La révolution d’un seul brin de paille

La révolution d'un seul brin de paille

La révolution d’un seul brin de paille

Masanobu FUKUOKA

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A propos du livre

« La révolution d’un seul brin de paille » est le livre à lire si l’on veut comprendre ce qu’est la permaculture.  « Le but ultime de  l’agriculture n’est pas de faire pousser des récoltes, mais la culture et l’accomplissement des êtres humains ».  Le livre du Masanobu Fukuoka est un magnifique petit chef d’oeuvre ! Masanobu Fukuoka, ce savant qui se méfie de la science, a pratiqué « l’agriculture sauvage » toute sa vie avec des résultats fantastiques.  Plein de bon sens, il a profondément compris jamais l’homme ne pourra faire mieux ce que la nature ne fait parfaitement elle-même car la nature est parfaite ! Début du 20 siècle, Fukuoka nous prévient déjà : « Si nous avons une crise alimentaire elle ne sera pas due à l’insuffisance du pouvoir productif de la nature mais à l’extravagance du désir humain. »  Une vérité trop souvent oubliée…

J’adore…

« On dit qu’Einstein reçut le Prix Nobel de physique en l’honneur de l’incompréhensibilité de sa théorie de la relativité. Si sa théorie avait clairement expliqué le phénomène de la relativité dans le monde et avait ainsi libéré l’humanité des limites temps et d’espace, amenant un monde plus plaisant et plus paisible, elle eut été digne d’éloge. Son explication est toutefois déroutante et a poussé les gens à penser que le monde est complexe au-delà de toute compréhension. On aurait dû au contraire lui décerner un procès-verbal pur dérangement de la paix de l’esprit humain ».

Biographie de l'auteur
Masanobu Fukuoka
Masanobu Fukuoka est né en février 1913 et est décédé en aout 2008 au Japon.  C'est un agriculteur japonais, précurseur de la permaculture (nom formulé dans les années 1970 pas les australiens Molisson et Holmgren).  Il est microbiologiste de formation.  Il a  travaillé au Bureau des Douanes de Yokohama, à la Division de l'Inspection des Plantes.  Ce savant s'est rapidement méfié des progrès apportés par l'agriculture scientifique avec ses engrais et ses pesticides.  Il est retourné vivre l'île de Shikoki sur la ferme de son père pour se consacrer à une agriculture plus conforme à ses convictions, qu'il qualifiera d'agriculture sauvage.  Ses recherches vont dans le sens d'une unification spirituelle entre l'Homme et la Nature. À partir des années 1980, ses expériences rencontrent progressivement une reconnaissance mondiale, et il multiplie les conférences et les rencontres internationales. Sa ferme devient un lieu d'échange sur ses pratiques pour les experts et les curieux venus du monde entier.  En 1975, il écrit "La révolution d'un seul brin de paille" qui raconte et théorise son expérience.
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Quand nous changeons la manière de faire pousser notre nourriture, nous changeons notre nourriture, nous changeons la société, nous changeons nos valeurs ! L’agriculture du non-agir telle que la propose Fukuoka n’est pas contre le travail mais contre le travail inutile. Rien ne sert de travailler plus qu’il ne faut pour obtenir plus que ce l’on désire, car ce que l’on désire doit correspondre à ce dont on a besoin. La science de M. Fukuoka est une science qui commence et finit en respect, une science en conscience que l’emprise humaine diminue tout ce qu’elle saisit.

« Celui qui s’attache une joie

Détruit l’aile de la vie ;

Mais celui qui baise la joie qui vole

Vit dans l’aurore éternelle. »

William Blacke

Masanubo Fukuoka a développé une méthode d’agriculture naturelle qui ne nécessite ni machines, ni produits chimiques et très peu de désherbage. Sa méthode consiste à coopérer avec la nature et non à tenter de l’améliorer par la conquête. Il sème et cultive :

  • sur un sol perpétuellement couvert
  • sans l’avoir labourer
  • en laissant les fruitiers pousser selon leur forme naturelle particulière
  • en semant au printemps au lancer à ciel ouvert un mélange de graines de bardane, radis, chou, soja, moutarde, navet, carotte et autre…
  • en coupant les mauvaises herbes du potager lorsque les pousses sont jeunes
  • en laissant pousser les mauvaises herbes lorsque les légumes se sont établis
  • en ne récoltant pas quelques légumes pour les laisser monter en graines et les laisser se perpétuer après une ou deux générations
  • en pratiquant la rotation des cultures
  • en ajoutant du compost et du fumier et faisant de l’engrais vert

Pour Fukuoka, l’agriculture sauvage procède de la santé spirituelle de l’homme. La guérison de la terre et la purification de l’esprit humain vont de paire et peut conduire à une transformation pratique et bienfaisante du monde.

 

RIEN DU TOUT ! L’HUMANITE NE SAIT RIEN !

« On pense généralement qu’il n’y a rien de plus magnifique que l’intelligence humaine. Mais les hommes ne connaissent rien du tout. Il n’y a pas de valeur intrinsèque dans quoi que ce soit. Chaque action est un effort futile et sans signification. » C’est cette révélation qu’a eue Fukuoka à l’âge de 25 lorsqu’il travaillait pour le Bureau des Douanes de Yokohama à la Division de l’inspection des plantes, qui le fait tout quitter…

Fukuoka retourne vivre à la ferme de son père, dans une hutte sur la montagne. Persuadé que les récoltes poussent d’elles-mêmes, il laisse le verger bien taillé que lui a confié son père pousser selon la méthode du non-agir. En un rien de temps le verger dépérit… les branches s’entremêlèrent, et les insectes attaquèrent les arbres ! Fukuoka comprend alors que la méthode du non-agir en l’appliquant d’un seul coup est de l’abandon. Il repart travailler pendant 8 ans dans une préfecture tout en restant persuadé que l’agriculture naturelle peut tenir tête à l’agriculture moderne. A la fin de la guerre, Fukuoka revient dans son village natal… où il révise sa méthode du non-agir. L’agriculture sauvage existe pour toujours comme source de l’agriculture. Un seul pas qui s’écarte de la source peut être ne peut être qu’un pas qui s’égare. Pour lui, l’humanité ne connaît pas la nature, elle ne sait rien ! La compréhension de la nature dépasse de loin la portée de l’intelligence humaine.

« Dans la mesure où les arbres s’éloignent de leur forme naturelle, la taille et destruction des insectes deviennent nécessaires. De la même manière, dans la mesure où la société humaine se détache d’une vie proche de la nature, l’éducation devient nécessaire. ».

« Quand elles poussent selon la forme naturelle, les branches s’étalent alternativement depuis le tronc et les feuilles reçoivent uniformément la lumière du soleil. Si cet ordre naturel est brisé, les branches entrent en conflit et les feuilles dépérissent aux endroits où le soleil ne peut pénétrer. Les dommages causés par les insectes se développent et si l’arbre n’est pas taillé l’année suivante, l’arbre dépérira. »

« Si on plante un arbre avec soin et si on lui permet de suivre la forme naturelle depuis le début, il n’est pas nécessaire de le tailler ni de le pulvériser ».

« Les êtres humains font quelque chose de mal avec leurs tripatouillages, laissent non réparés les dommages et quand les résultats défavorables s’accumulent, ils travaillent de toutes leurs forces à les réparer. Quand les réparations paraissent réussies, ils en viennent à prendre ces mesures pour de splendides réalisations… C’est la même chose avec le savant. Il se plonge dans les livres nuit et jour, fatigant ses yeux et devenant myope, et si vous lui demandez sur quoi il a bien pu travailler pendant tout ce temps, c’est pour devenir l’inventeur des lunettes de correction de sa myopie ! »

 

LES PRINCIPES DE L’AGRICULTURE SAUVAGE

  1. CULTURE – Ne pas cultiver, c’est à dire, ne pas labourer ou retourner la terre. Elle se cultive elle-même par la pénétration des racines des plantes et l’activité des micro-organismes et vers de terre. Des mesures douces comme répandre de la paille et semer du trèfle maintient ou fait revenir l’équilibre naturel de la nature.
  1. FERTILITE – Pas de compost préparé ou de fertilisant chimique. La fertilité de la nature dépasse tout ce que l’on peut imaginer ! Le sol entretient naturellement sa fertilité en accord avec le cycle ordonné de la vie des plantes et des animaux. En utilisant de la paille, de l’engrais vert et un peu de fumier, vous pouvez obtenir de hauts rendements sans ajouter de compost ou de fertilisant du commerce.
  1. HERBER – Ne pas désherber avec des herbicides. Les mauvaises herbes jouent leur rôle dans la construction de la fertilité du sol et dans l’équilibre de la communauté biologique. En désherbant « mal », l’agriculteur sème les graines de sa propre infortune ! Pailler après la moisson et couper court à la germination des mauvaises herbes aide à agir naturellement.
  1. CONTROLE DES MALADIES – Pas de produits chimiques ! L’utilisation de produits chimiques prépare les conditions par lesquelles cette peur non fondée peut devenir réalité. La nature laissée seule est en parfait équilibre avec elle-même. Les insectes nuisibles et les maladies des plantes n’atteignent jamais une importance qui nécessite l’utilisation de poisons chimiques. Rien de tel que de faire pousser des récoltes vigoureuses dans un environnement sain pour vaincre les maladies et les insectes.

Ces 4 principes de l’agriculture sauvage obéissent à l’ordre naturel et conduisent au réapprovisionnement de la richesse naturelle. Il n’y pas de méthode plus avisée en agriculture que la voie d’une saine amélioration du sol.

Dans le Japon ancien la méthode pour faire pousser les légumes se mêlait au mode de vie naturel. Les enfants jouaient sous les arbres fruitiers du potager, les cochons mangeaient les déchets de la cuisine et piétinaient en rond. Le paysan semait dans la terre riche. Les légumes grandissaient avec les vers et les insectes. Les poulets picoraient les vers et pondaient leurs œufs pour les enfants. On prévenait les maladies des plantes en faisant pousser les récoltes traditionnelles au bon moment, en conservant le sol en bonne santé par le retour de tous les résidus organiques en pratiquant la rotation des cultures. Les nuisibles étaient ôtés à la main ou picorés par les poulets.

Le point important est de semer au bon moment :

  • Pour les légumes de printemps : quand les mauvaises herbes d’hiver commencent à mourir et juste avant que les mauvaises herbes de printemps ne germent.
  • Pour les semailles d’automne, les graines doivent être semées quand les herbes d’été se fanent et avant l’apparition des mauvaises herbes d’hiver.
  • Si possible avant une pluie qui a des chances de durer
  • Pas la peine d’enfoncer les graines : couvrir des mauvaises herbes que vous avez coupées pour servir de mulch et les cacher des oiseaux
  • Jetez simplement les graines : les lignes sont trop faciles à dévorer pour les insectes
  • Envelopper les graines (trempées dans de l’eau pendant deux jours) de carotte et épinards dans de petites boulettes d’argiles pour germer plus rapidement
  • Semer le trèfle tard en été ou en automne ou au début du printemps. Une fois qu’il aura pris, il ne faudra plus en ressemer avant 5 ou 6 ans

 

LES PRINCIPES DE L’AGRICULTURE SAUVAGE

La qualité de l’environnement et la contamination de la nourriture qui en résulte est inquiétante. Dans la mesure où chacun ne transforme pas fondamentalement sa conscience, la pollution ne cessera pas.   Elle ne fera qu’empirer jusqu’à ce que la foi dans les grosses solutions technologiques soit renversée.

Le bon sens devrait nous faire réaliser que l’homme ne peut pas améliorer les fruits et légumes poussés naturellement. Le produit poussé d’une manière non-naturelle satisfait les désirs passagers des gens mais affaiblit le corps humain, altère sa chimie de telle sorte qu’il est dépendant de ces aliments. Les suppléments de vitamines et médicaments deviennent nécessaires. Une situation qui ne crée que fatigue à l’agriculteur et souffrance au consommateur.

Nourriture et médecine ne sont pas deux choses différentes : c’est l’endroit et l’envers d’un seul corps. Les légumes « sauvages » qui poussent dans leur sol, disposent d’une nourriture plus équilibrée en substances nutritives et possèdent une saveur plus riche.   Les personnes qui se nourrissent simplement et localement ont besoin de faire moins de travail et utilisent moins de terre que ceux qui ont un appétit de luxe. Si nous avons une crise alimentaire elle ne sera pas due à l’insuffisance du pouvoir productif de la nature mais à l’extravagance du désir humain.

Un ministre de l’Agriculture ne comprend pas la relation entre ce qui pousse dans le champs et l’alimentation des gens. Une politique agricole logique est impossible. Avant la guerre, 70 % du peuple japonais était paysan. L’intention du Ministre de L’agriculture est de conserver moins de 10 % d’agriculteurs.   Or si 100 % des gens étaient agriculteurs ce serait idéal, ce serait le chemin le plus direct pour faire de notre pays une terre heureuse et agréable. « Sers uniquement la nature et tout ira bien ! ». Le but ultime de l’agriculture n’est pas de faire pousser des récoltes mais la culture et l’accomplissement des êtres humains.

 

UNE PRISE DE CONSCIENCE SPIRITUELLE

Si les gens se procuraient leur alimentation par leur non-intellect, ils arriveraient à une alimentation parfaitement naturelle. Choisir les aliments de saison sur son territoire immédiat, accepter ce que procure la nature apporte goût et santé. Une alimentation naturelle gît à vos pieds ! Le médecin prend soin des malades et la nature prend soin des bien-portants !

L’homme moderne a perdu la clarté de son instinct. Il est parti à la recherche de la diversité des goûts et ainsi désordonné son alimentation. L’assaisonnement fort de la nourriture et les techniques culinaires compliquées a encore augmenté la confusion. Pour l’homme moderne, les aliments ont bon goût parce que son goût a été conditionné à l’idée qu’ils ont bon goût. Il mange avec sa tête et non son corps. Les gens ont rejeté une nourriture naturelle pour la remplacer par une nourriture raffinée, non naturelle.   Une telle nourriture n’est pas le produit d’une vraie culture. La nourriture est vie et la vie ne doit pas s’écarter de la nature.

Nous sommes passé d’une alimentation saine fournie par la nature, à une alimentation scientifique et standard dont le but est de maintenir le corps en vie. Maintenant, nous sommes passé à une alimentation, laxiste se conformant à nos caprices, séparée de la nature qui ne peut que nous rendre malade.

 

CREER UN MOUVEMENT, PAS QUELQUE CHOSE

Plus la société se développe, plus les problèmes surgissent. La misère croissante de la nature, l’épuisement des ressources, le malaise de l’esprit humain sont la conséquence de l’essai de l’humanité d’accomplir quelque chose. A l’origine, il n’y avait aucune raison de progresser, et rien qui dut être fait. Aujourd’hui, nous en sommes à devoir créer un mouvement et non de créer quelque chose.

« On dit qu’Einstein reçut le Prix Nobel de physique en l’honneur de l’incompréhensibilité de sa théorie de la relativité. Si sa théorie avait clairement expliqué le phénomène de la relativité dans le monde et avait ainsi libéré l’humanité des limites temps et d’espace, amenant un monde plus plaisant et plus paisible, elle eut été digne d’éloge. Son explication est toutefois déroutante et a poussé les gens à penser que le monde est complexe au-delà de toute compréhension. On aurait dû au contraire lui décerner un procès-verbal pur dérangement de la paix de l’esprit humain ».