra pas.

La plus grande des batailles commence.  Krishna, dans les couloirs du palais, rencontre Karna. Celui-ci arpente le palais la nuit, toujours troublé parce qu’il ignore qui sont ses vrais parents.  Krishna lui révèle qu’il est le fils de Kunti et que ses ennemis sont ses frères – mais ils l’ignorent. S’il révèle sa naissance aux Pandava, ceux-ci l’accueilleront, Draupadi sera sa femme, et Duryodhana n’osera plus se battre. Karna refuse. Sa mère l’a abandonné́ mais  il a donné́ sa parole à Duryodhana. Krishna ne révèlera pas le secret de sa naissance.

La Bhagavad Gîta

La guerre commence.  Les deux armées sont rassemblées l’une en face de l’autre. C’est Arjuna, avançant entre elles sur son char avec Krishna pour cocher, qui donnera le signal de la bataille. Mais au dernier moment, Arjuna hésite. Autour de lui, frères, neveux, cousins, et même ses maitres, sont là des deux côtes, prêts à s’entretuer. Peut-il donner le signal d’un tel massacre ? Il laisse tomber son arc, descend du char, tombe à genoux sur le sol. D’où̀ vient cette faiblesse ? demande Krishna. « Krishna, ma résolution m’abandonne. Je ne sais plus comment agir. Conseille-moi ! » Alors Krishna combat les doutes d’Arjuna et lui enseigne la sagesse qui lui permettra de déclencher cette guerre terrible mais inévitable. Il énonce la Bhagavad Gîta, le discours de la sagesse. Ils parlent tous les deux très longtemps, assis là, entre les deux armées sur le point de combattre. Lorsque Krishna a dissipé ses doutes, Arjuna se relève, sa résolution est ferme. Il donne  le signal du combat.

Le retour d’Amba – Shikhandin

Le premier jour de bataille s’écoule, meurtrier pour les deux camps.  Dans l’ombre, quelqu’un s’approche. C’est Amba.  Elle est maintenant un homme appelé Shikhandin, et elle n’a jamais cessé́ d’avoir la même pensée : tuer Bhishma.

Le soir du neuvième jour de guerre, Arjuna, Yudhishthira et Krishna viennent trouver Bhishma.  Bhishma ne pouvant être tué, il est invincible.  Comment les Pandava peuvent-ils le vaincre ? C’est impossible. Bhishma finit par leur donner le nom du seul guerrier devant lequel il ne se défendra pas : Shikhandin.  Le lendemain, Arjuna amène Shikhandin tout près de Bhishma, qui reconnaît Amba. Blessé, épuisé́, Bhishma demande à Shikhandin de le tuer. Mais Shikhandin, au dernier moment, oublie la raison de sa haine contre Bhishma, et ne peut tirer. Krishna somme alors Arjuna de tirer à sa place, pour ne pas laisser à Bhishma le temps de retirer la vie qu’il a offerte au coup de Shikhandin. Il guide lui-même la flèche jusqu’à la poitrine de Bhishma pour le tuer. Sur son lit de mort, Bhishma, voyant Karna près de lui, l’adjure de s’unir à Arjuna et de mettre fin à la guerre. Karna ne répond rien. Bhishma a gardé́ le pouvoir de retarder sa mort : il reste vivant sur son lit de mort jusqu’à la fin de la guerre.

Kunti et Karna – la promesse de Karna

Le soir venu, Kunti, inquiète de voir ses fils sur le point de s’entretuer, vient jusque dans le camp des Kaurava pour trouver Karna. Elle lui révèle qu’elle est sa mère, lui demande pardon, et le presse de venir rejoindre ses autres fils dans le camp des Pandava. Karna hésite, sachant bien qu’elle ne ment pas. Mais il est trop tard. Il promet cependant de ne pas tuer Yudisthira, ni Bhima, ni les jumeaux fils de Madri, seulement Arjuna, car d’Arjuna ou de lui, l’un des deux doit mourir.

Ghatotkatcha affronte Karna  

La bataille reprend. Karna fait des ravages parmi l’armée des Pandava. Il tient en main une lance de fer qu’il garde pour Arjuna et qui tue à coup sûr. Krishna retient Arjuna de prendre part à la bataille, et, avec l’assentiment des Pandava, invoque Ghatotkatcha, le fils de Bhima et de Hidimbi. Lui seul peut vaincre Karna. Ghatotkatcha, qui a grandi et possède désormais de puissants pouvoirs magiques, assaille les Kaurava. Karna refuse d’utiliser sa lance pour tuer Ghatotkatcha : elle ne peut servir qu’une fois et il la réserve à Arjuna. Mais, pressé par les Kaurava, il n’a plus d’autre solution. La lance tue Ghatotkatcha, à la grande joie des Kaurava.  Bhima et Hidimbi pleurent la mort de leur fils. Mais alors que l’armée des Pandava partage leur douleur, Krishna se réjouit. En privant Karna de sa lance, rien n’empêche plus Arjuna de tuer Karna.

Nouvelle bataille – Bhima tue Dushassana  

Le lendemain, pendant la bataille, Karna assaille un Pandava, mais au lieu de le tuer, il l’humilie : il a promis à sa mère de ne tuer qu’Arjuna.  Le même jour, Bhima se trouve encerclé par des boucliers ensorcelés qu’il ne parvient pas à vaincre. Alors qu’il s’est effondré dans une mare, Dushassana arrive et profite du moment pour le vaincre. Mais Bhima reprend sa force, surpasse Dushassana et le tient à sa merci. Il appelle Draupadi pour qu’elle assiste à son triomphe. Il tue Dushassana puis, accomplissant sa promesse avec amertume, boit son sang. Draupadi lave ensuite ses cheveux dans le sang du mort.

Arjuna et Karna – la mort de Karna

Le même jour, Karna arrive sur son char face au char d’Arjuna, dont Krishna est le cocher, et le défie. L’heure de leur affrontement final est venue. Ils luttent, chars au galop, mais tout d’un coup l’une des roues du char de Karna s’enfonce dans une ornière. Karna doit descendre en urgence pour la dégager.   Arjuna arrive derrière lui sur son char, l’arc en main. Karna le somme de le laisser dégager sa roue, selon les règles de l’honneur. Krishna refuse et somme Arjuna de tirer. Le cocher de Karna et les Kaurava l’exhortent à utiliser son arme suprême, de prononcer la formule qui invoquera la créature céleste chargée de la lui apporter. Sa mère, Kunti, assiste de loin à la scène. Mais Karna ne se souvient plus de la formule. Karna sent ses forces l’abandonner.  Finalement, Arjuna tire et le tue. Au loin, dans le camp des Kaurava, Dhritharashtra et Gandhari, ont également assisté à la mort de Karna et se lamentent. « Mon coeur doit être fait de pierre pour ne pas s’être encore brisé », dit Dhritharashtra.  Ainsi finit le plus grand héros de l’armée des Kaurava.

Bhima et Duryodhana – le dernier combat de la guerre

Yudhishthira part ensuite à la recherche de Duryodhana, chef des Kaurava, pour le tuer et mettre enfin un terme à la guerre. Yudhishthira l’appelle et provoque Duryodhana au combat au nom des Pandava. Il lui laisse le choix des armes, et s’il gag ne, le Royaume lui appartiendra ! Duryodhana brise alors le lac et sort combattre.  C’est Bhima qui combat Duryodhana pour les Pandava. Mais au cours du combat, Bhima est blessé et tombe à terre. Duryodhana, moqueur, refuse de frapper un adversaire à terre et part boire au lac pendant que Bhima se relève. Krishna s’approche et recommande à Bhima de frapper Duryodhana aux jambes. Bhima refuse : ce n’est pas dans les règles ! Mais Krishna insiste. Bhima doit frapper Duryodhana à la cuisse. Le combat reprend. Et lorsque Bhima frappe Duryodhana à la cuisse, celui-ci s’effondre.  Il a été roi, il a aimé́ ses amis et ses femmes, et à présent que le monde est dévasté, il s’en va dans un autre. La victoire des Pandava est complète.

 

Sur le champ de bataille  

Sur le champ de bataille, les Pandava trouvent Kunti prenant soin du corps de Karna. Elle leur révèle qu’il était leur frère. Krishna lui-même n’avait pu révéler ce secret, car la parole de Karna était absolue. Arjuna et les Pandava sont bouleversés : Karna a préfèré sa parole à ses frères. Yudisthira, se sentant responsable pour tous de la mort de son propre frère, décide de renoncer à la royauté́ et de partir dans les bois. Mais Bhishma, toujours sur son lit de mort, le rappelle et le convainc de ne pas mépriser ce monde. La place de Yudisthira, conclut Bhishma avant de mourir, est désormais sur le trône.

Gandhari survient alors, et maudit Krishna pour avoir pris plaisir au massacre de ses enfants, les Kaurava. Un jour, tout ce qu’il a bâti s’effondrera, et il sera tué par un simple passant. Krishna reconnait la justesse de la prophétie de Gandhari.

Future mort de Krishna

Krishna va-t-il vraiment mourir ? Oui, toute vie possède sa limite : trente-six ans plus tard, Krishna est parti dans la forêt, marchant devant lui avec l’intention de ne s’arrêter que lorsqu’il mourrait de fatigue. Il a fini par s’écrouler sur le sol, épuisé́.

Epilogue

 

« Alors, ils sont tous morts sans enfants ? »  demande le jeune garçon à Vyasa.  Vyasa montre alors une femme enceinte marchant près d’eux. Krishna a sauvé́ la vie de cette femme, et elle porte un enfant d’Arjuna. Des siècles passeront, et le jeune garçon descendra de cette femme. Les personnages du Mahâbhârata sont donc bel et bien ses ancêtres. Le jeune garçon salue la femme qui l’engendrera dans des siècles. Puis le scribe, Ganesh, referme le livre, désormais complet, et le remet au jeune indien, qui l’emporte. Le poème est écrit.

Laurence de Vestel, Janvier 2020 – © Oltome.com

 

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