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L’avenir du drame de l’enfant doué

Oltome - L'avenir du drame de l'enfant doué synthèse avis résumé

L’avenir du drame de l’enfant doué

Alice MILLER

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A propos du livre

« L’avenir du drame de l’enfant doué » d’Alice Miller, un ouvrage exceptionnel qui montre la voie qui puisse permettre de sortir de l’invisible prison de l’enfance pour passer du stade d’inconsciente victime du passé en une personne responsable.   Magnifique !

Alice Miller est née en 1923 en Pologne et est morte à Saint-Rémy de Provence en France en 2010.   Psychanalyste suisse, Alice Miller était docteur en philosophie, psychologie, et chercheuse sur l’enfance.  Elle a lutté pendant vingt-cinq ans contre les châtiments corporels.   » Les enfants humiliés et maltraités ne deviennent pas tous des monstres, mais tous les monstres ont été des enfants humiliés et maltraités. » Elle a été rendue célèbre par ses nombreux ouvrages traitant des relations parents-enfants, et par son engagement contre les violences « ordinaires » faites aux enfants.

Biographie de l'auteur
Oltome - Alice Miller biographie
Alice Miller est née en 1923 en Pologne et est morte à Saint-Rémy de Provence en France en 2010.   Psychanalyste suisse, Alice Miller était docteur en philosophie, psychologie, et chercheuse sur l'enfance.  Elle a lutté pendant vingt-cinq ans contre les châtiments corporels.  " Les enfants humiliés et maltraités ne deviennent pas tous des monstres, mais tous les monstres ont été des enfants humiliés et maltraités." Elle a été rendue célèbre par ses nombreux ouvrages traitant des relations parents-enfants, et par son engagement contre les violences "ordinaires" faites aux enfants. Sur Oltome, voici quelques uns de ses ouvrages : L'avenir du drame de l'enfant doué en 1996, Notre corps ne ment jamais en 2004  et Ta vie sauvée enfin en 2008    
Synthèse & résumé

Résumé du livre d’Alice Miller « L’avenir du drame de l’enfant doué »

 

1. LE DRAME DE L’ENFANT DOUE

Une multitude d’hommes et de femmes viennent en thérapie avec l’image d’une enfance heureuse et protégée par des parents exceptionnels. Tout plutôt que la vérité, tout pour ne plus penser à l’étendue de la solitude et de l’abandon qu’ils ont connus enfant. Ces personnes ignorent la compassion pour elles-mêmes ainsi que leurs véritables besoins.

Principes

  • Un enfant a besoin d’être pris au sérieux et d’être considéré pour ce qu’il est : = ses sentiments, sensations, expression.
  • De se développer dans une atmosphère de respect pour ses sentiments
  • D’être élevé par des parents qui ont eux-mêmes connu ce type de climat afin de transmettre ce sentiment de sécurité et de confiance.
  • Les parents qui n’ont pas bénéficié d’un tel climat sont en état de besoin et cherchent un être pour qui ils comptent par-dessus tout, qui les comprennent et les prennent au sérieux.
  • Une quête vaine qui se réfère à une situation irrévocable et révolue. Ce besoin, inassouvi et inconscient et réprimé, est sujet à la compulsion de satisfaire ce besoin en recourant à des moyens de rechange.
  • Leurs enfants seront les plus propres à remplir cette fonction.

Le monde perdu des sentiments

Une mère qui n’a pas pu répondre à ses propres besoins auprès de sa mère va chercher à obtenir satisfaction auprès de son enfant. Celui-ci le sent et par peur de perdre l’amour de sa mère, il s’adapte, renonce à exprimer sa détresse, refoule ses besoins d’amour, de respect, de compréhension. L’enfant développe un « faux soi » amputé de son élan vital. Ne pouvant se fier à ses sentiments, il est conduit à un tragique isolement intérieur.

À la recherche du vrai soi

Nombreux sont ceux qui reportent sur d’autres la cruauté dont ils ont été victimes pour pouvoir conserver l’image de leurs parents idéalisés. Ils demeurent des petits-enfants dépendants. Une thérapie s’avère alors nécessaire et aboutit lorsque le patient comprend qu’il n’a pas été aimé pour lui. Cet immense chagrin permet l’empathie et la compassion pour lui-même. L’adulte s’autorise à se respecter, à considérer ses sentiments, à recevoir ses émotions, à renouer avec son « soi », son élan de vie.

La situation du psychothérapeute

Le psychothérapeute a souvent été cet enfant exploité qui sait ce que c’est que d’avoir trahi son vrai soi et qui a pu vivre sa révolte et son chagrin d’avoir eu des parents non disponibles face à ses besoins. Le thérapeute peut se garder d’exercer le même type de manipulation inconsciente auquel il a été soumis petit. Car le patient a rarement trouvé auprès de ses propres parents une telle capacité d’écoute et d’attention et jamais de son côté, il ne s’est ouvert avec autant de sincérité. Une fois le refoulement levé, le patient pourra mettre un terme à la tragédie de son enfance qui se poursuivrait inconsciemment dans sa relation avec ses enfants.

2. DEPRESSION ET GRANDIOSITE 

Destin des besoins de l’enfant

Tout enfant a le besoin d’être compris, respecté et pris au sérieux par sa mère. Il a besoin de se refléter en elle. Il regarde le visage de sa mère pour s’y voir et s’il en est privé, il le cherchera vainement toute sa vie. Dès la naissance, le « bonding » entre la mère et son enfant donne le sentiment d’être lié. Cette première intimité est essentielle au développement sain de l’individu. Une mère inassouvie auprès de sa propre mère est incapable d’aider son enfant car elle cherche à satisfaire ses besoins auprès de son enfant qui refoulera ses propres besoins pour satisfaire ceux de sa mère. 

Illusion de l’amour

    • La grandiosité comme automystification

La grandiosité est la défense contre la profonde douleur causée par la perte de Soi. Le grandiose est admiré en tout lieu et ne peut vivre sans l’admiration des autres dont il est complètement dépendant. Il confond l’admiration et l’amour.

    • Dépression, revers de la grandiosité

Le grandiose et le dépressif nient la réalité de leur enfance en vivant comme s’ils pouvaient s’assurer la disponibilité de leurs parents : le grandiose donne l’illusion de la réussite et le dépressif vit dans la peur continuelle de perdre leur affection. Ni l’un ni l’autre n’acceptent de ne pas avoir été aimés malgré tous les efforts du monde. La dépression peut survenir lorsque la grandiosité s’effondre, et fonctionne souvent par alternance. Le grandiose évitera la dépression en se montrant plus brillant encore et choisira un conjoint plus faible pour se sentir plus fort. Symptômes de grandiosité : un faux soi qui conduit à la perte du soi, fragilité de l’estime de soi, perfectionnisme, déni ou mépris des sentiments, exploitation des autres, peur de la perte d’amour, pulsions agressives, grande susceptibilité, honte, culpabilité, angoisse, agitation.

    • La dépression comme déni de soi

La dépression est un signe direct de la perte du Soi, du déni de ses besoins pour conserver l’amour de ses parents. La dépression renvoie à une blessure très ancienne. Ne pas pleurer, ne pas avoir mal, ne pas avoir faim, … afin de rendre sa mère heureuse. L’enfant a besoin de l’amour inconditionnel de sa mère. Nous ne pouvons vivre dans cette quête : nous pouvons aimer un enfant, quoi qu’il fasse, mais pas un adulte, quoi qu’il fasse.   Sans quoi, nous aimerions un criminel.

Phases dépressives durant la thérapie

Il est important d’éprouver ses sentiments de tristesse, de colère…. « Vivre » ces sentiments permet à l’individu d’accéder à ses souvenirs refoulés et de vivre un immense soulagement.

Souvent, une personne atteinte de blessures profondes, lorsqu’elle est sur le point de parvenir au noyau de son être, se sent bien et comprise, organise à ce moment précis tout autre chose dont elle n’a pas envie… Cette personne provoque inconsciemment une répétition : enfant, lorsqu’elle se sentait elle-même, on lui demandait de faire autre chose de plus intelligent… C’était l’écrasement de son monde intérieur en formation. Si l’adulte prend le temps d’accepter ses sentiments éveillés, il pourra faire émerger le besoin refoulé et rester lui-même.

La prison intérieure

Un individu peut ne pas s’avouer son indignation devant le comportement d’un ami idéalisé de peur de perdre une amitié. Un patient peut se ranger aux conceptions de son thérapeute de peur de perdre son appui et l’empathie qu’il a attendue toute sa vie. Il renoncerait alors à sa joie de se découvrir : la situation actuelle le renvoie à sa dépendance d’autrefois qu’il maintient refoulée. Le patient cède à sa peur et retourne vers son faux soi. Le thérapeute ne peut se comporter comme un ami qui apporterait un bon repas à un prisonnier au moment où il pourrait justement en sortir.   Se libérer de la dépression ne mène pas à l’absence de souffrance mais à la vie.

Aspect social de la dépression

Un individu doit pouvoir dans la société dans laquelle nous vivons, trouver son soutien en lui-même s’il ne veut pas devenir le jouet des divers intérêts et idéologies, dépendre de drogues, ou devenir dépressif. Il doit accéder à ses propres besoins et sentiments réels et pouvoir les exprimer clairement.

Le mythe de Narcisse

Narcisse voulait être beau, rien de plus, se confondre avec sa belle image, dont sa mère devait être sans doute si fière. Son culte du faux soi lui interdit d’aimer un autre mais aussi son lui-même.

3. CERCLE VICIEUX DU MEPRIS

L’humiliation de l’enfant et le mépris de sa faiblesse

Mépriser le plus petit, le plus faible, est le meilleur rempart de l’adulte contre l’irruption du sentiment de sa propre impuissance et l’expression de la faiblesse dont on s’est dissocié. C’est une manière de se venger de ses propres blessures. Les parents en faisant étalage de leur statut de « grands » se vengent inconsciemment sur l’enfant de leurs propres blessures. Le mépris est l’arme du faible et la protection contre des sentiments évoquant sa propre histoire… Dans vingt ans, ces enfants humiliés par le mépris de leurs parents, seront des adultes qui reporteront leur histoire sur leur enfant et ainsi de suite. D’où l’urgence de mettre fin à cette tragédie héréditaire qui se transmet par le déni (de nos propres souffrances), la rationalisation (je dois éduquer mon enfant), le déplacement (ce n’est pas mon père qui m’a fait du mal mais mon fils) et l’idéalisation (mes parents ont fait ce qu’il fallait), et par le retournement de la souffrance passive en comportement actif. Si nous voulons éviter le viol inconscient de l’enfant et sa discrimination, la première chose à faire est d’en prendre conscience.

    • La parole hachée du soi dans la compulsion de répétition

Les êtres qui ont dû cacher leur « Soi » se sentent avec force poussés à renverser les anciennes barrières. La délivrance passera d’abord par une douloureuse mise à nu. A défaut d’un travail intérieur, le patient continuera à choisir avec un instinct sûr de somnambule des partenaires totalement incompréhensifs, comme l’étaient leurs parents. C’est précisément à leur adresse qu’il fera d’énormes efforts pour enfin être compris, pour rendre malgré tout possible l’impossible.

Une femme, qui va vers des partenaires – substitutifs de son père – dont elle désespère se faire comprendre, explique : « Je me trouve aussi ridicule que si j’avais parlé à un mur et attendu qu’il me réponde. Comme un stupide enfant » Le thérapeute lui répond : « Est ce que vous ririez à la vue d’un enfant qui doit parler à un mur pour confier son chagrin parce qu’il n’a personne d’autre pour l’entendre ? » Ce mur était le symbole du sentiment d’être séparée des autres lorsqu’elle était enfant et qui aujourd’hui encore la poussait à se livrer à un être incompréhensif dont elle dépendait désespérément. L’accès à son véritable passé d’enfant marqué par une infinie solitude et bloqué par « sa pauvre mère » était enfin ouvert. Celui qui a suivi une thérapie connaît son impuissance parce qu’il l’a vécue et n’a plus besoin de prouver sa force par le mépris. Il parvient à travailler les sentiments « indésirables » éveillés chez lui par le refoulement de sa propre histoire.

    • Le mépris dans la perversion

La blessure de ne pas avoir été aimé tel qu’on était ne peut guérir sans travail de deuil. Les réactions méprisantes des parents face au comportement de l’enfant sont enregistrées par l’enfant sous forme de souvenirs inconscients.

L’aversion, l’indignation, le dégoût, la panique, l’effarement, ont souvent été déclenchés chez la mère par les conduites les plus naturelles de l’enfant (activités auto-érotiques, se mouiller, se salir…). Pour l’adulte, ces expériences resteront liées aux yeux horrifiés de la mère. Le pervers recherche ce regard horrifié ou effaré de son parent en adoptant des comportements obsessionnels où les situations traumatiques d’autrefois pourront se reproduire. Le patient sera à la torture quand il révélera au thérapeute ses satisfactions sexuelles secrètes : incapable de lui raconter des épisodes tragiques (de honte, de peur, d’humiliation…) de son enfance avec des mots pour expliquer ce pour quoi il a été dressé à ne pas ressentir.

    • Hermann Hesse

Aux yeux de l’enfant, les parents sont exempts de désirs pulsionnels puisqu’ils les cachent, d’où leur culpabilité à en éprouver. Aussi, il est fréquent que les dons d’un enfant (intelligence, esprit éveillé, profondeur de la sensibilité, curiosité, intensité des sentiments…) confrontent ses parents à des conflits dont ils cherchent depuis longtemps à se défendre à grand renfort de règles et de préceptes qui doivent êtres sauvés au prix du développement de l’enfant. Ainsi, des parents fiers de leur enfant doué sont entraînés par leur propre détresse à brimer ce qu’il y a de meilleur et de plus authentique en leur enfant. Hesse souffrait de dépression due à la tragique dissociation d’avec son vrai Soi. Il ira se réfugier dans les livres pour ne pas voir le mépris et le comportement absurde et aberrant de ses parents « bien-aimés ». Un drogué auquel on dira que sa dépendance est une réaction à la société malade, y croira volontiers pour s’épargner la vérité de son enfance qui le ferait trop souffrir. La plupart des personnes qui ont besoin d’aide sont des gens très intelligents qui lisent une foule d’informations sur les absurdités de la société pour ne pas voir le comportement absurde de leurs parents à l’époque de leur enfance.

Une fois que nous prenons le courage de vivre notre vérité, nous nous rendons compte que toute notre vie nous avons redouté quelque chose qui ne peut arriver car c’est déjà arrivé.

    • La solitude de celui qui méprise

Tant que l’on méprise l’autre et que l’on survalorise la performance, on échappe au chagrin de n’avoir été aimé que pour ses performances. En évitant ce chagrin, on reste cet être méprisé, car tout ce qui n’est pas formidable est méprisable. On perdure ainsi la solitude de son enfance en rejetant l’enfant en soi, sans défense, faible et impuissant.

Se libérer du mépris

Par l’éveil de la conscience, hommes et femmes qui sont prêts à exhumer leur histoire des ténèbres de l’oubli pourront amener plus de clarté dans le ciel sombre de notre monde déchiré. Les vieux traumatismes s’estompent et le présent permet à l’intéressé de s’exprimer librement et de rester en contact avec ses besoins actuels.

 

Laurence de Vestel – ©Oltome.com 2012