"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut." Ciceron
Oltome a lu pour vous Les livres qui ouvrent le coeur et illuminent l'esprit
L’éléphant Oltome est passionné de lecture. Il a une chance inouïe : il retient tout ce qu’il a lu. Et comme il est d’une sagesse exceptionnelle, il a appliqué dans sa vie tous les meilleurs enseignements. Ainsi, Oltome est sage, zen, tranquille, heureux, gentil, fort, équilibré, joyeux,… Tous ces livres pour apprendre à aimer, il les partage avec vous sur Oltome.com

Animal

Oltome - Animal livre résumé synthèse
Oltome - Cyril Dion biographie Cyril DION

Cyril Dion est né en France en 1978 . Il est poète, auteur, réalisateur et activiste. Après avoir

Biographie

Synthèse

Résumé du livre de Cyril Dion « Animal »

 

 

Vu l’accélération des changements climatiques, nous allons tous être amenés à devenir écologistes au sens premier du terme car notre survie en dépend.  Le climat est devenu un sujet incontournable mais une autre crise écologique sans doute aussi grave est encore largement absente des conversations et des politiques publiques : la destruction accélérée du vivant.  Notre planète se dépeuple de ses habitants non humains sauvages à mesure que le nombre de ses habitants humains et des animaux domestiques augmente. Un jeu de massacre assez inaperçu dans nos existences de plus en plus urbanisées et qui réduit notre capacité à être touchés par cette situation que nous ne voyons pas.  Pourtant, notre survie dépend de ces espèces qui font partie du grand orchestre du vivant.

Cyril Dion est parti avec deux adolescents, Bella et Vipulan, pendant 54 jours  à la rencontre de personnages clés pour mieux aborder ce défi écologique…

_______________________________________

 

1. Pourquoi les espèces disparaissent ?

Anthony Barnosky, biologiste et enseignant à l’université de Berkeley, dirige avec son épouse Elizabeth Hadly, la réserve naturelle de Jasper Ridge.  Ils y étudient les interactions avec les espèces.

Les 5 causes majeures de l’extinction des espèces :

  1. La destruction des habitats : pour faire place à l’urbanisation et à l’agriculture.
  2. La surexploitation : le braconnage, la surpêche, les coupes de la forêt tropicale
  3. La pollution : plastiques dans les océans, pesticides, produits pharmaceutiques
  4. Les espèces invasives : que nous déplaçons avec nous et qui supplantent les espèces indigènes
  5. Le changement climatique : qui change les conditions de vies des espèces.

Cette destruction des espèces est causée par les surconsommateurs des sociétés industrialisées.  Le changement doit avoir lieu maintenant, sinon, il sera trop tard.

2. Se passer des pesticides

Paul François a converti ses 240 hectares de terre en agriculture biologique suite à une grave maladie due à un herbicide, le Lasso, vendu par Monsanto dans les années 1990.  Grâce à la médiatisation du procès intenté par Paul François, on s’est aperçu que des milliers d’autres agriculteurs étaient malades. 

Inventer une agriculture qui permette de nourrir les humains tout en arrêtant de détruire les espèces sauvages et d’empoisonner les écosystèmes est crucial.  La pollution chimique s’attaque au vivant et le vivant, c’est également nous, les êtres humains.  Il faut apprendre à travailler avec la nature et pas contre elle.  En passant en bio, le changement sur la biodiversité animale a été radicale : les abeilles, les vers de terre, les hirondelles, les lièvres, les insectes, les perdreaux  sont revenus en quantité innombrable.

On nous a convaincu que pour nourrir la population mondiale, la chimie était indispensable.  C’est entièrement faux.   En revoyant notre façon de produire et de consommer, il y en a bien assez pour tout le monde.  Il faut apprendre à acheter différemment, manger moins de protéines animales, moins gaspiller, mieux répartir, consommer les produits de saison.  Comme dirait Coluche : « Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas… ».

3. Se débarrasser du plastique. 

Afroz Shah, jeune avocat né en Inde, a commencé en octobre 2015, le nettoyage d’un océan de plastique situé sur une plage de 3 km de long sur 1,5 m de haut, à l’embouchure d’une rivière de Mumbai.  Le plus grand projet de nettoyage de plage au monde ! 30.000 tonnes de plastiques collectés.  En 2018, les tortues sont revenues pondre sur cette plage… la vie a repris. 

Afroz Shah et ses équipes veulent sensibiliser les gens pour qu’ils se procurent des mugs ou des gourdes réutilisables et qu’ils cessent d’utiliser du jetable.  Éduquer et sensibiliser la population fait partie du recyclage.  Chacun doit commencer à agir.  Seule l’action compte et notre action inspirera les autres à changer.

En 2019, le cabinet Carbone 4 a mesuré la baisse d’émissions de gaz à effet de serre obtenue si tous les Français mettaient en œuvre l’ensemble de certaines actions (achat d’une gourde, s’équiper de lampes Led, manger plus végétarien, moins prendre l’avion, covoiturage…) : la diminution serait de 25 %.  Un changement de comportement de notre part induira celui des entreprises.

4. Dans la maternité d’un élevage intensif

Laurent Hélaine possède un élevage intensif de lapins. Un élevage dans lequel les conditions de vie des lapins sont atroces.  Laurent aimerait bien pouvoir arrêter son élevage.  Il n’en n’a pas la possibilité.  Piégé à devoir rembourser ses emprunts bancaires, il n’a que le choix de continuer.

Laurent gagne 350 euros par mois.  Pour ne pas augmenter le prix au kilo de la viande de lapin, il est doit augmenter la productivité.  Il est arrivé à un maximum, pris au piège d’un système dont il ne peut sortir et doit demander des avances pour survivre.  Son élevage ne lui appartient plus.  Les coopératives et l’agroalimentaire  gère le monde agricole.  Au bord de l’écœurement et épuisé de travail, Laurent rêverait de pouvoir faire marche arrière… impossible.

La quantité de produits d’origine animale que nous mangeons n’est absolument pas soutenable.  Ni pour les animaux, ni pour la déforestation massive qu’elle occasionne.  Adopter un régime plus végétal est incontournable pour freiner le réchauffement climatique et permettre aux animaux sauvages de continuer à habiter leurs niches écologiques.  Si le monde entier adoptait un régime végétarien, les émissions mondiales baisserait de 63%.  350 millions d’animaux terrestres et 1 milliard d’animaux aquatiques seraient épargnés chaque année.

5. Des lois pour transformer la société

Mathieu Colléter scientifique et lobbyiste pour l’ONG Bloom et Claire Nouveau se battent pour faire interdire la pêche en eaux profondes et la pèche électrique.  Claire Nouveau a reçu le prix Goldman, sorte de prix Nobel de l’écologie.

La pêche en eau profonde détruit en quelques secondes tout un écosystème qui a mit des milliers d’années à se constituer.  La pèche électrique tuent des espèces entières.  L’océan s’est transformé en cimetière.

Lorsque l’Union Européenne a été créée, on lui a demandé de légiférer sur tous les sujet.  Elle s’est fait aider d’interlocuteurs avisés. Les lobbys en ont profité et ont fondu sur le Parlement comme des rapaces sur leurs proies.  Les lobbys envoient aux institutions des mails truffés de mensonges.  C’est ainsi que la pêche électrique (entre autre) a pu démarrer en douce sans faire la une des journaux.  Pendant 10 ans, personnes n’y a prêté attention.  Pas moins de 84 licences ont été octroyées sans qu’aucune caution scientifique n’ai été donnée.  À Bruxelles, on dit que le stylo du législateur est tenu par les lobbys car ce sont eux qui dictent les lois.  C’est pareil dans tous les secteurs : pétrolier, agroalimentaire, chimiques, pharmaceutiques.  Et en final, c’est l’argent public, nos impôts, qui alimentent la destruction de l’océan et de la planète.

Vivre c’est résister.  Et résister, c’est dire non, changer nos styles de vie, se concentrer sur nos besoins réels et profonds, et descendre dans la rue pour lutter contre l’effondrement écologique et démocratique.  Sans les mobilisations, les grèves d’étudiants, les actions en justice, les campagnes des ONG, le travail des scientifiques et des lanceurs d’alerte, la robustesse des recherches et des investigations d’ONG, rien ne bougerait.

 

6. Le récit de la croissance  

Eloi Laurent, économiste à l’OFCE, enseignant à Sciences-Po Paris et à l’université de Stanford en Californie.  Economie et écologie doivent être abordées ensemble.

Les inégalités sont un facteur majeur de dégradation des écosystèmes : qualité de l’air, accès à la nourriture, à l’énergie, protection contre le changement climatique…  Plus il y a d’inégalités au sein et entre pays, plus les dommages écologiques touchent les personnes les plus vulnérables.  Ce qu’ils subissent finira par nous arriver si nous ne faisons rien.

La croissance ignore complètement le monde sauvage et ses limites et ne s’inscrit dans aucune réalité géophysique.  Beaucoup de choses s’effondrent.  Le PIB est un concept dépassé.  Il doit être remplacé par un concept qui tient compte du bien-être humain : la santé et les liens sociaux, deux indicateurs mis à mal par l’organisation actuelle du monde.  Si nous sommes responsables des crises actuelles, nous pouvons aussi être capable de changer.  Les pays nordiques ont été capable de remettre en question la croissance économique du PIB tout en restant des économies capitalistes, et en se concentrant sur la santé, l’éducation, l’écologie, les inégalités sociales, la justice sociale.

« La croissance est l’axiome de base de la religion économique moderne.  Tant que la majorité des habitants de cette planète croit dur comme fer que la croissance infinie du PIB est la chose la plus importante qu’il faut privilégier au dépens de tout le reste, les forêts, les océans, les mammifères, les oiseaux, les insectes et même les êtres humains, rien ne changera vraiment. »  Nous avons besoin d’un autre récit collectif que celui de la croissance.  Qui donne suffisamment de sens et de perspectives à l’humanité pour orienter différemment son destin.

7. La nature n’existe pas

Philippe Descola est anthropologue. 

Le mot nature ne peut être traduit en chinois, en japonais, en tamoul, en hindi, ni dans n’importe quelle autre langue.  Ce qui existe ce sont les plantes, les animaux, les rivières, les montagnes… mais pas la « nature » en tant que totalité abstraite vis-à-vis de laquelle il faudrait se rapprocher.    Nous sommes un élément du vivant parmi d’autres.  Ce n’est pas l’humanité dans son ensemble qui est en cause mais le mode de vie d’une partie seulement, qui considère la nature comme quelque chose d’extérieur, que l’on peut exploiter indéfiniment.  Il est très difficile d’expérimenter la catastrophe en tant qu’expérience de pensée, c’est quand elle est présente qu’on en mesure toute la gravité.  Ravivons le lien qui existe entre nous et le reste du vivant en prenant l’habitude de fréquenter le vivant et en apprenant à connaitre un grand nombre d’espèces animales et végétales.

En mai 2020, l’étude de Thierry Pech, (Think Tank Terra Nova) démontre que le nombre d’épidémies apparaissent de plus en plus fréquemment.  Les raisons semblent être directement liées à la destruction massive et accélérée de la biodiversité.  Plus le nombre d’espèces diminue et plus la chance de voir les virus arriver augmente.  Une multitude d’espèces aurait tendance à diluer ou arrêter les virus.  Préservons les !

8. Nous faisons partie du monde vivant 

Jane Goodall, messagère de la Paix auprès des Nations unies, nous invite à réaliser à quel point nous sommes tous interdépendants. 

Au Kenya, Jane rencontre l’anthropologue Lois Leakey qui lui a confié l’étude des chimpanzés.  Elle démontre qu’un chimpanzé est parvenu à fabriquer un outil pour capturer les insectes.  Découverte révolutionnaire à l’époque puisque la science avait décidé que seuls les humains en étaient capables.  Nous partageons 98,6 % de notre ADN avec les chimpanzés et de multiples analogies au niveau du sang, du système immunitaire ou de l’anatomie du cerveau. Ce qui nous différencie, c’est que nous avons un intellect.  Pourtant l’espèce la plus cérébrale de la planète est en train de détruire son seul habitat.  Nous avons semble-t-il perdu la sagesse.

Mais nous pouvons changer ! Si notre intellect se mettait au service de la réparation des dommages que nous avons occasionner, il pourrait résoudre 4 gros problèmes : lutter contre la pauvreté, changer nos modes vies, lutter contre la corruption, et faire face à la croissance exponentielle de notre population.

9. La bibliothèque du vivant 

Le Dr Dino Martins, titulaire d’un doctorat en biologie à Harvard, chargé de cours en écologie et biologie à l’université de Princeton, est passionné de biodiversité.  Spécialiste mondial des petites créatures :  fourmis, termites, insectes, abeilles…

Il nous explique avec bon sens : « Plus il y a de diversité, plus il y a de stabilité et plus l’écosystème est résistant.  C’est un peu comme un mur.  Plus il y a de briques plus il est stable, mais si on s’obstine à les enlever une à une, il s’affaiblit progressivement, jusqu’au jour où il est sur le point de s’effondrer.  C’est pour cette raison qu’il faut rétablir les systèmes naturels, pour consolider à nouveau le mur. »  Nous sommes la force motrice qui fait disparaître les espèces à un rythme jamais vu.  Nous nous rapprochons du point de basculement.  Heureusement, la nature est résistante.  Quand vous laissez faire la nature, quand vous plantez une graine et que vous la protégez, la vie sauvage revient.

Nous sommes tous reliés.  Par exemple, sans les fourmis, il n’y aurait pas de prairie.  Sans prairie pas d’animaux. Les fourmis font partie des écosystèmes depuis des centaines de millions d’années et sont une espèce clé. Les insectes sont probablement l’un des groupes les plus importants que nous ayons en terme de faune et de flore. Ces minuscule créatures sont fondamentales : elles sont les petites choses qui font tourner le monde.

« En tant que biologiste, je dirais que maintenir le plus de diversité possible est la solution.  L’univers nous a offert ces ressources extraordinaires qui ont traversé des millions d’années d’évolution.  Nous avons le droit et le devoir de les protéger. »  N’oublions pas que voir tous ces animaux se déplacer dans le monde est l’une des choses les plus magiques qui soient !

10. La cascade trophique et les superprédateurs

Liz Hadley, dans la réserve naturelle de Jasper Ridge en Californie, a dessiné le « Jasper Ridge Tree of Life », pour démontrer l’importance de chaque espèce. 

Tout est interconnecté ! Tant de gens mettent un peu notre espèce à part alors que nous ne sommes qu’une branche parmi les autres.   En retirant des morceaux de chaîne de relations, c’est l’ensemble du système que l’on fragilise.  En réintroduisant le puma à Jasper Ridge, Liz Hadley a démontré qu’une petite zone protégée (au sein de la Silicon Valley)  peut apporter énormément à la fonction écologique. Qu’une réelle coexistence entre humains et animaux sauvages est possible et que l’on peut réparer les dégâts et laisser les choses revenir.

11. Cohabiter avec les loups

Jean-Marc Landry, éleveur et biologiste et éthologue avec Baptiste Morizot, philosophe, s’interrogent notre possible cohabitation avec le loup.

Scientifiques et éleveurs doivent participer ensemble à trouver une solution à la cohabitation entre éleveurs et loups.  La peur du loup n’est pas innée chez l’homme.  Il est un symbole fort qui figure le Diable, omniprésent dans les histoires qui font peur.  Or le loup est « ancien » chien.  Lorsque nous étions chasseurs, nous leur avons jeté de viande ou ils sont venus charogner nos déchets.  Certains, plus curieux, plus dociles se sont rapprochés de nous et à chaque génération, nous avons conservé les moins agressifs qui sont devenus des chiens.  Nous avons infléchi leur évolution.

Le loup joue un grand rôle dans les écosystèmes.  Il régule la population des cervidés et fait ainsi baisser la pression sur la végétation.  Ils sont extrêmement utiles.  Il faut trouver une voie pour parvenir à vivre ensemble sur le même territoire, trouver une forme d’harmonie avec la faune sauvage et sortir du dialogue pour ou contre.  Aujourd’hui en y mettant un peu de bonne volonté, il est tout à fait possible de protéger à peu près n’importe quel troupeau avec des solutions concrètes.  Déjà, 50 % des loups ne s’intéressent pas du tout aux brebis !

« La biodiversité n’est pas un catalogue IKEA dans lequel il faut choisir suivant notre goût, quelle espèce on veut et laquelle on exclut pour meubler la terre, comme si c’était notre propriété. C’est une habitude de pensée déplacée qui provient de notre culture de supermarché : elle s’applique à un monde fantasmé fait tout entier de main humaine et gouverné par le choix utilitariste. Mais ce n’est pas ça le monde vivant : ce n’est pas nous qui l’avons fait, c’est lui qui nous a fait. C’est lui qui nous maintient en vie et à chaque instant.  Il n’est pas l’objet d’un choix de décorateur d’intérieur, pas plus que l’air qu’on respire….

Alors à la question pourquoi faut-il des loups n’a pas de sens dans ce contexte. Le loup est là depuis plus longtemps que nous, il est revenu spontanément,  il repeuple de son propre fait. C’est une forme de vie magnifique qui défend un peu son droit exister d’habiter ce monde, malgré nos tentatives passées pour l’éradiquer. La grande erreur de la parenthèse moderne a été de considérer le monde vivant sous la seule forme de ressources. C’est un malentendu très profond. Il ne peut y avoir de prospérité humaine sans prospérité du monde vivant et l’approche qui est oppose ces deux systèmes est prodigieusement toxique. C’est ce qu’on est en train de voir aujourd’hui. Cette petite parenthèse, pendant laquelle on a fait comme si le monde était à notre service, est en train de se refermer. Bienvenue dans le tissu du vivant ! »

 

12. Coopérer avec le vivant,

       l’exemple du Bec Hellouin

Charles et Perrine Herve-Gruyer cultivent leur ferme en Normandie sans engrais, sans pesticide, sans chimie et à la main ou avec un cheval de trait sur 5 ha de terrain.  Depuis 2005, chaque année, les récoltes sont plus abondantes.

Depuis qu’ils laissent la nature s’exprimer, tout le monde revient ! Les interactions se multiplient et tout grandit ensemble.  Un symbiose quotidienne.  Plus on installe de variétés, plus on attire la biodiversité et plus tout va interagir et s’auto protéger.  La production dépend de tous les services que les animaux rendent à l’écosystème.  Pour ces « fermiers », nul doute que nous pouvons à la fois contribuer à embellir et à réensauvager à la planète tout en produisant pour tout le monde.  Produire de la qualité peut faire changer les comportements et multiplier les envies de créer sa microferme.  La permaculture a pour objectif d’imaginer une culture permanente qui permette aux humains d’habiter durablement la seule planète dont ils disposent.

13. Rencontre avec François Léger

François Léger est ingénieur agronome, docteur en écologie et à conduit plusieurs études scientifiques sur la ferme du Bec Hellouin pour le compte de l’Inrae.

L’agriculture industrielle n’offre plus un système stable.  Les sols se dégradent et tout s’abîme.  Un jour, plus rien ne tiendra.  Nourrir toute la planète avec des fermes en polyculture-élevage sur de plus petites surfaces permettraient de nourrir la planète, à condition de manger moins de viande, de moins gaspiller, de diminuer les espaces consacrés à la production de protéines animales.  Il ne s’agit pas seulement là d’une posture philosophique. C’est un impératif biologique. Notre seule vraie ressource c’est le fonctionnement des écosystèmes qui permet depuis des milliards d’années à la vie de perdurer sur terre.

14. Rencontre avec Nicolas Vereecken

Nicolas Vereecken est ingénieur en sciences agronomiques, docteur en sciences biologiques, et professeur d’agroécologie à l’Université Libre de Bruxelles.

Pour ce grand spécialiste des abeilles, installer un maximum de ruches un peu partout, en ville comme à la campagne est une absurdité.  En se concentrant sur les ruches, on ne s’intéresse qu’à une seule et même espèce : l’abeille domestique.  alors qu’il existe près de 20.000 espèces sauvages auxquelles personne ne s’intéresse.  Nous devrions avoir une vision plus équilibrée du vivant. Maintenir la diversité est primordial.

Des lieux activement gérés, jardinés et cultivés contribuent très positivement à la biodiversité.   Plus vous avez de plantes de types différents, plus aurez d’abeilles sauvages, et plus les rendements seront élevés et stables d’une année sur l’autre.  On peut commencer petit ! Les abeilles jouent un rôle fondamental dans la chaîne alimentaire.  En aidant à produire des baies, des fruits et des graines, elles sont bénéfique pour les autres insectes et oiseaux.  Les abeilles sauvages sont essentielles pour la production alimentaire mais aussi pour la qualité de notre nourriture. Tout un écosystème dépend d’elles.

« Arrêtez de mettre des ruches partout ! Sans quoi les abeilles domestiques consommeront tout le pollen, prendront tout l’espace et ne laisseront pas de place aux abeilles sauvages…. En s’intéressant seulement aux espèces soi-disant utiles, nous échouerons dans notre mission de conservation des espèces. »

 

15. Faire revenir les espèces en danger

La biologiste Lotus Vermeer a réintroduit une espèce en voie de disparition sur les Channels Islands, au large de Los Angeles.

Historiquement, ces îles étaient le territoire des Pygargues à tête blanche. Une grande entreprise chimique a déversé des centaines de tonnes de produits chimiques (DDT & PCB) au large de Los Angeles, empoisonnant toute la vie marine. Les pygargues intoxiqués par leur alimentation ont fini par s’éteindre laissant la place aux aigles qui ont commencé à s’installer en nombre.  Ils ont provoqués l’extinction des renards insulaires dont ils se nourrissaient.  Les aigles se nourrissaient également des milliers de cochons que les humains avaient introduits.  N’ayant plus peur des renards, les cochons avaient la liberté de labourer toute l’ile,  devenue un champs de désolation.  Lotus Vermeer a déplacé les aigles royaux sur une autre île et a fait tuer tous les cochons.  Les fonds marins nettoyé, elle a réintroduit quelques pygargues à tête blanche.  Les renards ont pu se reproduire et l’île peut à nouveau s’épanouir par elle-même, redevenir vivante et luxuriante.

16. Passer à l’échelle supérieure 

Valérie Cabanes est une juriste en droit international, spécialisée dans les droits humains et le droit humanitaire. 

La croissance sans limites est un rêve qui s’est transformé en cauchemar.  Nous devons reconnaitre les droits de la nature en tant que tels, et construire un système juridique nouveau qui reconnaisse les droits de la nature.  Au lieu d’être anthropocentrique, le droit deviendrait écocentrique et ça changerait out ! Nous serions sans doute amenés à engager une décroissance matérielle puisque nous utilisons actuellement 1,6 fois ce que la planète peut fournir comme ressources.  Nous devons respecter les limites planétaires et faire reconnaître celles-ci au sein de la Cour pénale internationale.  Tout ce qui outrepasse les limites planétaires pourra être reconnu comme écocide. Les entreprises si elles savent qu’elles pourraient être poursuivie pour écocide trouveront le moyen de s’ajuster.  Changer la loi peut aussi modifier l’état d’esprit des gens.

17. Réensauvager et restaurer les habitats 

Carlos Alvarado est le jeune président du Costa Rica, une sorte de Suisse locale.  Le premier pays à avoir constitutionnellement supprimé son armée pour investir dans l’éducation et lutter contre la pauvreté.  Un pays phare sur le plan écologique.

Grâce au tourisme, la conservation de l’environnement est devenue rentable et a pu être mise en œuvre à grande échelle.  Le Costa Rica couvre 5% de la biodiversité mondiale et ne cesse d’étendre son couvert végétal ce qui favorise une très grande biodiversité génétique.  Le Costa Rica vise l’autonomie alimentaire en ayant le moins d’impact possible sur l’environnement et la santé humaine.

« Imaginez un peu ce qu’il se passerait si tous les pays décidaient d’arrêter d’investir dans les armes nucléaires et d’utiliser ses moyens pour investir la crise climatique… Des millions qui servent habituellement à tuer, seraient investi pour l’innovation, pour nettoyer l’environnement, trouver des nouveaux moyens de production durable, aider les gens… C’est une proposition que nous faisons actuellement, une proposition pleine d’amour et non de peur. Et si quelqu’un vous dit que c’est impossible, vous lui répondrez qu’au Costa Rica, quelqu’un a aboli l’armée il y a 70 ans et qu’ils sont très heureux là-bas !… Au Costa Rica, notre environnement est ancré dans nos cœurs.»

 

18. Changer de perspective 

Paulino Nagra Rivera, son fils Paolo et sa femme du peuple Bröran vivent au Costa Rica.  Paulino a créé le Rincon Ecologico… l’œuvre d’une vie !

Les Bröran ne sont nés dans une forêt où il y avait de grands arbres. En 1935 la route panaméricaine a divisé ces territoires en deux. En coupant la montagne, la nourriture pour les animaux a disparu, ainsi que l’identité et la culture du peuple Bröran, leur harmonie, leurs plantes médicinales.  Paulino, ses 5 frères et sa grand-mère, ont décidé de changer de mode de vie et de replanter la forêt pour « retourner » dans le monde d’où ils avaient étés arraché.  Aujourd’hui, les espèces qui avaient disparu des forêts sont à nouveau présentes.  L’esprit de la forêt est revenu. « La planète est à tout le monde.  C’est une maison qu’on partage.  Il n’u manque de rien et rien n’est de trop.  Tout est complet. »

 

Conclusion 

Nous avons besoin de penser le monde différemment et de reconsidérer la place qui nous y occupons et la finalité de présence sur cette planète.  Nous avons besoin d’agir, en résistant, en réduisant, en réparant, en réensauvageant, en replantant. 

Laurence de Vestel ©oltome.com2021

Retour à la fiche du livre