Demain : un nouveau monde en marche

Demain Cyril Dion

Demain : un nouveau monde en marche

Cyril DION

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A propos du livre

« Demain » de Cyril Dion, pour tenter de résoudre la crise écologique, aborde le sujet de manière différente : il raconte une histoire qui fait du bien ! En 2012, Cyril Dion tombe sur une étude menée par 22 scientifiques du monde entier qui prédisent la disparition de l’humanité d’ici 2100. Cyril Dion, qui a fondé le mouvement colibri avec Pierre Rabhi quelques années, plutôt réalise l’imminence de la catastrophe. Il décide de partir avec Mélanie Laurent, actrice française, découvrir à quoi notre monde pourrait ressembler si nous mettions en place les meilleures solutions existantes dans l’agriculture, l’énergie, l’économie, l’éducation et la démocratie. Cyril Dion découvre des initiatives fabuleuses et que les solutions sont là ! Un superbe ouvrage qui nous initie à un nouveau projet de société.

Pour construire demain : S’y mettre ensemble et maintenant !

Un grand bouleversement est en train d’avoir lieu. Les solutions sont là. La seule difficulté est de mobiliser davantage de populations pour qu’elles s’y mettent ensemble. De toute manière la révolution tranquille a lieu, avec ou sans vous ! « Les plus grands défis de l’humanité ne sont pas la faim, la pauvreté, le développement durable, la paix, la santé,… mais notre capacité à nous organiser collectivement pour pouvoir les résoudre… » Les solutions sont là !

Laurence de Vestel, décembre 2015 – © Oltome.com

Biographie de l'auteur
Cyril Dion est né en France en 1978 . Il est poète, auteur, réalisateur et activiste. Après avoir suivi une formation d'art dramatique et de médecine naturelle, il s'est reconverti dans l'humanitaire et depuis 2007, il est directeur et co-fondateur de l'ONG Colibris-Mouvement pour la Terre et L'Humanisme (Coopérer pour changer) qui a initié entre 2009 et 2010 en France, plus de 200 projets. Le mouvement Colibri a été fondé par Pierre Rabhi en 2006 : il s'agit d'une plateforme de rencontre ou d'échange pour tous ceux qui veulent agir pour une société plus juste en développant des solutions alternatives.  En 2010, cet homme engagé a co-produit avec Colibris le film de Coline Serreau "Solutions locales pour un désordre global". En 2011, il a créé avec Actes Sud la collection "Domaine du Possible" pour laquelle il est conseiller éditorial. Il est aussi le directeur de la rédaction du magazine Kaizen.  En 2015, il a écrit et co-réalisé avec Mélanie Laurent le film "Demain", qui sortira en salle ce début d'année 2016.
Synthèse & résumé

INTRODUCTION

A la lecture d’une étude très sérieuse publiée par 22 scientifiques du monde entier qui prédissent la fin du monde d’ici 2100, Cyril Dion est bouleversé. Notre croissante virtualisation nous rend coupé du réel et incapables de mettre nos actes en relation avec leurs conséquences que nous ne voyons pas et ne ressentons pas : la souffrance des animaux, l’épuisement de nos ressources, les milliers d’espèces sauvages qui disparaissent. Notre manque d’horizon nous laisse passif, nous n’avons pas envie de faire des efforts pour rien. « Il est difficile de croire qu’une douche plutôt qu’un bain puisse avoir le moindre impact sur l’épuisement de l’eau, alors que 70% de l’eau est utilisée par l’agriculture et l’élevage. » Cyril Dion est parti à Standford rencontrer deux des auteurs de l’étude pour leur demander si nous sommes vraiment au bord de l’effondrement. Oui, nous sommes sur le point de bascule. La planète va devenir un endroit beaucoup moins agréable à vivre : catastrophes naturelles, augmentation de la population, migrations, manque de nourriture, conflits… « Nous sommes la première génération qui ressent l’effet du changement climatique et certainement la dernière à pouvoir y faire quelque chose ».

Que faire ?
. Stabiliser la population mondiale à 10 milliards d’être humains
. Diminuer notre consommation d’énergie
. Remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables
. Changer notre façon de nous nourrir
. Stopper la crise d’extinction des espèces.

Nos cheptels détruisent toute la végétation. Nous épuisons les nappes phréatiques partout pour l’élevage et l’agriculture. La production de riz n’augmente plus nulle part et commence même à stagner voire à diminuer. Pareil pour les productions de blé ou de maïs. Une augmentation de 1° de température équivaudrait à une réduction de 17% de la production de céréales ! Dans les pays pauvres, pour la première fois, des familles se fixent des jours par semaine sans manger car elles ne peuvent plus se le permettre. La crise climatique ne peut être résolue par un ou plusieurs pays : notre futur dépend de notre capacité à travailler ensemble et immédiatement !

« La croissance sans limite… Si vous avez un nénuphar sur un étang, qu’il possède une feuille le premier jour et que chaque jour le nombre de feuilles double et que vous savez que l’étang sera totalement étouffé par les feuilles le 30ième jour, quand l’étang sera-t-il à moitié plein ? Le 29ième jour ! Pendant 29 jours nous pouvons continuer à penser que tout va bien, que nous avons encore du temps devant nous. Et en une journée, tout bascule… »

 

I. Nous nourrir pour ne pas disparaître

 

L’agro-écologie

La transition vers une production équilibrée et écologique est difficile : verrou économique, verrou sociotechnique, verrou culturel et verrou politique. Pourtant, il y a urgence. Rien ne sert de s’obstiner à vouloir augmenter la production lorsque l’on sait que cette attitude contribue à détruire les écosystèmes dont nous dépendons. Nous sommes tout à fait capables avec des techniques agro-écologiques de nourrir l’humanité. L’agro-écologie est l’agriculture de demain, une agriculture capable d’utiliser ses ressources (terre, eau, biomasse) avec efficacité et indépendante des énergies fossiles. L’agro-écologie est une science qui dépend des ressources locales, diffusée de manière horizontale, de proche en proche. Il ne faut pas oublier que ce sont les petits agriculteurs qui sont les plus à même de nourrir l’humanité : aujourd’hui, ils produisent environ 75% de notre nourriture. La transition viendra par le bas si les citoyens le décident !

Agriculture urbaine : Détroit et Todmorden

Cyril Dion se rend à Détroit, ville déserte des Etats-Unis où il était devenu quasi impossible de trouver des produits frais. La junk food régnait sur la ville. (Dans le monde, 1 milliard de personnes souffrent de faim, 1,5 milliards d’individus sont obèses !…) La société Greening a mis en place un programme pour développer l’agriculture urbaine dans 3 lieux de la ville. Aujourd’hui, les jardins de Détroit ne produisent que du bio. Les habitants en ont eu assez d’attendre qu’on vienne les sauver car personne ne serait venu les sauver. Ils ont réussi à créer une véritable souveraineté alimentaire où la majorité des fruits et légumes sont cultivés dans les limites de la ville, par les habitants et pour les habitants. Détroit est la ville de résilience par excellence qui a su renaître de ses cendres !

A Todmorden, une ville du Yorkshire, de 14000 habitants, Pam et Mary ont créé le mouvement « Les Incroyables Comestibles ». Comme à Détroit, il était devenu impossible de trouver des produits frais. Pam et Mary ont fait appel aux habitants de Todmorden, et ont rencontré un enthousiasme unanime. Sans demandé d’autorisation à qui que ce soit, « Les incroyables comestibles » ont planté des fruitiers et légumes partout où cela était possible : coures d’écoles, hôpitaux, gares, mairies… Ensuite, l’association a formé les écoliers et les jeunes adultes à cultiver et même l’administration est venue lui prêter main forte. Todmorden a complètement repris possession de son système ! Plus de 800 lieux aujourd’hui imitent l’exemple de Todmorden. 

Produire autrement : les miracles de la permaculture

La permaculture (culture permanente) cherche à recréer la grande diversité et l’interdépendance qui existent dans les écosystèmes. Chaque élément profite aux autres et se nourrit de l’ensemble.   C’est un modèle circulaire qui ne produit pas de déchets, qui utilise les meilleures pratiques des paysans depuis des siècles, sans pétrole, sans travail du sol, et sans mécanisation. La densification et l’amélioration du sol permettent de produire 6 fois plus au minimum que l’agriculture « moderne ». N’oublions pas que Paris au 19 siècle était autosuffisant en légumes et pouvait même exporter ! La permaculture est indispensable pour créer une civilisation durable.

Nouvelle histoire de l’agriculture

Les rendements de l’agriculture biologique sont supérieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle ! Sauf au Canada et en Europe où les paysans ne peuvent pas disposer de variétés adaptées à leurs milieux étant donné les règlementations sur les semences qui privilégient la croissance économique à court terme et la bonne santé des multinationales telles que Monsanto.

 

II. Réussir la transition énergétique

Thierry Salomon – Négawatt

Notre monde tourne autour des énergies fossiles : pétrole, charbon, gaz qui posent 4 problèmes principaux : 1. La pollution et les dérèglements climatiques, 2. La finitude des ressources et la hausse de leur prix du fait de leur rareté 3. Des tensions géopolitiques pour des territoires plus paisibles et productifs 4. Une fausse abondance des énergies fossiles qui retarde l’émergence des énergies renouvelables qui sont à portée de main : éolienne, géothermie, hydroélectricité, énergie marine, solaire…

Nous pourrions très bien nous passer des énergies fossiles sur une à deux générations. Pour commencer, nous devrions urgemment réduire notre consommation actuelle. La moitié de l’énergie produite est gaspillée. Nous sommes tellement habitués à des choses sidérantes que nous ne les voyons plus ! (Un homme de 50 kg est transporté par une voiture qui en fait 1500 kg…) Une taxation extrêmement forte sur les consommations énergétiques relevant de l’extravagance devrait être instaurée de manière à produire en fonction des réels besoins de consommation.

Les îles renouvelables

Des pays sont déjà depuis bien longtemps sur la voie de la transition énergétique. Plus particulièrement les îles, plus « résilientes ». L’Islande, ce pays au milieu de nulle part, s’appuie sur ses ressources naturelles depuis longtemps. La géothermie assure 90% du chauffage du pays. Ses voitures sont électriques ou à hydrogène… La Réunion dont la densité démographique explose produit sa nourriture et son énergie solaire sur le même espace de manière à être autonome. Le Danemark et la Suède sont sur la voie d’être autonomes à 100% avec les énergies renouvelables dès 2050 !

Copenhague : première capitale neutre en CO2

Copenhague est numéro 1 des villes les plus résilientes au changement climatique ! Sa métamorphose est liée à l’échec traumatisant des négociations du sommet de Copenhague de 2009. Bientôt, l’éolien produira la quasi-totalité de l’électricité de la ville et pourra bientôt être stockée et être exportée ! Les usines de charbon ou de fuel se transforment les unes après les autres en usines « vertes ». A Copenhague, paradis des cyclistes, la voiture ne représente plus que 33% des trajets en ville ! Copenhague est un exemple comme de ville  « leader », de ville rendue aux habitants !

Malmö = ecoquartier » du futur

Pas loin de Copenhague, Malmö est un exemple de ville « bien pensée » pour que les habitants puissent y mener une vie heureuse. A Malmö, on habite vraiment ! Les habitants ont tout ce qu’ils veulent de façon soutenable. La nature a été réintroduite ainsi que l’agriculture, les espaces de rencontre, d’échanges de récréation… Les habitants se sentent tellement bien chez eux qu’ils n’ont plus l’envie de voyager.

San Francisco : l’épopée d’une ville sans déchets 

A San Francisco, ville pionnière du « Zero Waste », recycler ou composter, c’est la loi ! Le plastique y est interdit depuis 2007. Le ramassage des ordures est facturé au poids. Plus vous recyclez et compostez, plus la facture sera légère. Les déchets sont devenus des ressources. Recology est spécialisée dans le compost : il est absurde de jeter tous ces déchets alors que les fermiers en ont besoin. San Francisco sort progressivement de ce système où nous produisons pour jeter.

 

III. Une économie pour demain

A ce jour, l’économie est la discipline qui prime sur toutes les autres pour justifier les prises de décisions politiques ou entrepreneuriales. 

Rencontre avec Pierre Rabhi

La croissance économique invoquée pour résoudre le chômage, la pauvreté est notre principal problème. La nature est une réalité finie dont l’homme ne peut se passer pour survivre. L’homme est partie intégrante de la nature et pourtant, par ses méthodes de prédations et d’accumulation, il ne fait que la détruire et provoquer des inégalités considérables. La faim dans le monde n’est pas due à la démographie mais au système de domination instauré par les pays dits développés qui polluent, qui dégradent, qui se confisquent à eux-mêmes l’objet de leur émerveillement. « Nos placards dégueulent de mille choses qui paraissaient absolument indispensables au moment de leur acquisition et qui dorment maintenant sur des étagères obscures…. Les enfants ont été encouragés par le désir de possession que nous leur avons transmis et ce à l’encontre de nos propres principes. » Nous devons retrouver la puissance de la modération et de l’autonomie !

Pocheco : il est plus économique de produire de façon écologique

Il y a de quoi devenir fou : pour aller vers les énergies renouvelables, il faut consommer moins et pour faire tourner l’économie, il faut consommer plus ! « Est-il possible d’organiser un système économique où les entreprises sont en mesure de créer de la richesse, de créer de l’emploi, de répondre à nos besoins sans détruire la planète et croître indéfiniment ? » Oui ! Pocheco, une usine fabriquant des enveloppes dans le nord de la France, en est un parfait exemple. Pocheco est devenue une entreprise modèle et très rentable : elle s’entoure de fournisseurs « verts », produit son propre chauffage, a des ruches sur son toit en panneaux voltaïques, les employés sont très heureux, les produits utilisés sont non polluants, pas de fuel, de gaz…. Un modèle incroyable et simple !

Monnaie : entretien avec Bernard Lietard

Henry Ford affirmait : « Si les Américains comprenaient comment fonctionnent l’argent et le système bancaire, il y aurait une révolution le lendemain matin. » Comment la monnaie se crée-t-elle ? La majorité de l’argent (85%) est crée par les banques privées lorsqu’elles vous font crédit. Lorsque vous empruntez 100 à votre banque, elle inscrit 100 et vous les donne mais elle ne les crée pas, elle n’a fait que les inscrire. Elle crée le montant du crédit mais pas celui des intérêts que vous allez devoir payer. Or, pour rembourser vos intérêts, il faut que quelqu’un d’autre emprunte quelque part pour créer le volume d’argent nécessaire. Ce système oblige la croissance économique. Toujours plus pour payer plus.

Les Etats sont tous surendettés et quelques grosses entreprises engrangent des bénéfices colossaux.  Cet argent n’est pas disponible pour résoudre le chômage, le vieillissement de la population, l’instabilité monétaire… Nous avons construit une monoculture mondiale de monnaie. « Nous avons une sapinière mondiale dans laquelle tous les sapins peuvent être un peu plus gros ou un peu plus petits, mais surtout ce sont des sapins… Il ne faut pas laisser tomber une cigarette, le moindre pépin là-dedans et tout est parti… ». Nous avons failli connaître cela en 2007-2008. Les gouvernements n’ont plus levdroit de se financer auprès des banques centrales, empruntent aux banques privées auxquelles ils doivent payer des intérêts qu’ils ne payaient pas auparavant… c’est ça une dette qui explose.

L’idéal serait de créer deux monnaies. Une monnaie locale en parallèle de l’Euro. C’est ce que devrait faire la Grèce pour retrouver un minimum d’autonomie. C’est ce que fait déjà l’Angleterre. C’est ce que devraient faire certaines localités… « faire pousser mes salades sur ma terrasse ne sera jamais compétitif par rapport à celui qui a des machines et qui fait ça sur 10 hectares.

Le WIR

60.000 PME ont créé leur banque à Bâle en Suisse et leur monnaie le WIR. Le WIR est né de la crise de 1929. Un groupe d’entrepreneurs crée une monnaie sans intérêts qu’ils peuvent utiliser entre eux pour soutenir leurs activités respectives, et ce avec l’autorisations des autorités fédérales. 1 WIR = 1 FS qui ne peut circuler que dans ce réseau, et de manière très dynamique puisqu’il n’y a pas d’intérêt sur cette monnaie. Ce système apporte une formidable résilience en cas de crise.   La monnaie circule rapidement ce qui dynamise le système. Le WIR n’est pas une alternative au FS mais elle lui est complémentaire, pour que justement toute spéculation soit rendue impossible.

Bristol, la ville dont le maire se fait payer en monnaie locale

A Bristol, le million d’habitants peut y trouver tout ce dont il a besoin : nourriture, électricité, transports, médecins, loisirs… Les Bristols Pounds sont à parité égale à la livre sterling et sont utilisables dans les 800 commerces de la ville. Ils représentent près de 25 % des transactions. L’objectif est de redonner du pouvoir et du contrôle sur l’économie des citoyens qui peuvent dès lors mesurer l’impact des entreprises auxquelles ils donnent de l’argent plutôt que de continuer à alimenter les multinationales qui ne s’intéressent pas à l’endroit où elles se sont implantées.

Local First !

Bellingham, (ville située entre Vancouver et Seattle), est la communauté n°1 des USA pour les énergies renouvelables. Une ville un peu science-fiction où tout existe en version locale et qui dit non à la mondialisation. Les entreprises locales s’impliquent dans leur cité de manière à créer de la valeur pour l’endroit où elles vivent en répondant aux réels besoins des citoyens. « On ne ressent pas l’impact d’un arbre coupé en Amazonie, en revanche, on le mesure très bien au coin de sa rue ».  Savoir si les gens vont bien et que leur vie s’améliore entre enfin en ligne de compte. Les gens doivent réapprendre à investir leurs ressources dans les entreprises avec lesquelles ils entretiennent une relation, qui participent à construire le monde dans lequel ils veulent vivre.

 

IV. Réinventer la démocratie

David van Reybrouck

La méfiance grandissante vis-à-vis des politiques qui prennent leurs décisions en phase avec le monde économique et non avec les souhaits de la majorité de la population requiert un profond changement de notre modèle démocratique dont le pouvoir échappe au peuple de plus en plus mécontent. La démocratie représentative n’existe plus… Si 1% des gens votent, le parlement reste plein. Les élections ne semblent plus être le système adéquat pour créer une représentation du peuple. David van Reybrouck propose le tirage au sort pour permettre un parlement constitué d’élus et de personnes tirées au sort. Une manière formidable pour augmenter l’efficacité et la légitimité. Les personnes tirées au sort sont bien plus capables de penser à l’intérêt général plutôt qu’à celui de l’économie ou d’un parti politique. Aujourd’hui les gens ne vont plus voter, ils commencent à dire non et à s’auto-organiser. Comme en Islande où les citoyens se sont révoltés contre la finance et ont proposé leur propre constitution. Ou comme en Inde, dans le Kuttambakkam où les citoyens ont organisé leur propre gouvernance et dont le modèle est déjà recopié dans plus de 800 autres villages et où la démocratie est forte dès le plus petit échelon.

Rencontre avec Vandana Shiva

« Les gouvernements élus ne représentent plus la volonté de leur population… nous avons désormais une démocratie représentative commuée en « des multinationales, par les multinationales et pour les multinationales ». L’un des exemples les plus frappants est l’alimentation. Nous avons, en un siècle, vu à quel point perdre le contrôle de notre système alimentaire crée des communautés, des sociétés où les individus ne sont plus libres…. Peu de personnes ont conscience du fait que les semences sont à l’origine de ce qui nous permet de vivre sur cette planète. Sans semences, pas de nourriture, pas de vêtements, pas de bois… Plus les Etats renoncent et plus ils s’affaiblissent. Le pouvoir des gouvernements et des élus est soumis à de gigantesques multinationales, une machinerie quasi militaire qui criminalisera et restreindra nos libertés. Il faut résister et empêcher cette prise de pouvoir considérable ». Pour Vandana Shiva, il faut obéir à de plus hautes lois : celles de la nature et celles issues des droits de l’homme. Toutes les lois qui mettent en danger les équilibres naturels ou qui nous empêchent d’être humains, libres et indépendants ne doivent pas être respectées.   « Nous sommes ce que nous mangeons et si des firmes contrôlent ce que nous mangeons, l’aspect le plus intime de notre liberté nous est retiré. Tous les autres aspects de la démocratie ne sont que de jolies peintures sur les murs. »

 

V. Une nouvelle histoire de l’éducation

L’histoire d’hier

Faire grandir la conscience est un acte d’éducation. « L’éducation est indispensable à la construction d’un être capable de rendre hommage à la vie dont il est l’expression la plus élaborée, la plus subtile et la plus responsable », nous explique Pierre Rahbi. Les enfants doivent trouver leur capacité au bonheur, leurs talents propres qui les mettront au service de la communauté humaine.

L’éducation en Finlande

Le modèle finlandais en matière d’éducation est un modèle en Europe. Un modèle basé sur la confiance que fait le ministère aux autorités locales qui elles-mêmes font confiance au principal qui fait confiance aux enseignants et qui eux, font confiance aux élèves. Un modèle où chaque enfant est important et convaincu que c’est au système à s’adapter à l’enfant et non l’inverse pour l’accompagner vers l’autonomie, la coopération, la non-violence et l’épanouissement.

 

Conclusion : s’y mettre ensemble

Un grand bouleversement est en train d’avoir lieu. Les solutions sont là. La seule difficulté est de mobiliser davantage de populations pour qu’elles s’y mettent ensemble.   De toute manière la révolution tranquille a lieu, avec ou sans vous ! « Les plus grands défis de l’humanité ne sont pas la faim, la pauvreté, le développement durable, la paix, la santé,… mais notre capacité à nous organiser collectivement pour pouvoir les résoudre… »   Les solutions sont là !

 

Laurence de Vestel, décembre 2015 – © Oltome.com