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Film - Le sel de la terre

« Le sel de la terre », l’histoire de la vie réussie de Salgado

« Le sel de la terre » retrace la vie du photographe Sebastião Salgado racontée par son fils et Wim Wenders.  L’histoire d’un homme qui a fait de sa vie une oeuvre d’art.  S’il existe bien une vie qui fasse pleinement sens de bout en bout c’est bien celle de Sebastião Salgado.  Il a pu écouter sa petite voix qui l’a guidé là où il fallait, au moment où il fallait.  Un exemple pour tous. « Le sel de la terre » est à ne manquer sous aucun prétexte ! Magnifique documentaire salué par le César 2015 du meilleur documentaire et le Prix du Jury oecuménique, mentis spéciale au Festival de Cannes 2014.  Le livre de Sebastiao Salgado est excellent également…

Tout a commencé avec le portrait d’une Afghane aveugle photographiée par Sebastião Salgado, que le cinéaste Wim Wenders avait acheté. Bouleversé par ce cliché qui trône au-dessus de son bureau depuis des années, il a voulu rencontrer son auteur. De leur amitié est née l’envie de faire un film. Tout à la fois rétrospectif et prospectif, ce documentaire, coréalisé avec le fils du photographe, détaille l’évolution de son travail. Autant de mues artistiques dont on découvre la genèse et les accomplissements. Présenté comme « le photographe de la condition humaine », Salgado s’est fait le témoin des exodes, des famines et des guerres qui ont ravagé la planète. Compilés dans les albums La Main del’homme (La Martinière, 1993) et Exodes (La Martinière, 2000), ces célèbres clichés sont commentés par le photographe lui-même. Il relate les conditions de leur fabrication, les sentiments qui l’ont traversé au moment où il déclenchait son appareil. L’intime se greffe à l’artistique, et les archives familiales s’intègrent à la narration. Vidéos, films de vacances, photos tracent la ligne claire de la biographie de Salgado. Etudiant en économie introverti, Salgado rencontre Lélia, sa femme, sur les bancs de la faculté. Ils ont deux enfants Leurs voix se mêlent pour raconter le « mythe » Salgado, filmé à hauteur d’homme. Tourné principalement en noir et blanc, le documentaire passe à la couleur dans une dernière partie qui consacre la nature comme sujet artistique et manifeste écologique. Le projet Genesis (Taschen France 2013) est « une lettre d’amour à la planète »,selon les dires de Salgado. Beaucoup décrièrent la dérive National Geographic du photographe qui, désertant l’humain, se mit à exalter la splendeur des paysages, la puissance animalière, les mystères de la flore. Ce tournant artistique s’explique par la profonde crise que Salgado traverse après ses reportages au Rwanda en 1994. Il cesse de travailler et perd toute foi en l’humanité. Sa femme le convainc de se lancer dans une vaste entreprise de reboisement d’une région brésilienne aride où se dresse la maison de son grand-père. De cette initiative naîtra l’Instituto Terra, en 1998. Avec ses millions d’arbres plantés, la nature a repris ses droits, autant qu’elle a guéri l’âme meurtrie de Salgado, éprouvée par la folie et la violence de ses contemporains. (Le monde)

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