Effondrement

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Jared DIAMOND

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A propos du livre

« Effondrement » de Jared Diamond, écrit en 2006, reste un rappel très riche sur la disparition de civilisations, de sociétés, d’hommes et de femmes qui les composaient, en un laps de temps, une étincelle à l’échelle de l’histoire.  Ce  livre  de près de 650 pages, est  passionnant : le mystère de l’Ile de Pâques, l’histoire des épopées Vikings et de leur disparition, la façon dont le Japon a réussi à survivre, la prise de conscience de la Chine face à une pollution catastrophique…  L’intérêt du livre est évidemment de parvenir à dégager les facteurs précis qui ont entraîné les effondrements ou non :  problèmes environnementaux, changements climatiques, relations hostiles de voisinage, relations d’échange, réponses apportées à ces problèmes par les sociétés. Il n’y a pas de catastrophe inévitable mais les hommes ont une capacité d’action déterminante sur la pérennité de leurs sociétés.

« Nous avons aujourd’hui l’intelligence du temps et de l’espace d’hier à aujourd’hui, c’est notre chance, dont aucune société passée n’a bénéficié à un tel degré. J’ai écrit ce livre avec l‘espoir de contribuer à ce qu’un nombre suffisant de contemporains saisissent cette chance et fassent la différence. » Jared Diamond

Comprendre les causes d’un effondrement

Le passé est une banque de données dans laquelle nous pouvons puiser pour aller de l’avant. Etudier le passé des sociétés qui étaient autrefois si puissantes et qui ont fini par disparaître ou qui ont réussi à surmonter leurs problèmes, nous fournira des indications précieuses sur notre situation actuelle du risque d’un effondrement mondial.  Selon Jared Diamond, il n’existe aucun cas dans lequel l’effondrement d’une société ne serait dû qu’aux seuls dommages écologiques. Il distingue 5 autres facteurs pour prendre en considération un effondrement et ce pour pouvoir agir anticipativement lorsque c’est encore possible.

Dommages environnementaux
Changement climatique
Voisins hostiles
Partenaires commerciaux amicaux
Réponses apportées par une société à ses problèmes environnementaux

 

 

Biographie de l'auteur
Jared Diamond est né le 10 septembre 1937 aux Etats-Unis. Il est biologiste de l’évolution, physiologiste et géonomiste. Il enseigne la géographie à l’université de Californie à Los Angeles. En 2000, il a publié « Le Troisième chimpanzé », ensuite « De l’intégralité parmi les sociétés ». « Effondrement » est sorti en 2005 et a reçu en 2007 le Prix du livre sur l’environnement décerné par la fondation Veolia Environnement.
Synthèse & résumé

Le passé est une banque de données dans laquelle nous pouvons puiser pour aller de l’avant. Etudier le passé des sociétés qui étaient autrefois si puissantes et qui ont fini par disparaître ou qui ont réussi à surmonter leurs problèmes, nous fournira des indications précieuses sur notre situation actuelle du risque d’un effondrement mondial.

Selon Jared Diamond, il n’existe aucun cas dans lequel l’effondrement d’une société ne serait dû qu’aux seuls dommages écologiques. Il distingue 5 autres facteurs pour prendre en considération un effondrement :

  1. Dommages environnementaux
  2. Changement climatique
  3. Voisins hostiles
  4. Partenaires commerciaux amicaux
  5. Réponses apportées par une société à ses problèmes environnementaux

 

 

I. LE MONTANA CONTEMPORAIN

Exemple d’une société du monde industrialisé dont les problèmes sont ceux que connaissent la plupart des autres pays développés mais fortement atténués.

Le Montana, un des états le mieux préservé du pays le plus riche du monde, connaît lui aussi des problèmes environnementaux. La quasi totalité des problèmes environnementaux qui ont ébranlé les sociétés préindustrielles se posent à leur tour au Montana : déchets toxiques, exploitation forestière et destruction des forêts par le feu, pollution des sols et des eaux, réduction de la biodiversité, introduction d’espèces toxiques, pêche excessive et désordonnée, fertilisants, augmentation de la population dus à de nouveaux immigrants qui font flamber les prix… Un des états les plus riches il y a quelques années est devenu aujourd’hui un des plus pauvres. Si le Montana était une île coupée du monde, sa société se serait déjà effondrée car elle entièrement dépendante de l’extérieur.

 

II. LES SOCIETES DU PASSE

 

1. L’île de Pâques

L’lle de Pâques, grande de 171 km2, est la parcelle de terre la plus isolée du monde. Elle a été découverte en 1722 le jour de Pâques par un hollandais, Jacobs Roggeveen, où il fut accueilli par quelques Polynésiens. Sur l’île, il n’y avait plus un seul arbre et plus aucune espèce animale autre que le poulet domestique. La quantité et la taille des statues suffisaient à indiquer que la population avait été bien plus nombreuse… Comment ces Polynésiens avaient-ils réussi un jour à accoster sur cette île et comment avaient-ils réussi à transporter et ériger des statues de près de 10 mètres et dont le poids était proportionnel à la taille au seul moyen de la force humaine ? Indiscutablement, un désastre écologique était advenu dans l’isolement le plus complet sur cette île qui aurait pu être un paradis miniature.

La colonisation de l’île de Pâques s’est faite vers l’an 900 par des Polynésiens bien préparés qui ont transporté dans leurs pirogues tous les produits dont ils pensaient avoir besoin pour leur survie. En raison de son isolement, l’île manquait de poissons et d’eau potable. Les Pascuans vivaient de l’agriculture et s’alimentaient essentiellement de poulet et de jus de canne à sucre. Pour faire obstacle au vent, les Pascuans ont construit des brise-vent requérant le déplacement de millions de pierres. L’île était divisée en 12 territoires, chacun possédant entre une et cinq plates-formes sur lesquelles étaient érigées les statues. Sur le sommet de certaines statues, mesurant en moyenne 10 mètres de hauteur, était posé en équilibre une pierre cylindrique de douze tonnes. Le mystère de savoir comment avaient été posés ces blocs amena les plus sérieux savants à évoquer l’intervention d’extraterrestres. L’île, aujourd’hui stérile, était une forêt subtropicale constituée de grands arbres et de taillis qui ont servi à acheminer les pierres et à fabriquer de la corde pour leur remorquage. Dans tous les cas ce travail nécessitait une population bien nourrie.  .. Les quelques rares poissons se firent plus rares encore, les oiseaux de mer disparurent, les fruits des arbres n’existaient plus, et les rats se multiplièrent. Le bois commença à manquer pour ériger les statues mais aussi pour faire à manger, pour se chauffer. Les conséquences furent la famine, une chute démographique dramatique qui firent tomber la population dans le cannibalisme. Les clans commencèrent à se monter les contre les autres à renverser les statues de leur rivaux… En 1888, l’île de Pâques qui comptait encore une centaine de Pascuans fut annexée par le Chili. Ce n’est pas le changement climatique qui a causé l’effondrement de l’île. L’île de Pâques était tout aussi isolée dans l’océan, que ne l’est la terre dans l’espace : les Pascuans n’avaient nulle part où aller, ni personne vers qui se tourner pour obtenir de l’aide, et il en sera exactement ainsi, pour nous Terriens, si les problèmes continuent de s’aggraver.

 

2. Les Iles de Pitcairn et d’Henderson 

Pitcairn et Henderson sont les îles les plus inaccessibles du monde. Jadis, ces îles étaient de véritables petits paradis terrestres où vivait une population relativement importante et autonome. Les 3 îles avaient été colonisées vers 800 après J.C. au moment de l’expansion polynésienne. Si les manques de chacune étaient comblés par les surplus des autres, Mangareva était la condition de survie des deux autres. Ces 3 îles constituent le meilleur exemple d’un effondrement provoqué par la chute d’un partenaire commercial, Mangareva, victime elle-même de dommages écologiques. La déforestation sur Mangareva fut telle que la population trop importante pour les faibles quantités de nourriture disponibles fut progressivement amenée à pratiquer le cannibalisme. Les îles Henderson puis de Pitcairn, n’étant plus approvisionnées par Mangareva finirent elles aussi par disparaître. Le rôle essentiel de Mangareva pour Pitcairn et Henderson n’est pas sans rappeler les dangers de la mondialisation croissante et l’interdépendance économique qui se renforce à travers le monde.

 

3. Les Anasazis

 La civilisation des Anasazis au sud-ouest américain vivait au 12ième siècle après J.-C. C’était une civilisation qui connaissait l’écriture et qui s’était structurée en de complexes sociétés agraires dans un environnement fragile et difficile. Les Anasazis se heurtèrent à deux problèmes majeurs : la gestion de l’eau et la déforestation. La population continuait cependant d’augmenter. Le cerf se fit plus rare pour être remplacé par du petit gibier, puis par des rats, des souris… des hommes.  Les causes principales de la disparition des Anasazis sont les changements climatiques (sécheresse) et l’action humaine sur l’environnement. Cette tragédie ne doit pas nous faire oublier que les conditions peuvent fluctuer et qu’il faudrait se montrer capable d’anticiper le moment où la conjoncture se retournera qui ne laissera que deux alternatives : la réduction drastique de notre mode de vie ou l’effondrement.

 

4. L’effondrement des Mayas

 La civilisation la plus avancée du Nouveau Monde avant l’arrivée des Européens, est celle des Mayas. En 1527, les Espagnols commencèrent à envahir les Mayas. L’évêque, Diego de Landa , brûla tous les manuscrits mayas qu’il put trouver. La tragédie des Mayas prouve que même les sociétés les plus avancées et les plus créatives peuvent s’effondrer. Les Mayas connurent deux effondrements. Le premier, en 800 après J.-C. Le peuple Maya était un peuple doux et pacifique, qui se nourrissait à 70% de maïs. Il y avait peu d’animaux sur ces terres. Ainsi, lorsqu’ils furent agressés par des ennemis, les mayas manquaient de protéines dans leur régime et d’animaux de trait qui les auraient aider à affronter l’ennemi l les mayas connurent des sècheresses successives et une partie de la population est morte de faim ou de soif. Le deuxième effondrement est la conséquence des dégâts causés à l’environnement, de la déforestation, des changements climatiques, des rapports hostiles avec les voisins, les facteurs politiques et des rois préoccupés par leur pouvoir personnel. L’exemple des rois mayas extrêmement passifs face aux menaces bien réelles pesant sur leur société fut le choc qui causa l’effondrement final.

 

5. Les Vikings

Les Vikings, des scandinaves parti explorer le nord de l’Atlantique, ont terrorisé l’Europe pendant plusieurs siècles. Le Groenland fut colonisé par les Vikings en 980 et resta pendant 450 ans l’avant-poste le plus lointain de l’Europe. Lors de leur arrivée au Groenland, les Vikings rencontrèrent un autre peuple, les Inuits qui connaissaient les solutions aux problèmes écologiques posés par ce pays soumis à des conditions extrêmement difficiles : tempêtes, pluies irrégulières, changements climatiques imprévisibles, manque de ressources alimentaires… Le Groenland, fortement communautaire, uni par la religion catholique, et plus européenne que n’importe quel autre pays d’Europe, considérait les Inuits avec mépris et continuèrent à se raccrocher à des valeurs devenues inappropriées. Face à un revirement climatique particulièrement rude, les Vikings ne purent s’adapter et finirent par mourir de faim.

 

6. Les sociétés qui assurent leur pérennité : par le bas ou par le haut

Heureusement, il existe des sociétés anciennes qui surent faire face à leurs problèmes écologiques. Par deux manières : bottom-up ou top-down.

  • Bottom-up : L’ensemble des habitants œuvre à la résolution des problèmes. Ils partagent une identité commune et ont tous conscience des intérêts communs. Ce sont les exemples de la Nouvelle Guinée et de Tikopia.
  • La Nouvelle Guinée, cette grande île, qui s’étend au nord de l’Australie, vit en autosuffisance depuis près de 46.000 ans dans un primitivisme trompeur. L’agriculture existe depuis près de 7000 ans. Ce pays dut affronter une grave déforestation causée par l’augmentation de la population : pénurie de combustibles, appauvrissement des terres. Ce problème fut géré de main de maître par une gestion draconienne des naissances acceptée par l’ensemble de la société.
  • Tikopia, est une île minuscule habitée depuis près de 3000 ans avec 300 habitants au km2. La condition de survie de cette île est que la densité de la population n’augmente pas ce à quoi œuvre toute la communauté.
  • Top-down : Une société trop nombreuse pour que chaque habitant puisse connaître tout l’archipel a besoin d’un chef qui lui connaît l’ensemble de l’archipel. Comme c’est le cas du Japon.
  • Au 16ième siècle, la déforestation fut le principal élément de la crise écologique et démographique qui s’abattit sur le Japon. En 1550, un quart de la superficie du Japon avait été déboisée en quelques décennies. Pour permettre la construction des prestigieuses et gigantesques maisons des chefs, la construction des navires, la reconstruction des bâtiments qui avaient brûlé à l’occasion d’énormes incendies, des forêts entières étaient dévastées. En 1603, le premier Shogun de l’ère Tokugawa, s’installa à d’Edo (Tokyo). L’empereur, dont le pouvoir était représentatif, habitait l’ancienne capitale, Kyoto. Les Shoguns administrèrent la gestion du bois avec une précision exemplaire. Ils imposaient un inventaire extrêmement précis de chaque forêt à l’arbuste près… Si bien qu’à la fin du 18ième siècle, le recul de la production de bois fut inversée. Le Japon, du fait de son isolement, ne pouvait compter que sur ses propres ressources. Leurs dirigeants surent anticiper les crises suffisamment tôt pour changer le cours de l’histoire de leur pays.

 

III. LES SOCIETES CONTEMPORAINES

 

 

7. Le génocide du Rwanda 

Le Burundi et le Rwanda sont les deux pays d’Afrique du monde qui ont la population la plus dense et qui sont les plus peuplés. Les Hutus, plutôt cultivateurs, représentaient à l’origine 85 % de la population, alors que les Tutsis, plutôt éleveurs, représentaient 15 % de la population. Avant l’arrivée des allemands et puis des belges (1916), Hutus et Tutsis s’entendaient parfaitement et n’avaient pas conscience de leurs différences jusqu’au moment où les Belges ont introduit les cartes d’identité. En 1962, les deux pays acquièrent l’indépendance et Tutsis et Hutus se massacrèrent mutuellement dans un bain de sang sans précédent. Le génocide du Rwanda en 1994 a résulté du choix délibéré fait par une élite moderne d’attiser la haine et la peur afin de rester au pouvoir plutôt que d’instituer un planning familial efficace ou d’introduire des pratiques agricoles plus modernes. « La croissance démographique, les dommages environnementaux et les changements climatiques constituèrent la charge de dynamite dont les violences ethniques ne furent que la mèche ».

 

8. La République dominicaine et Haïti 

Ces deux pays forment la même île. Ils sont tous les 2 parmi les pays les plus pauvres du monde. Ils ont tous les deux des gouvernements corrompus, sont surpeuplés, sont envahis par le Sida, la malaria… Mais malgré ces similitudes, il existe des différences frappantes. Haïti était une colonie de la France riche et la République dominicaine était la colonie d’une Espagne en déclin. La France importait bien plus d’esclaves que l’Espagne. Haïti eut rapidement un population sept fois plus importante. En Haïti, il pleut nettement moins qu’en République dominicaine… la déforestation fut plus rapide avec les conséquences que l’on connaît. Le président de la République dominicaine sut prendre les leçons de ce qui se passait chez son voisin. Il interdit l’abattage des arbres, la chasse, obligea les industries à traiter ses déchets, s’opposa aux projets de route, d’aéroport géant, d’un barrage. Il avait compris que l’impact humain par habitant est bien plus grave que l’augmentation de la population en elle-même. Si aujourd’hui, la République dominicaine reste très pauvre, plus d’un million de Haïtiens travaillent en République dominicaine. Du coup, un million de Dominicains sont partis à l’étranger. Le parallèle est fort avec la situation des immigrés aux Etats-Unis venus d’Amérique Latine. Que Haïti résolve ses problèmes est de l’intérêt vital de la République Dominicaine, de même qu’il est vital pour les Etats-Unis que l’Amérique latine résolve les siens…

 

9. La Chine, géant qui titube 

La Chine, le troisième plus grand pays du monde et le plus peuplé au monde, connaît les problèmes environnementaux les plus graves, qui ne cessent d’empirer. Les problèmes de la Chine sont devenus les problèmes de toute la communauté internationale. En 50 ans, la superficie des villes a été multipliée par 7, le nombre des villes par 5.   L’objectif de la Chine étant de devenir une des économies les plus puissantes, elle est devenue le plus gros consommateur de charbon, d’engrais, de pesticides, de pétrole et de déchets ! Un monde enseveli sous les ordures préfigure l’avenir de la Chine. La fréquence, le nombre et l’étendue de ces catastrophes naturelles se sont fortement accrues à mesure que de l’impact humain augmentait. Aujourd’hui, la Chine titube entre les dégâts accélérés sur l’environnement et une protection accélérée de celui-ci. La force de la Chine est sa capacité à mettre en place des mesures audacieuses et à les imposer à l’ensemble de sa population. Espérons qu’en matière d’environnement, elle puisse être aussi efficace que pour limiter l’augmentation de sa population avec son drastique planning familial.

 

10. L’Australie minière

L’Australie a une population bien formée, un niveau de vie élevé, des politiques honnêtes… Par contre, elle est exacerbée par les changements climatiques imprévisibles, des grands déserts, un manque crucial d’eau, des sols peu fertiles avec pour conséquence des eaux peu productives pour la pêche. L’introduction des lapins et des renards a causé des désastres considérables. Les moutons qui mangeaient trop de pâturages ont été remplacés par les kangourous qui se sont reproduits à profusion. Certaines espèces de plantes, introduites à tort, ont détruit de manière drastique la végétation. Même si ce ne sont pas toujours les bonnes décisions qui ont été prises, le gouvernement est conscient de ses problèmes environnementaux et réagit en conséquence. L’Australie illustre sous une forme extrême la course en accélération exponentielle dans laquelle le monde se trouve désormais engagé et laisse espérer que dans le reste du monde, il en aille de même pour le souci dont l’opinion fait montre pour l’environnement et pour la prise de mesures privées et publiques.

 

« Nous avons aujourd’hui l’intelligence du temps et de l’espace d’hier à aujourd’hui, c’est notre chance, dont aucune société passée n’a bénéficié à un tel degré. J’ai écrit ce livre avec l‘espoir de contribuer à ce qu’un nombre suffisant de contemporains saisissent cette chance et fassent la différence. » Jared Diamond

 

 

Laurence de Vestel – Octobre 2015 – © Oltome.com