La puissance de la joie

La puissance de la Joie - Frédéric Lenoir

La puissance de la joie

Frédéric LENOIR

Synthèse & Résumé Acheter en ligne
A propos du livre

La joie est selon Frédéric Lenoir, un devoir et une des expériences les plus désirables qui soit et qui se travaille. Frédéric Lenoir nous initie, grâce à la philosophie, à la sagesse de la joie celle qui assume toutes expériences de l’existence, qu’elles soient heureuses ou malheureuses.  Elle nous apprend à accepter ce qui est car il n’y a rien d’autre à faire pour se sentir relier à la puissance vitale.  Véritable chemin de sagesse : une voie de libération et d’amour, prônée par Jésus, Montaigne ou Spinoza, qui repose sur la lucidité, la connaissance de soi, la conversion du désir, le détachement, la souplesse, le lâcher-prise, l’engagement dans la société, le consentement à toute la vie.  Vivre la Joie est le meilleur engagement qui nous invite à nous transformer nous-mêmes, à convertir nos passions en actions, et dont la puissance est salvatrice !

« L’effet de la sagesse, c’est une joie continue ». SENEQUE

La joie est une voie de sagesse

Voici l’histoire d’un vieil homme qui était assis à l’entrée d’une ville. Un étranger venu de loin lui demande : « Je ne connais pas cette cité. Comment sont les gens qui vivent ici ? ». Le vieil homme lui demande : « Comment sont les habitants de la ville d’où tu viens ? ». « Egoïstes et méchants, lui dit l’étranger. C’est pour cette raison que je suis parti. » « Tu trouveras les mêmes ici », dit le vieillard. Plus tard, un autre étranger s’approche du vieil homme et demande : « Dis moi, je viens de loin. Comment sont le gens qui vivent ici ». Le vieil homme lui demande : « Comment sont les habitants d’où tu viens ? » « Bons et accueillants lui dit l’étranger. J’avais de nombreux amis et j’ai eu de la peine à les quitter »… « Tu trouveras les mêmes ici. » répondit le vieil homme. Un homme qui avait tout entendu demanda au vieillard de lui expliquer ses réponses : « Chacun porte son univers dans son cœur. Un homme heureux le sera partout, un homme malheureux le sera partout aussi. ».

 

 

 

 

 

 

 

Biographie de l'auteur
Frédéric Lenoir
Frédéric Lenoir est né le 3 juin 1962 à Madagascar.  Il est philosophe, sociologue, conférencier, écrivain, romancier, auteur de théâtre. Passionné dès l'adolescence pour la littérature, la philosophie, la pensée de Jung et les questions religieuses, il entreprend des études de philosophie. Il mène ensuite une quête spirituelle en Inde, en Israël et dans des monastères en France. Il a travaillé aux éditions Fayard avant de commencer à écrire et de réaliser une thèse sur le bouddhisme en Occident. Il est chercheur associé à l'École des hautes études en sciences sociales depuis 1991. Il est coproducteur et animateur de l'émission « Les racines du ciel » consacrée à la spiritualité sur France Culture depuis 2009. Auteur d'une quarantaine d'ouvrages, ses livres, qui rencontrent un vif succès, sont traduits en plus de vingt langues.  La puissance de la joie est son dernier livre, sorti en 2016.
Liens Synthèse & résumé

« L’effet de la sagesse, c’est une joie continue ». SENEQUE

I. LE PLAISIR, LE BONHEUR, LA JOIE

Le plaisir est lié à une stimulation extérieure qu’il faut sans cesse renouveler pour se sentir satisfait dans l’immédiat. Par contre, le bonheur est une satisfaction durable qui dépasse la caractère éphémère et ambivalent du plaisir. Il n’y a pas de bonheur sans plaisirs, mais pour être heureux, il nous faut apprendre à les discerner et les modérer. Le bonheur demande du travail, il se construit.

Voici l’histoire d’un vieil homme qui était assis à l’entrée d’une ville. Un étranger venu de loin lui demande : « Je ne connais pas cette cité. Comment sont les gens qui vivent ici ? ». Le vieil homme lui demande : « Comment sont les habitants de la ville d’où tu viens ? ». « Egoïstes et méchants, lui dit l’étranger. C’est pour cette raison que je suis parti. » « Tu trouveras les mêmes ici », dit le vieillard. Plus tard, un autre étranger s’approche du vieil homme et demande : « Dis moi, je viens de loin. Comment sont le gens qui vivent ici ». Le vieil homme lui demande : « Comment sont les habitants d’où tu viens ? » « Bons et accueillants lui dit l’étranger. J’avais de nombreux amis et j’ai eu de la peine à les quitter »… « Tu trouveras les mêmes ici. » répondit le vieil homme. Un homme qui avait tout entendu demanda au vieillard de lui expliquer ses réponses : « Chacun porte son univers dans son cœur. Un homme heureux le sera partout, un homme malheureux le sera partout aussi. ».

II. LES PHILOSOPHES DE LA JOIE

Pour atteindre le bonheur, le philosophe Epicure préconise la modération. Aristote insiste sur l’importance du discernement qui donne accès à la vertu, condition du bonheur. Bouddha insiste sur la voie du milieu, tempérance et équilibre. La sagesse amène le bonheur qui consiste à aimer la vie telle qu’elle est.
La joie est une affirmation de notre puissance vitale plus intense que le plaisir et plus concrète que le bonheur. Elle est le moyen que nous avons de toucher cette force d’exister et de la goûter. La joie nous « tombe dessus », elle est imprévisible et peu contrôlable. Elle a été peu étudiée par les philosophes.

Le premier philosophe de la joie est Montaigne pour qui « il faut étendre la joie et retrancher autant qu’on peut la tristesse » pour être heureux.

Quand à Spinoza, né à Amsterdam en 1632, issu d’une famille juive portugaise exilée pour fuir les persécutions catholiques, il a été vivement combattu pour son refus de s’engager dans n’importe quelle religion pour rester libre dans sa recherche de vérité. Son œuvre « L’éthique » est une philosophie de la joie qu’il définit comme « un passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection. » Il distingue les joies passives, que sont les passions, des joies actives, infiniment plus durables, profondes et vraies. La béatitude ou la joie permanente est celle à laquelle on accède lorsqu’on s’est libéré de la servitude des passions.

Pour Nietzsche, né en Prusse en 1844, féroce critique des religions « théologies de la tristesse », la joie est le critère éthique qui valide l’action humaine. La joie est la puissance de vie sur laquelle il faut s’appuyer. La joie se travaille : il s’agit de reconnaître les multiples sources de joie en soi et de les faire croître. La joie est la capacité de dire « oui » totalement à la vie pour en faire une œuvre d’art.

III. LAISSER FLEURIR LA JOIE

La joie ne se commande pas, elle s’invite et se cultive. L’attention, la présence, la méditation, la confiance, l’ouverture du cœur, la bienveillance, la gratuité, la gratitude, la persévérance dans l’effort, le lâcher-prise, la jouissance du corps sont autant de moyens de favoriser l’émergence de la joie.

IV. DEVENIR SOI

Le processus d’individuation est un travail de déliaison, un travail d’introspection pour se connaître avec lucidité afin de mener une vie conforme à notre nature profonde. Pour vivre dans la joie, selon Spinoza, il faut être libéré de ses tyrans intérieurs, de ses propres passions ou joies passives, ses servitudes pour pourvoir orienter son désir propre et être parfaitement autonome. « On ne naît pas libre, on le devient ». C’est ce travail d’individuation et de connaissance de soi qui va permettre la libération de la servitude et à l’individu d’être alors plus que jamais utile aux autres et capable d’aimer de manière juste.

V. S’ACCORDER AU MONDE

Aimer une personne consiste à la laisser respirer, à vouloir son autonomie, à l’accepter pour ce qu’elle est. Le désir de posséder étouffe et pollue l’amour au lieu de le nourrir. Les relations justes sont celles qui entretiennent la flamme de la joie. Aimer sans rien attendre en retour c’est accroître sa joie en donnant. Aimer la nature, les animaux c’est aussi s’inscrire dans la ronde de la vie, s’accorder au monde et se sentir en harmonie avec tout ce qui nous entoure. Pour Planton, Aristote et Plantin, l’esprit est fait pour contempler, pour se laisser émouvoir par ce qui nous dépasse et nous transcende.

VI. LA JOIE PARFAITE

L’ego et le mental accompagnent la construction de notre personnalité car ils sont nécessaires pour survivre et dépasser les obstacles de l’existence. Petit à petit, nous nous identifions complètement à notre ego. Le mental et l’ego seront toujours présents mais pour retrouver ces joies actives dont parle Spinoza, il nous faut cheminer pour être conduit à la libération d’un soi identifié à l’ego. Nous sommes bien plus que notre ego. Dieu n’existe pas hors du monde mais il est en tout. La dualité n’a plus lieu d’être… C’est chaque pas qui nous libère de notre ego qui nous ouvre le cœur et agrandit la puissance de notre joie, voire une joie parfaite, celle de l’enfance retrouvée, celle du consentement, de l’acceptation de ce qui est.

VII. LA JOIE DE VIVRE

L’enfant éprouve une joie immédiate et naturelle. Au fur et à mesure de la construction de son ego, cette joie spontanée va disparaître car il va connaître la peur de perdre. Dans les bidonvilles où les gens n’ont rien, la joie de vivre est bien plus forte qu’en Occident où nous passons notre temps à se demander ce qui va nous rendre heureux. Cette frustration permanente qui fait tourner l’économie et la croissance nous a fait cacher cette simple joie de vivre sous un tas de cailloux… Mais lorsque nous progressons, que nous réapprenons à dire oui à la vie, à lâcher le mental, une pierre se déplace et un jet de joie jaillit… La joie de vivre réside dans la force du consentement. Bonheur et malheur sont frères jumeaux qui grandissent ensemble ou demeurent petits ensemble : les plus grandes persévérances dans l’adversité donnent les plus grandes joies !

CONCLUSION

Il existe 2 chemins de sagesse. Le premier vise la sérénité, c’est celui auquel aspirent les épicuriens, les stoïciens, les bouddhistes. C’est un chemin ascétique qui vise l’absence de souffrances et de troubles. Le deuxième chemin de sagesse est celui de la joie. La sagesse de la joie qui vise la joie parfaite, est une voie de libération et d’amour. C’est la voie prônée par Jésus, Montaigne ou Spinoza. Une voie qui repose sur la lucidité, la connaissance de soi, la conversion du désir, le détachement, la souplesse, le lâcher-prise, l’engagement dans la société, le consentement à toute la vie.
Le meilleur engagement nous invite à nous transformer nous-mêmes, à convertir nos passions en actions, à passer des joies passives aux joies actives dont la puissance est salvatrice !